Crise à la FEMAFOOT : SUITE MAIS PAS FIN

Après un mois d’accalmie pour cause de CAN, Guinée Equatoriale 2015, les hostilités reprennent entre la Fédération malienne de football (FEMAFOOT) et les ligues et clubs contestataires. C’est le moins que l’on puisse dire après le point de presse organisé hier à la Maison du patronat par les deuxièmes. Autour de la table il y avait plusieurs responsables de clubs et représentants des ligues dont Boubacar Monzon Traoré, le président de la ligue de football du District, Moussa Konaté le président du COB, son homologue du CSD, Gaoussou N’Pa Sylla, Hali Ag Intacknaye de la ligue de Kidal, Yéli Sissoko le trésorier général du Djoliba, Mamadou Sow, le patron de la ligue de Ségou.

siege femafootUn seul point a été évoqué au cours de cette rencontre : la crise qui secoue la Fédération malienne de football depuis l’Assemblée générale (ou plutôt les Assemblées générales puisqu’il y en a eu deux dans le même hôtel le même jour) du 10 janvier dernier.
L’honneur reviendra au représentant de la ligue de Kidal, Hali Ag Intacknaye de lire l’exposé liminaire qui était axé principalement sur les origines de la crise. Dans ce texte d’une page, les ligues et clubs contestataires accusent sans détours le président de la FEMAFOOT d’être seul responsable de la crise née de l’Assemblée générale du 10 janvier. «Les textes et règlements de la FEMAFOOT disent clairement que l’Assemblée générale ordinaire (A. G.O.) doit être convoquée au plus tard 90 jours après l’arrêt des comptes.
La FEMAFOOT avait trois mois à partir du 30 septembre pour organiser l’A. G. O. soit au plus tard, le 31 décembre 2014. Mais en violation des textes, le comité exécutif a décidé d’organiser l’A. G. O. le 10 janvier. A la réception des convocations hors délai de la FEMAFOOT, le président du CSD, Gaoussou N’Pa Sylla a introduit une demande argumentée de révocation du président du comité exécutif de la fédération.
Suite à cette demande, le président du CSD sera convoqué par la Commission centrale du fair play qui lui infligera une suspension de trois ans en violation des textes de la FEMAFOOT. Cette sanction n’avait d’autre but que d’empêcher Gaoussou N’Pa Sylla à participer à l’A. G. O. et d’y défendre sa demande de révocation. Tout est parti de cette violation des textes», pointera Hali Ag Intacknaye.
Malgré la demande de la FIFA d’autoriser Gaoussou N’Pa Sylla à participer à l’A. G. O. dira le représentant de la ligue de Kidal, «le comité exécutif de la FEMAFOOT a refusé de lever la suspension». «Pire, renchérira Boubacar Monzon Traoré, le président de la fédération, Boubacar Baba Diarra s’est opposé à toute discussion sur le sujet lors de l’A. G. O., avant de faire appel à la police pour expulser le délégué qui avait soulevé la question, à savoir Bassalifou Sylla.
C’est ce comportement anti-démocratique et cette violation des textes qui ont poussé la majorité des délégués à quitter la salle». «Quand on a quitté la salle, poursuivra Boubacar Monzon Traoré, nous avons fait le constat qu’on avait la majorité, soit 29 délégués. Dès lors, les textes nous autorisaient à organiser l’A. G. O., ce que nous avons fait».
Le président du COB, Moussa Konaté abondera dans le même sens en insistant notamment sur la légitimité de l’A. G. O. organisée par les clubs et ligues contestataires et les décisions qui ont été prises par les délégués. Entre autres résolutions adoptées par les délégués, rappellera Moussa Konaté, il y a la suspension du président et du secrétaire général de la FEMAFOOT «pour violation des textes de la FEMAFOOT», la suspension provisoire du championnat à titre conservatoire, la levée de la suspension de Gaoussou N’Pa Sylla et l’envoi d’une lettre à la FIFA.
«Nous avons rencontré le ministre des Sports à deux reprises, la première fois, c’était pour lui rendre compte de l’A. G. O. et la deuxième fois pour l’informer que nous sommes prêts à reprendre le championnat, mais à trois conditions. Primo, précisera le président du COB, l’organisation de la compétition sous la direction du secrétaire général-adjoint de la fédération, secundo la reprogrammation de la 6è journée et tertio le rétablissement du président du CSD dans toutes ses prérogatives.
Tant que ces points ne seront pas satisfaits, nous ne participerons pas au championnat», martèlera le premier responsable des Olympiens. Mais quelle que soit la suite des événements, ajoutera Moussa Konaté «nous ne poserons aucun acte qui soit en violation des dispositions réglementaires régissant le fonctionnement harmonieux de notre institution.
Qu’il soit donc clair pour tout le monde, nous userons de toutes les voies de recours possibles et légales pour faire triompher la vérité et assainir la gestion de notre football». A la question de savoir quelle attitude adopteront les ligues et les clubs contestataires si la FIFA tranche en faveur de l’actuel comité exécutif, le président du COB dira qu’ils se plieront sans réserve à cette décision, mais selon lui, l’instance dirigeante du football mondial ne transige jamais avec les textes et il est difficile d’imaginer celle-ci donner raison à la fédération dans cette crise. Affaire à suivre donc…

S. B. TOUNKARA

source : L Essor

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