André Ayew : “Je ne pensais pas quitter l’OM un jour”

Lauréat du Prix Marc-Vivien Foé 2015, André Ayew a reçu son trophée, qui récompense le meilleur joueur africain de Ligue 1, dans les locaux de France Médias Monde, lundi soir. L’occasion pour le Marseillais d’évoquer avec Afrik-Foot son sacre, ses derniers moments à l’OM, mais aussi les chances des sélections africaines en Coupe du monde et les techniciens locaux.
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André, avec ce Prix, tu boucles tes années marseillaises en beauté…

C’est un Prix qui est très important pour tout joueur africain évoluant en France. Je suis très content et très fier de l’avoir reçu. J’ai toujours été proche du titre ces dernières années : troisième (en 2011, ndlr), quatrième. Aujourd’hui, c’est la bonne, cela montre qu’il ne faut jamais lâcher, qu’il faut toujours travailler et que le travail paie. Alors je suis content et j’espère que ce n’est que le début de plusieurs autres trophées.

On a l’impression que tu as pris une autre dimension cette saison en t’affirmant encore davantage en tant que leader ?

Comme dans la vie de tous les jours, on grandit, on prend de l’expérience. C’est vrai que je suis encore jeune (25 ans, ndlr), mais j’ai commencé très tôt, que ce soit en sélection ou en club, alors je suis peut-être en avance sur d’autres à mon âge. C’est pourquoi je me dois d’être exemplaire, sur le terrain, et surtout en dehors. J’essaie d’apporter ce que je peux au groupe, apporter ma petite expérience pour essayer d’aider les plus jeunes et essayer de gagner tout simplement.

La persévérance, le boulot

Après plusieurs années où tu es passé proche du Prix, qu’est-ce qui a fait la différence cette année pour te permettre d’être sacré ?

C’est juste la persévérance, le boulot. Sur mes 5-6 dernières années, il y en a une ou deux où j’ai été moins bon, mais je crois qu’en 2011, 2012, 2013, j’aurais très bien pu le gagner aussi. Comme d’autres. Il faut dire que les vainqueurs de l’époque étaient champions ou avaient fait de grosses saisons. C’est toujours de très bons joueurs. Il y a toujours des groupes de très bons joueurs africains en France et à la fin, ils terminent tous dans de très bons clubs européens.

Justement, tu as officialisé ton départ de l’OM ce week-end. As-tu déjà le nom de ta future destination en tête ?

Honnêtement je ne sais pas encore. Je veux rejoindre un club qui puisse m’apporter pas mal de choses.

Samedi au Vélodrome, tu vas jouer ton dernier match à l’OM. Un match à enjeu contre Bastia, mais aussi avec des émotions compte tenu de ta situation. Comment gérer les deux ?

On veut finir dans les trois premiers, donc le résultat est très important. Pour ce qui est de ma dernière, je ne sais pas comment appréhender… J’aimerais que ça n’arrive pas, qu’on saute ce match de samedi. Mais c’est la vie. Que je le veuille ou non, ce jour arrivera. Je ne sais pas comment ça se passera, je ne pensais pas que ça arriverait un jour. Après 11 ans passés au club. La page se tourne, mais le livre ne se ferme pas.

Donner leur chance aux techniciens locaux

Venons en maintenant au football africain. Que manque-t-il aux sélections du continent pour franchir un palier et atteindre le cap des demi-finales en Coupe du monde ?

Je pense que le football africain a beaucoup progressé. La CAF a fait un boulot extraordinaire ces dernières années. Quand on voit le football africain à l’époque et maintenant, on sent que les choses ont changé. Que ce soit la Ligue des champions africaine, les CAN, etc. Par rapport aux éditions précédentes, la CAN 2015 a été très regardée dans le monde entier. Cela montre que le football africain devient de plus en plus important. C’est bien. Concernant la Coupe du monde, c’est plutôt aux joueurs et à toutes les Fédérations de s’unir et d’arriver là-bas pour faire quelque chose car il y a deux-trois pays africains qui ont le potentiel d’aller très loin en Coupe du monde.

En sélection, tu as notamment évolué sous les ordres de Kwesi Appiah, un entraîneur local, puis d’Avram Grant, un technicien étranger. Quel est ton avis sur le débat sélectionneur local/sélectionneur étranger ?

Je trouve très injuste qu’on dise que les entraîneurs locaux n’ont pas la carrure pour diriger leur sélection. S’ils ont dirigé les catégories de jeunes ou des clubs du pays et qu’ils ont été bons, pourquoi ne pas leur donner une chance à la tête de l’équipe nationale ? Que les résultats soient là ou pas, ce qui compte, c’est l’aspect humain, la connaissance du foot, ce que le technicien peut nous apporter. Le coach qu’on a eu nous a pas mal apporté. Il y en a d’autres qui pourraient apporter à d’autres sélections aussi. Avec le temps, on va commencer à comprendre qu’on a des entraîneurs locaux qui sont bons aussi et peuvent apporter à l’équipe pour triompher.

Le Ghana n’est jamais out

Après la défaite contre le Sénégal (2-1) lors du premier match de la CAN, tu as surpris en déclarant, “on va se qualifier“. Pourquoi une telle assurance alors que la situation était mal embarquée ?

Je connais mon équipe, mes joueurs. Je sais que nous ne sommes pas une équipe qui lâche. Après cette défaite, beaucoup de gens ont cru qu’on était out, mais le Ghana n’est jamais out. On est toujours là jusqu’au bout.

Depuis ce lundi, 13 heures, on imagine que tu as reçu beaucoup de messages de félicitations…

Oh oui, de tout le monde. De tout le Ghana même !

Ci-dessus, André Ayew et sa mère, Maha.

 

Source: afrik.com

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