Keita-Gervinho, l’art romain à la conquête de l’Afrique

Piliers de l’AS Rome, Seydou Keita, le capitaine du Mali, et Gervinho, le dribbleur de la Côte d’Ivoire, vont s’affronter à la Coupe d’Afrique des Nations (CAN-2015). Les tifosi “giallorossi” sont des ardents supporters du Cameroun et de la Guinée dans le groupe D, pour récupérer au plus vite leurs Africains, qui se croisent le 24 janvier à Malabo.

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. Keita donne le rythme
A 34 ans et après un passage loin du très haut niveau en Chine, à Dalian (2012-2014), Seydou Keita s’est tout de suite imposé à la Roma, où il a d’emblée pris un rôle capital d’organisateur du jeu. Déjà troisième dans la hiérarchie des capitaines, derrière les historiques Francesco Totti et Daniele De Rossi, le Malien compte plus de temps de jeu que “DDR”, qui traverse une saison un peu moyenne. Rudi Garcia, qui a fait des pieds et des mains pour avoir l’ancien du grand Barcelone, vainqueurs de deux Ligues des champions (2009, 2011), parle “d’un grand Keita, qui a le jeu de passe d’antan dans son ADN”, et qui peut aussi “jouer dans le dos du milieu de terrain adverse et être dévastateur”.

Troisième avec les “Aigles” lors des deux derniers tournois, Keita dispute sa septième CAN en Guinée Equatoriale. “Preuve du sérieux que je mets dans mon métier”, dit-il au site Malifootball.com. Mais il présente son équipe comme un outsider. Il est également avec 24 buts le meilleur buteur de l’histoire de sa sélection. “J’en suis très fier, vraiment. Cela prouve que j’ai tout donné pour mon pays et que même en étant milieu de terrain, j’ai souvent été décisif pour aider le Mali.”

. Gervinho danse
Gervais Yao Kouassi joue le même rôle avec les Eléphants qu’avec les Loups: l’électron libre de la meute ou du troupeau, chargé de créer des brèches dans la défense adverse. “Nous sommes trop dépendants des dribbles de Gervinho, il faut créer des espaces autrement”, regrette Garcia, rendant ainsi hommage à son joueur fétiche, qu’il a porté du Mans à Lille, puis réclamé à l’AS Rome. La “Gazelle” ou la “Panthère” qui fait vrombir le stade Olympique à chaque accélération a acquis un statut encore plus important en sélection.

Mais l’équipe nationale lui a surtout réservé des frustrations jusque-là, l’élimination à la dernière minute contre la Grèce au Mondial, ou la finale perdue aux tirs au but contre la Zambie voilà trois ans. Dans une série à rallonge, lui qui n’aime pas tirer les penalties avait dû aller frappe le sien et l’avait complètement raté. Meilleur Ivoirien au Brésil, où Yaya Touré, l’étoile des Orange, était un peu diminué physiquement, Gervinho a marqué deux buts et commencé à assumer un rôle de leader, à 27 ans, pour sa quatrième CAN. Sans Didier Drogba ni “Maestro” Zokora, il prend de plus en plus d’importance dans le groupe, et assure que son équipe va en Guinée Equatoriale pour “remporter la Coupe”, car “en Côte d’Ivoire, on ne va pas à une CAN pour faire de la figuration”, dit-il au site afrik-foot.com.

Pour la première fois depuis une dizaine d’année, la génération dorée Sol-Béni-Drogba, qui n’a pas réussi à soulever la CAN, avec deux échecs en finale au tirs au but, ne débarque pas en immense favorite. “On est plus tranquilles, lorsqu’on ne compte pas sur nous. On ne part pas favoris, mais on va essayer de donner tort à tous ceux qui ne croient pas en nous”, promet Gervinho.

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