Retard dans le recasement et les 400 millions promis par l’Etat : les commerçants menacent de manifester à Bamako

Démarché et impliqué par les autorités pour avoir le consentement des commerçants détaillants pour la libération des grandes artères de la ville de Bamako, le Syndicat national des commerçants détaillants du Mali (SYNACODEM) court désespérément derrière le ministère du Commerce pour recaser ses militants déguerpis. Après plus de deux mois de l’opération qui a contraint 5000 commerçants à fermer boutiques, les commerçants frappés par le déguerpissement restent toujours dans la nature. A ce courroux des commerçants, s’ajoute aujourd’hui l’implication dudit ministère dans la définition des critères de répartition de l’aide du gouvernement à l’endroit des victimes des incendies des marchés Médine, Rose et Woro. Meurtris et écœurés face à ces problèmes qui éternisent leurs déboires, les commerçants menacent d’organiser une grande marche pour exprimer leur ras-le-bol.

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Entre le Syndicat national des commerçants détaillants du Mali et le ministre du Commerce, c’est désormais « le chien aboie, la caravane passe » au vu du statuquo qui prévaut dans le traitement de la question du recasement des commerçants détaillants ayant fait l’objet de déguerpissement pour désengorger les grandes artères de la ville de Bamako.

A en croire le président du Syndicat national des commerçants détaillants, Cheick Oumar Sacko, la question de recasement des commerçants détaillants tant promise par les autorités  après  l’opération de déguerpissement reste toujours à la case de départ. « A la date d’aujourd’hui, aucun commerçant déguerpi n’a été recasé, malgré les assurances données au syndicat par les autorités », a-t-il dit.

Avant de préciser que les 2000  commerçants sur les 5000 prévus pour être recasés au Boulevard du Peuple n’ont jamais pu s’installer définitivement. Car, dit-il, la veille même de leur recasement, ceux-ci ont été dégagés par le ministre de la Sécurité intérieure au motif qu’il n’a pas été informé de la mesure par son homologue du Commerce.

L’origine du blocage ?

A en croire M. Sacko, contrairement à la mesure initialement prise par le ministre de connivence avec les commerçants qui prévoyait de faire installer devant chaque boutique un commerçant après avoir laissé 1,50 m d’espace pour le boutiquier et 2 m pour les piétons, le ministre a adopté une nouvelle mesure qui consiste à observer 1, 50 m pour le boutiquier et 3 m pour les piétons. Pour le président du syndicat des commerçants, cette nouvelle mesure prise par le ministre ne laisse aujourd’hui aucun espoir pour faire recaser tous les commerçants frappés par le déguerpissement. Du coup, explique-t-il, face à cette inertie des autorités, les commerçants commencent aujourd’hui à serrer les dents et envisagent d’organiser une marche pour manifester.

Au-delà, le syndicat dénonce l’implication du ministère du Commerce dans la répartition des 400 millions promis par le gouvernement aux victimes des incendies des marchés Médine, Rose, Woro. A en croire M. Sacko, le ministère du Commerce impose aujourd’hui à tous les bénéficiaires de ce don de l’Etat la présentation d’une patente et balaie d’un revers de main les critères de répartitions proposés par le syndicat à travers sa Commission de critère mise en place pour la cause. Alors question : qu’est-ce qui peut bien expliquer cette volonté du ministère du commerce à vouloir coûte que coûte gérer la répartition de fonds attribués aux victimes des incendies?

Youssouf Z KEITA     

SourceLerepublicainmali

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