Reconstitution du Stock national de sécurité : Le Mali a-t-il perdu le riz Brésilien?

Depuis début 2013, le gouvernement brésilien a voulu offrir au Mali 30 000 tonnes de riz. Le hic c’est que le ministre de l’économie des finances et du budget de l’époque, en l’occurrence Tiénan Coulibaly, aurait bloqué le décaissement de deux milliards de CFA nécessaires pour financer le coût de transport desdits riz. Or, le délai accordé à notre pays a expiré en fin avril 2013. Lire notre dossier.marche cerealier sacs riz mil fonio region segou mali

Dans notre n°118 paru le 20 décembre 2012 nous avions attiré l’attention du gouvernement sur ce problème avec le titre : ‘’Insécurité alimentaire au Mali- Le stock physique chute de 35 000 à 811 tonnes’’. En son temps, Alou Soumano le secrétaire général du comité syndical de l’Office des produits agricoles du Mali (OPAM) a adressé un mémorandum aux plus hautes autorités.

Tiénan Coulibaly, à l’époque, ministre de l’économie des finances et du budget a répondu le 04 février 2013 par courrier n°00405/MEFB-SG. Mais toujours rien ! Pourtant, la reconstitution du Stock national de sécurité (SNS) est particulièrement vitale dans un pays déjà confronté à une série de crises sans précédent. Le Brésil en acceptant d’offrir 30 000 tonnes de riz au Mali fut perçu comme un messie.

Le seul problème qui demeurait était le transport devant coûter au budget national la somme de deux milliards de nos francs. Ce financement n’aurait pas été obtenu à cause de l’insouciance de quatre hauts responsables. Il s’agit, à l’époque, du ministre de l’économie des finances et du budget Tiénan Coulibaly, de son collègue de l’agriculture Baba Berthé, du commissaire à la sécurité alimentaire et du directeur général de l’OPAM Boubacar M Diallo.

Loin de surmonter cette difficulté, le quatuor aurait papoté par voie épistolaire sur des futilités. Au même moment, la vie d’un peu plus de 13 millions de Maliens est menacée à cause de la non reconstitution du Stock national de sécurité (SNS). Selon des sources dignes de foi, ces responsables étaient divergents concernant le lieu de stockage de ce riz, les modalités de vente pour amortir le coût de transport et la clef de répartition entre les régions. Pourquoi n’ont-ils pu s’entendre? Qui voulait se montrer chef ?

Ainsi, à l’expiration du délai soit fin avril 2013, le Brésil et le Programme alimentaire mondial (PAM) se seraient concertés pour offrir ce don à d’autre pays. Comme pour compliquer notre cas, de nos jours, l’Office des produits agricoles du Mali (OPAM) manque aussi de fonds. C’est-à-dire, de ligne de crédit permettant d’acheter des céréales pour reconstituer le Stock national de sécurité (SNS). Par ailleurs, il convient de rappeler que le stock physique de notre SNS a chuté de 35 000 à 811 tonnes soit 3,24% seulement de la quantité normale. Quelle insécurité collective !

Cet état de fait inadmissible serait lié à la crise alimentaire de 2011 durant laquelle 40 000 tonnes de céréales sèches soit 114% auraient été discrètement prélevées du Stock national de sécurité (SNS) par le régime déchu d’ATT. À noter que la totalité du SNS est constituée de 50 000 tonnes pour un coût de 25 milliards de nos francs. Il se compose de 35 000 tonnes de céréales physiques nécessitant 20 milliards de nos francs et de 25 000 tonnes sous forme de ligne de crédit pour une enveloppe de 5 milliards.

Notre source affirme qu’à la réunion du CILSS à Lomé (Togo) la Banque islamique de développement (BID), sollicitée par le Mali, a donné son accord pour un prêt de 7 milliards de nos francs. Mais rien n’a été concrétisé faute de suivi. Bref, notre pays est exposé à une réelle insécurité alimentaire.

À suivre…

Bréhima Coulibaly
SOURCE: Ciwara Info

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