Comme Demba Ba et Bokila, ils ont mis le cap sur la Chine

Jadis réservé aux ex-gloires du ballon rond en quête d’exotisme ou d’un dernier gros contrat, le championnat chinois évolue. A l’image de Demba Ba, il est capable de séduire des joueurs en pleine force de l’âge et permet à certains, comme Abderrazak Hamdallah ou Florent Ibenge, de se révéler.
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Son choix en a surpris plus d’un. Au sortir d’une première saison réussie au Besiktas Istanbul et à seulement 30 ans, Demba Ba a choisi de s’exiler en Chine, au Shanghai Greenland Shenhua. Le Lion de la Teranga, qui tire sans doute une croix sur la sélection avec ce transfert, disposait pourtant d’une belle cote en Premier League. Si le salaire de 7 millions d’euros annuels qui attend l’ancien attaquant de Chelsea a probablement contribué à le convaincre de rejoindre la Chine, son arrivée témoigne aussi d’une certaine attractivité du championnat local. Dans sa nouvelle formation, dirigée par l’ancien entraineur de Bordeaux, Francis Gillot, il retrouvera le ZambienStoppila Sunzu, arrivé l’hiver dernier en pleine force de l’âge et le MalienMohamed Sissoko (30 ans), en quête de rebond.

Longtemps, pour les Africains comme pour d’autres, la Chinese Super League n’a représenté qu’un dernier et lucratif périple avant la fin de carrière, comme pour l’ancien Intériste Mohamed Kallon, débarqué au Guizhou Renhe en 2010, ou encore le Nigérian Yakubu Aiyegbeni (15 buts avec Guangzhou R&F en 2013). A 35 ans, en fin de contrat avec le FC Séville, Frédéric Kanouté avait lui aussi rejoint le Beijing Guoan en 2012. Un an et demi et 13 buts plus tard, le Malien a raccroché les crampons au terme d’un passage plutôt réussi. A l’inverse, la pige de Didier Drogba au Shangai Shenua fin 2012 ne restera pas dans les annales. Malgré 8 buts en 11 matches, l’Ivoirien a rapidement quitté l’Empire du milieu. La faute à un climat tendu au sein du club. Ce qui ne l’a pas empêché de se relancer par la suite à Galatasaray et Chelsea malgré sa trentaine bien tassée.

Les goleadors Ayew, Utaka et Hamdallah

Idem pour Seydou Keita. L’international malien a trouvé une seconde jeunesse au cours des 18 mois passés au Dalian Aerbin. Depuis, il se met en évidence au FC Valence et à l’AS Roma malgré ses 35 ans. La Chinese Super League est même devenue le terrain d’expression favori pour une poignée d’internationaux africains. Vainqueur de la CAN 2012 et sacré meilleur joueur de la compétition, le Zambien Chris Katongo évoluait au Henan Jianye lorsqu’il est grimpé sur le toit de l’Afrique. Lui aussi sacré en 2012, James Chamanga portait déjà l’époque les couleurs du Dalian Haichang. A l’instar de Jacob Mulenga, débarqué au Shijiazhuang Ever Bright en 2015, d’autres Zambiens sont depuis venus renforcer la colonie des Chipolopolos en Extrême-Orient.

Avec le Ghanéen Kwame Ayew en 2004 (Inter Shangai), on trouve même trace d’un Africain qui a terminé meilleur buteur du championnat chinois. Le cas de figure a failli se répéter avec le Nigérian Peter Utaka en 2012 et 2013 (37 buts en trois ans et demi), et surtout avec Abderrazak Hamdallah, qui a terminé sur la deuxième marche du podium avec 22 réalisations la saison passée. Performant avec le Guanghzou R&F, le Marocain continue également d’être appelé et buteur en sélection. Il est l’un des rares à ne pas avoir disparu de la circulation en rejoignant un championnat moins médiatisé. A 24 ans seulement, il pourrait être l’un des premiers à utiliser l’Empire du milieu comme un tremplin. Un tour de force que Florent Ibenge a accompli dans un cadre un peu différent. L’actuel sélectionneur de la RD Congo, également à la tête de l’AS Vita Club, a fait ses gammes en qualité d’adjoint de Nicolas Anelka, entraîneur-joueur du Shangai Shenua en 2012.

Le pari de Maazou

Ces performances ont incité certains joueurs en pleine force de l’âge à rejoindre l’Empire du milieu. Demba Ba et Stoppila Sunzu donc, mais aussi le Nigérien Moussa Maazou, débarqué en janvier après une demi-saison prometteuse au Portugal (9 buts avec le Maritimo Funchal), ou encore l’international congolais Jérémy Bokila qui vient de s’engager avec Guangzhou R&F

Aussi ambitieux que soit leur pari, tous ces joueurs devront garder en mémoire qu’il reste difficile de se relancer en Chine. Si Jacques Faty y a apprécié le style de vie avant de rejoindre l’Australie, autre destination exotique, nombre de joueurs en quête de rebond n’ont fait qu’un court passage en Chine, avant de reprendre une carrière compliquée. A l’image deSalim Arrache, passé par le Chengdu Tiancheng l’année passée, ou encore deModeste M’Bami. Débarqué au Dalian Aerbin en 2011 à 28 ans, le Camerounais ne s’est jamais relancé, poursuivant son parcours exotique par l’Arabie Saoudite et la Colombie avant de rejoindre Le Havre où il fait banquette. Au pays du Dragon, pour certains, plus dur est le retour de flammes !

 

 

Source: Afrik

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