Disparition : KESHI, LE MALI NE T’OUBLIERA PAS

Malgré un passage raté à la tête des Aigles, The Big Boss a laissé une image positive chez nos concitoyens. Sa mort brutale, mardi à Benin City, a provoqué une grande émotion au Mali

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ADisons-le sans détours, quand Stephen Keshi quittait le Mali en 2010 après avoir été limogé par la Fédération malienne de football (FEMAFOOT), il était aimer et n’avait pas que des amis dans notre pays. Mais quand la triste nouvelle du décès du technicien est tombée hier, toute la planète du foot du Mali s’en est émue. Pendant presque toute la journée d’hier, il n y avait qu’un seul sujet sur les lèvres des supporters maliens : la mort brutale de Stephen Keshi. De quoi souffrait-il ?

Que s’est-il passé ? Keshi s’est-il suicidé ou a-t-il été empoisonné ? Voilà autant de questions qui reviennent dans les discussions et auxquelles personne n’ose donner une réponse. La mort de Keshi a provoqué une grande émotion au Mali et ce ressentiment prouve si besoin est que malgré son passage raté à la tête des Aigles, l’ancien défenseur international du Nigeria restait dans le cœur de beaucoup de Maliens.

Le colosse défenseur des Super eagles a marqué son temps et partout où il est passé, Keshi a laissé des traces. Ses méthodes n’étaient pas forcément appréciées par tout le monde, mais tous ceux qui ont connu Keshi, vous diront qu’il était rigoureux dans le travail et avait des convictions. Joueur, Keshi était un baroudeur sur le terrain, un meneur d’homme, quelqu’un qui ne rechignait jamais à la tâche.

«The Big Boss», comme on l’appelait, a commencé sa carrière en clubs en 1985 dans son pays, avant de rejoindre le Stade d’Abidjan puis Africa Sports. Après la Côte d’Ivoire, il portera successivement les couleurs de Lokeren, d’Anderlecht (Belgique), du RC Strasbourg (France), de formations nord-américaines, avant de terminer en Malaisie. Avec les Super eagles, il remportera la CAN en 1994 et participera à la Coupe du monde la même année aux Etats-Unis. Mais c’est quand il raccrocha les crampons et devint entraîneur que Stephen Keshi se révéla à la planète foot.

Sa carrière d’entraîneur commence avec les Eperviers du Togo qu’il qualifie à la surprise générale à la phase finale de la Coupe du monde 2006. Limogé après le Mondial, suite à ses problèmes avec certaines stars de la sélection togolaise, le technicien nigérian revient en 2007 et reste une année avant d’être débarqué à nouveau par la Fédération togolaise de football (FTF). En 2010, The Big Boss s’engage avec les Aigles du Mali qu’il conduit à la phase finale de la CAN en Angola. L’aventure se termine dès le premier tour, mais le Nigérian a eu le mérite de n’avoir concédé aucune défaite en trois sorties.

A son retour à Bamako, Keshi martèlera qu’il a été trahi et que son travail a été saboté par certains responsables de la FEMAFOOT. «La veille de notre deuxième sortie, on m’a téléphoné de Bamako et mon interlocuteur a menacé de me faire la peau si je n’alignais pas un joueur. Je n’avais jamais vu ça dans ma carrière, c’était horrible», confiera le technicien nigérian à sa descente d’avion à l’Aéroport international Bamako-Sénou.

Comme il fallait s’y attendre, Keshi sera remercié quelques semaines plus tard par la fédération et il faudra attendre les éliminatoires de la CAN 2013 pour voir le technicien rebondir dans son propre pays avec les Super eagles. Un rêve venait de se réaliser pour Keshi qui, après avoir qualifié la sélection nigériane à la phase finale, la hissera sur le toit du continent en Afrique du Sud (victoire 1-0 contre le Burkina Faso). The Big Boss devenait ainsi le second footballeur du continent, après l’Egyptien Mahmoud El Gohary, à avoir gagné la CAN en tant que joueur, puis en tant qu’entraîneur.

Nos compatriotes se souviennent encore de cette petite phrase lâchée par Keshi la veille de la demi-finale entre les Aigles et les Super eagles. «Personne ne connaît mieux que moi la sélection malienne», avait confié le technicien dont les joueurs s’imposeront par le score sans appel de 4-1.

Charmeur avec les médias, Stephen Keshi savait se montrer intransigeant, surtout avec les joueurs vedettes. Ainsi, lors de la phase finale de la dernière Coupe du monde, il conduira la sélection nigériane en huitièmes de finale, avant de chuter face à la France. «L’Afrique a de grandes équipes et de grands entraîneurs, le Nigeria l’a prouvé aujourd’hui. Ce qui me gène aujourd’hui, c’est l’absence d’entraîneurs africains dans les championnats européens.

On a les mêmes compétences, mais le reflexe de nos responsables est de prendre toujours les entraîneurs étrangers. Je ne suis pas d’accord avec cette politique», confiera Keshi après la défaite des Supers eagles contre les Bleus.

En juillet 2015, il est viré par la Fédération nigériane de football (NFF) au motif que son nom figure dans une liste des candidats pour le poste de sélectionneur de la Côte d’Ivoire. Annoncé après du côté de l’Afrique du Sud, The Boss ne signera pas avec les Bafana-Bafana et restera à la touche jusqu’à sa mort brutale, mardi à Benin City à l’âge de 54 ans.

Dors en paix The Big Boss !

S. B. TOUNKARA

Source: essor

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