Sécurité alimentaire : LE PRIA PREND SES MARQUES

Quatre mois après son démarrage, le Projet de renforcement de la résilience contre l’insécurité alimentaire au Mali prépare sa stratégie d’actions

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La population active du Mali est composée à près de 80% d’agriculteurs, d’éleveurs et de pêcheurs. Les exploitations agricoles familiales tenues par les petits producteurs jouent un rôle important dans l’approvisionnement du pays en denrées alimentaires. Malheureusement, cette catégorie de producteurs est la plus touchée par les crises liées aux déficits pluviométriques et aux effets néfastes des changements climatiques. Avec comme conséquences pour les victimes, l’insécurité alimentaire, l’augmentation du taux de malnutrition, la pauvreté et son corollaire l’exode rural. Pour inverser cette tendance, la promotion d’une agriculture durable, moderne et compétitive qui garantit la souveraineté alimentaire et nutritionnelle et le bien-être des populations, s’impose. C’est à ce besoin que répond la création en 2013 du Projet de renforcement de la résilience contre l’insécurité alimentaire au Mali (PRIA-Mali). Celui-ci a tenu la première réunion de son comité de pilotage, le 27 mars dernier. Les travaux se sont déroulés dans la salle de réunion de la direction des Finances et du matériel du ministère du Développement rural.
La cérémonie d’ouverture a été présidée par le chef dudit département, Bocari Tréta, en présence du coordinateur du projet, Mody Kanouté. Les activités de la journée ont porté sur l’examen de l’état d’avancement de la mise en œuvre du projet, quatre mois après son démarrage, le passage en revue du cadre logique du projet et le cadre institutionnel de sa mise en œuvre. Les membres du comité se sont en outre appropriés les principaux outils de management du projet. Ils ont adopté le programme de travail et le budget annuel et ont proposé des solutions idoines aux difficultés inhérentes au démarrage du projet.
Prévu sur une période de 5 ans (2014-2018), le PRIA-Mali est financé par la Banque islamique pour le développement (BID) pour un montant de 24, 4 milliards de FCFA avec une contribution de 1, 8 milliards de FCFA du gouvernement malien. Le Projet s’inscrit dans le cadre de l’Alliance globale pour la résilience (AGIR) qui est une plateforme commune de partage des résultats. Il vise l’objectif « faim zéro » en 2035 et ambitionne de fédérer les efforts des acteurs de l’Afrique de l’ouest avec ceux de la communauté internationale. La zone d’intervention du projet couvre les régions de Tombouctou, Gao, Kidal et Mopti. Ces territoires sont structurellement déficitaires au plan alimentaire et nutritionnel selon le Système d’alerte précoce (SAP). Les régions de Sikasso et Ségou bénéficieront de l’appui du projet en terme de multiplication de semences améliorées. Les parties nord des régions de Kayes et Koulikoro, fortement affectées par les crises liées au déficit pluviométrique et aux conséquences du changement climatique, seront également prises en compte.
Au plan sectoriel, le PRIA doit renforcer la résilience des acteurs du secteur primaire face aux effets néfastes des changements climatiques, afin de contribuer à la réduction de la pauvreté en assurant la sécurité alimentaire et nutritionnelle aux populations rurales. Cet objectif rime avec le contenu du Programme d’actions gouvernemental (PAG 2013-2018), à travers les programmes de résilience des petits exploitants ruraux.
Le projet comprend quatre composantes. Il s’agit de l’amélioration de la disponibilité et de l’accessibilité à l’alimentation humaine et animale, de la réhabilitation et de l’amélioration des moyens d’existence des agriculteurs, éleveurs et pêcheurs vulnérables, du renforcement de la résilience au changement climatique et à la sécurité alimentaire et la gestion du projet. De la mise en œuvre de ces activités, sont attendus un certain nombre de résultats. Il s’agit de la mise en place d’un mécanisme de financement durable pour répondre aux pénuries alimentaires, de la protection des moyens de subsistance des ménages les plus vulnérables, du développement des infrastructures de retenues d’eaux de ruissellement, de récoltes, de post récolte et de stockage et de l’établissement d’un mécanisme régional pour la prévention et la gestion des crises alimentaires et nutritionnelles.

C. A. DIA

source : L Essor

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