Stade malien : Djibril Dramé, «nous avons fait un parcours élogieux»

Dans cette interview, l’entraîneur des Blancs revient sur la performance de ses joueurs qui ont été sacrés, à deux
journées de la fin du championnat et qui n’ont concédé aucune défaite en 24 matches. Et déjà, le technicien se projette vers la prochaine Ligue des champions d’Afrique, avec comme objectif, la qualification à la phase de poules qui fuit les clubs maliens depuis le lancement de la nouvelle formule de la compétition en 1997

 

L’Essor : Que ressentez-vous après le titre de champion ?

Djibril Dramé : C’est un sentiment de joie et de fierté qui m’anime. L’équipe a réalisé une énorme performance et mérite amplement le titre. La saison a été beaucoup perturbée par la pandémie, la situation socio-politique, mais nous avons réussi à atteindre l’objectif fixé par la direction du club. Je dis bravo à tout le monde, joueurs, dirigeants, supporters et staff technique. Une mention spéciale aux joueurs, je suis fier d’eux et de la manière avec laquelle ils se sont battus pour aller chercher ce titre.

Au départ, on a essayé de mettre en place une équipe compétitive, capable d’aller concurrencer les autres formations sur l’échiquier national et continental. Il y avait deux objectifs majeurs : les compétitions nationales, à savoir la Coupe du Mali et le championnat national. Nous nous sommes donné la main pour y parvenir. Nous avons travaillé dur, l’équipe a livré une quarantaine de matches amicaux.

Cela nous a permis de jauger la valeur de chaque joueur. Aujourd’hui, nous sommes tous fiers. Ça n’a pas été facile, mais nous sommes parvenus à remporter le 19è titre de champion du club. En 24 matches, nous avons enregistré 20 victoires, 4 nuls, 43 buts marqués et 8 buts encaissés. C’est mon premier titre de champion, je n’ai assez de mots pour rendre hommage aux joueurs. Ils m’ont fait un formidable cadeau.

L’Essor : Quel regard portez-vous sur votre saison ?

Djibril Dramé : L’équipe a réalisé un parcours élogieux, surtout quand on connaît les conditions dans lesquelles le championnat s’est déroulé cette année. Nous avons disputé 66 matches, toutes compétitions confondues et l’équipe n’a concédé aucune défaite. Mieux, on a marqué des buts presque tous les matches. Ça, c’est une grande satisfaction et je tiens à le souligner.

Sur le plan défensif, on a été très costaud parce que l’équipe n’a pris que 15 buts, toutes compétitions confondues dont 8 en championnat. Ce n’est pas ma première fois de réaliser une telle performance en championnat, en 2016 également, j’ai réalisé un sans-faute avec les Onze Créateurs, mais on n’a pas été champion.
L’Essor: Selon vous, qu’est ce qui a fait la différence pour le Stade malien ?

Djibril Dramé : Comme le dit l’adage, «une vie sans souffrance n’a pas d’histoire». Pour moi, c’est le travail que nous avons effectué qui a été récompensé. Dès le début de la saison, tout le monde s’est mis au travail, avec en ligne de mire, le championnat national et la Coupe du Mali. Dans toutes les équipes maliennes, il y a des difficultés et nous en avons eu pendant la saison. Mais, comme souligné plus haut, nous nous sommes donnés la main et chacun a joué sa partition.

Pour avoir une équipe compétitive, il y a un minimum d’organisation à mettre en place. Dans tout travail, il y a des difficultés, mais quand on a la volonté et quand on travaille ensemble, on peut toujours surmonter les handicaps. C’est ce que nous avons inculqué dans la tête des joueurs, dès le début de la saison, Dieu merci, le message a été bien compris par les jeunes et le résultat est là.

Le Stade malien est un club populaire, l’équipe est bien soutenue par les supporters et cela pousse au travail, à l’engagement et à la détermination des acteurs. Et comme la baraka était également au rendez-vous….

L’Essor : Quelle est la durée de votre contrat au Stade malien et avez-vous déjà une idée de ce que l’équipe doit faire dans la perspective de la prochaine Ligue des champions d’Afrique ?

Djibril Dramé : J’ai signé un contrat de deux ans renouvelables. Concernant la préparation de la Ligue des champions, il faut qu’on s’y mette dès maintenant. La Ligue des champions, c’est la plus prestigieuse des compétitions africaines des clubs et tout le monde rêve d’y participer. Comme vous le savez, depuis le lancement de la nouvelle formule de cette compétition, aucune équipe malienne n’a réussi à atteindre la phase de poules.

L’ambition du Stade malien est de se qualifier pour la prochaine phase de poules et l’équipe se battra pour ça. Cependant, il y a une vérité qui est là et que certaines personnes ne comprennent pas. La Ligue des champions, c’est le haut niveau, une compétition qui ne se prépare pas en un ou deux ans. En football, la préparation est très importante, pour espérer obtenir des résultats au niveau de l’élite. Rien ne doit être improvisé et aucun détail ne doit être négligé. Il y a un minimum à faire, quand on est engagé en Ligue des champions.

Dans un premier temps, nous allons donc essayer de mettre en place un groupe compétitif, ensuite, il faudra élaborer un bon programme de préparation et motiver les joueurs. Si on s’y prend à temps et qu’on se donne la main, je pense qu’on peut vaincre le signe indien. Il nous reste deux mois avant le début de la campagne et c’est le bon moment pour commencer notre préparation.
L’Essor: Quels sont les secteurs de l’équipe qui doivent être renforcés ?

Djibril Dramé : Jusque-là, on a travaillé avec les moyens de bord. Maintenant que l’équipe s’est qualifiée pour la Ligue des champions d’Afrique, il faut changer de fusil d’épaule. Le premier secteur à renforcer est le milieu de terrain où il faut un vrai animateur capable d’orienter le jeu de l’équipe. Il y a également les deux couloirs, nous avons besoin d’un milieu excentré droit, un couloir excentré gauche et un avant-centre de soutien. En fait, il faut renforcer tous les secteurs, parce que pour le moment, il n’y a qu’un seul gardien (Djigui Diarra, ndlr) qui peut se blesser (que Dieu nous en garde).

L’effectif actuel est capable de rivaliser avec l’élite continentale, mais il faut voir la profondeur du banc parce que tout peut arriver en cours de saison. Si les moyens le permettent, je souhaite recruter quelques joueurs étrangers, notamment des éléments de la sous-région. Malgré les faibles moyens de nos clubs, je pense que c’est possible.

Interview réalisée par
Boubacar KANTÉ

Source : L’ESSOR

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