Propriétaires et Chauffeurs de Taxi : L’éternelle guerre de recettes !

A Bamako, entre chauffeurs et propriétaires de Taxi c’est une ‘’guerre’’ sans fin, malgré leur interdépendance. A l’origine, l’état défectueux des véhicules et des routes. Mais aussi, les recettes journalières, que les chauffeurs sont appelés à verser régulièrement aux propriétaires de véhicules, et ont souvent la peine de verser la somme due.

taxi mali anpeReconnaissables par leur couleur jaune les taxis ont presque doublé en nombre au Mali, durant cette dernière décennie.

En effet, chauffeurs et propriétaires de taxi sont généralement liés par un contrat non écrit, qui engage d’une part le chauffeur à verser une recette journalière variant entre 10 000Fcfa et 12 500Fcfa et d’autre part le propriétaire qui doit assurer l’entretien et les réparations du véhicule en cas de panne. Mais à la différence de plusieurs pays du monde, au Mali, un grand nombre de taxi en circulation sont des véhicules défectueux ne répondant pas aux normes de sécurité optimum. Et certains véhicules tombent régulièrement en panne.

Pire, dans certains cas les recettes peinent à couvrir les dépenses d’entretien du véhicule. Toute chose qui génère des mésententes  entre les propriétaires de Taxi et les chauffeurs. Ainsi, dans le capitale malienne, nombreux sont les propriétaires de taxi qui se plaignent de leur chauffeur.

Selon Souleymane Touré un propriétaire de taxi en commune I, c’est un véritable casse-tête que de posséder un taxi à Bamako. Car dit-il, dès que vous êtes propriétaire de taxi, assurez vous que vous avez des problèmes à gérer en l’écart d’au moins trois à quatre jours. « Dès que je vois la tête de mon chauffeur, je m’énerve.

Car si n’est la recette qui est incomplète, c’est le véhicule qui est en panne », confie, Souleymane Touré.   Pire, à l’en croire, en cas de panne même si le propriétaire donne de l’argent au chauffeur pour réparer le véhicule certains chauffeurs achètent des pièces ‘’pacotilles’’ pour, dit-il, ensuite empocher le reste de l’argent. « C’est devenu une habitude pour beaucoup de chauffeurs », déplore t-il.

Quant à Madou Cissé un autre propriétaire  de taxi, pour sa part, pointe du doigt le système « Américain ». C’est-à-dire,  le chauffeur titulaire du taxi donne le véhicule à un de ses collègues, (généralement sans véhicules) pendant un temps déterminé en contre partie d’une recette différente de celle qui doit être versée au propriétaire du véhicule.

Ainsi selon lui, cette forme de solidarité entre chauffeurs de taxi endommage le véhicule, même neuf aussi tôt que prévu. Car un même véhicule passe entre les mains de trois à quatre chauffeurs, et roule sans arrêt.

Mais les taximan quant à eux s’en défendent de certaines reproches qui leurs sont faites par les propriétaires de véhicule. Sidi Yattara, un quadragénaire, taximan depuis bientôt dix ans témoigne. « Je n’ai jamais donné mon véhicule à un américain.

Certes, il y a des chauffeurs qui ne sont souvent pas corrects mais certains propriétaires  de véhicules sont trop compliqués », dit-il. Avant de conclure   que la plupart des gens ne mettent en circulation que des véhicules en mauvais état.

Par ailleurs, selon lui, les chauffeurs de taxi paient en réalité deux recettes. A savoir,  une au propriétaire du véhicule et une aux agents de police de la circulation routière. Toute chose qui selon lui, complique la vie des chauffeurs de taxi.

Fatoumata Fofana

Source: Tjikan

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