Violences conjugales : battue et devenue veuve, elle tombe enceinte pendant le deuil

Dans ce billet fictif, Mariam entretient ses lecteurs sur les violences conjugales, l’adultère ainsi que sur une pratique commune dans plusieurs sociétés maliennes.

 

Mariée alors qu’elle n’avait que seize (16) ans, Aichata a souffert des violences conjugales. Elle avait été mariée à un homme qui ne manquait aucune occasion pour renverser toute sa rage sur elle. Elle était insultée, battue, et, pire, n’était pas prise en charge lorsqu’elle tombait malade. « Alors que j’étais enceinte de mon premier garçon, j’ai failli mourir par manque de soin », confie la jeune dame. Malgré tout, elle est restée dans ce mariage d’une rare violence. Elle disait non seulement obéir aux décisions de ses parents, mais aimait cet homme violent à qui elle reste toujours fidèle.

Enceinte de l’ami de son mari

Mère de six (6) enfants, Aichata la musulmane, comme on le nomme dans son quartier, aura-t-elle une vie heureuse ? Après plus de trente (30) ans de mariage, elle perd son mari violent. « Malgré qu’il a toujours été dur avec moi, je l’aimais de tout mon cœur. C’est le père de mes enfants », a-t-elle expliqué, drapée dans ses habits de deuil.

Chez cette dame, on dirait que le malheur appelle le malheur. Alors qu’elle se trouve dans la chambre de deuil pour une durée de plus de quatre (3) mois, elle contractera une grossesse. « Deux mois après la mort de mon mari, je tombe enceinte pendant ma période de viduité », déplore-t-elle la tête baissée avant d’indiquer que l’auteur de cette grossesse n’est autre que « l’ami de [son] défunt mari ». Quel déshonneur !

Plus envie de se marier

Selon ses dires, alors qu’elle faisait le deuil de son mari, cet homme venait fréquemment en catimini lui rendre visite et demander son moral. « Juste quelques semaines après, explique la veuve, il me dévoile son amour. Un amour qu’il aurait caché depuis le vivant de mon mari ».

Toutes ses résistances, en mémoire de son défunt mari, n’auront servi à rien, Youssouf finit par obtenir d’elle ce qu’il a toujours voulu. « Lorsque je lui ai informé de la grossesse, il m’a remis de l’argent pour l’avortement. J’ai catégoriquement refusé », souligne-t-elle.

Elle nomme cet enfant Hourou. Malgré les critiques qu’elle reçoit de part et d’autre, Aichata se promène fièrement avec son fils. « Je dis à tout le monde que c’est Youssouf qui n’a pas honoré la mémoire de son ami en venant me trouver jusque dans la chambre de deuil », précise-t-elle tout en indiquant son regret d’avoir déçu, pour la première fois, son mari en déshonorant sa mémoire.

Aichata a finalement le dégoût du mariage. Elle demeure toujours célibataire et ne souhaite plus se remarier. « Je souhaite consacrer le reste de ma vie à l’avenir de mes enfants, à prier pour eux et pour le repos de l’âme de mon mari », a-t-elle conclu.

Mariam Ndiaye

Source : Sahel Tribune

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