Diakaridia Diakité : «ce tournoi vise à promouvoir la paix et renforcer l’unité nationale»

Dans cette interview, le président du Comité de pilotage de la compétition assure que tout est fin prêt pour
le démarrage du tournoi, évoque les attentes des autorités et promet une «belle fête» dans la cité des Askia

 

L’Essor : Le Tournoi pour la paix et la cohésion sociale démarre ce vendredi. Vous venez d’effectuer une visite à Gao dans le cadre des préparatifs de la compétition. Quel est l’état des lieux ?

Diakaridia Diakité : Nous avons effectué une visite à Gao, du 23 au 28 février. Il s’agissait pour le Comité de pilotage de prendre contact avec les autorités locales pour faire les derniers réglages. Tout s’est bien passé et nous sommes revenus très satisfaits parce que toute la Région est à pied d’œuvre et mobilisée pour la réussite de l’événement. La société civile, les notabilités, les autorités administratives et politiques, la jeunesse, tout le monde a adhéré au projet. Les populations de Gao se sont appropriées l’évènement. C’est vraiment une grande satisfaction, je suis sûr que ce tournoi sera une réussite.
L’Essor : Est-ce que toutes les régions ont confirmé leur participation au tournoi ?
Diakaridia Diakité : Toutes les régions ont confirmé leur participation. Il s’agit des Régions de Ségou, Sikasso, Koulikoro, Kayes, Mopti, Menaka, Kidal, Gao, Tombouctou, le District de Bamako et l’Usfas qui est l’invitée d’honneur du tournoi.

L’Essor : Sur le plan sécuritaire, quelles sont les dispositions prises par la commission d’organisation, en collaboration avec les services de sécurité ?

Diakaridia Diakité : Sur le plan sécuritaire, toutes les dispositions sont prises. On ne peut pas organiser ce genre d’événement sans tenir compte des réalités sécuritaires, socio-politiques et économiques. La sécurité est garantie. Nous ne pouvons pas dévoiler le dispositif et les plans sécuritaires. Toutes les forces nationales et internationales, présentes sur place sont mobilisées pour sécuriser l’évènement. Un cadre d’ordre général de sécurisation a été mis en place avec les FAMa, la Minusma, Barkhane et l’exécution a commencé depuis mercredi avec l’arrivée des premières délégations.

L’Essor : Concernant la compétition proprement dite, les participants vont s’affronter dans deux disciplines, à savoir le football et le basket-ball. Pourquoi deux disciplines seulement ?

Diakaridia Diakité : Nous avons retenu le basket-ball féminin et le football masculin parce que ces deux disciplines sont les plus populaires du pays et mobilisent toujours les spectateurs. On peut dire qu’au Mali, comme d’ailleurs dans la plupart des pays africains, le football et le basket-ball sont les sports rois. À travers ce tournoi, l’objectif visé n’est pas d’obtenir des résultats sportifs, nous voulons contribuer au retour de la paix au Mali et favoriser la cohésion sociale. C’est le vivre ensemble qui est recherché, nous avons fait de telle sorte que les disciplines choisies puissent rassembler et rapprocher les jeunes du pays.

L’Essor : Quelles sont les attentes des autorités du pays à travers cette compétition, notamment le ministère de la Jeunesse et des Sports ?

Diakaridia Diakité : Les attentes des autorités, surtout le ministre Mossa Ag Attaher, c’est de permettre à ce que le sport soit un facteur de cohésion sociale, de rassemblement et de vivre ensemble. Dès son arrivée à la tête du Département, le ministre a instruit de faire en sorte que le sport soit un facteur de rapprochement et contribue à l’unité nationale. Avec ce tournoi, l’objectif recherché par les autorités, c’est rassembler les jeunes du pays et leur dire que le Mali est un peuple uni. Ce tournoi permettra de rassembler tous les jeunes du Mali, du nord au sud en passant par l’est et l’ouest. Le ministère de la Jeunesse et des Sports est engagé pour que le sport puise jouer un rôle de premier plan dans la recherche de la paix et du renforcement de l’unité nationale

L’Essor : Parallèlement aux épreuves sportives, il y aura des courses de chameaux et de chevaux. Comment seront organisées ces courses ?
Diakaridia Diakité : 
Le tournoi a trois composantes. La composante sport, la composante scientifique et la composante culturelle. Les courses de chameaux et de chevaux sont des sports traditionnels à Gao. Nous avons tenu compte de cette réalité locale, ce qui fait qu’en marge du football et du basket-ball, ces sports traditionnels feront partie de l’événement. C’est une fête qui n’est pas que sportive, elle est aussi culturelle et artistique.

L’Essor : On annonce également des activités culturelles. Peut-on en savoir plus ?
Diakaridia Diakité : 
Les activités culturelles, ce sont les expositions. Il y aura dix délégations. Nous sommes en train de travailler à ce que chaque délégation puisse présenter culturellement sa région pour les autres jeunes des autres régions. C’est l’occasion pour eux d’apprendre la diversité culturelle de notre pays.

L’Essor : Quel est le budget du tournoi et y aura-t-il des récompenses ?
Diakaridia Diakité : 
Il y aura des récompenses pour les meilleurs buteurs, joueurs, gardiens et le prix fair-play. Pour les récompenses collectives, les trois premières places en football et en basket-ball seront primées. Il y’aura aussi des récompenses pour les courses de chameaux et de chevaux. Pour un événement de ce genre, on ne peut pas calculer le budget avant la fin. Jusque-là, ce sont des estimations, c’est après la compétition qu’on saura le budget réel.

L’Essor : En tant que président du Comité de pilotage, quel appel lancez-vous aux populations, en général et aux délégations attendues à Gao, en particulier ?

Diakaridia Diakité : Je voudrai d’abord remercier le ministre de la Jeunesse et des Sports du choix porté sur ma modeste personne pour diriger le Comité de pilotage. C’est une grande expérience pour moi et une vraie école. Cela dit, je demande aux populations de Gao d’être le Jatigi de toutes les délégations.

Le gouverneur de la région a mis en place le système de jatigiya, en collaboration avec le maire et la jeunesse de Gao. Ainsi chaque quartier de Gao sera le jatigi d’une délégation. Je salue cette belle initiative qui, j’en suis sûr et certain, donnera une autre dimension à l’événement. Une fois encore, je demande à la population de Gao de se mobiliser, de se donner la main pour qu’on puisse vaincre la peur. Je lance aussi un message de paix, de rassemblement et de cohésion sociale. Aux athlètes, je demande le fair-play parce que c’est avant tout une fête. Il n’y aura pas de perdants, ni de gagnants à l’issue du tournoi car l’objectif n’est pas la performance, ni le trophée, mais le rassemblement et la cohésion sociale. C’est donc le Mali qui sortira vainqueur de la rencontre.
Interview réalisée par
Ladji M. Diaby

Source : L’ESSOR

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