Projet régional de protection des enfants en mobilité : TERRE DES HOMMES FAIT UN CHECK-UP

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La rencontre de Cotonou a permis un suivi de la mise en œuvre des activités et de l’exécution budgétaire du projet régional dans les 5 pays concernés, et une analyse de la dynamique d’ensemble de la coordination

En partenariat avec l’Union européenne, la Fondation Terre des Hommes Lausanne exécute depuis mars 2013 dans cinq pays d’Afrique de l’ouest (Bénin, Burkina Faso, Togo, Mali et Guinée Conakry), un projet régional de protection des enfants concernés par les mobilités.

Lancé en 2013 dans la capitale togolaise, le projet régional sur la mobilité des enfants tend vers sa fin. Initiateurs exécuteurs et partenaires du projet se sont donc retrouvés du 22 au 25 février dernier à Cotonou pour une activité qui s’est déroulée en deux temps. Le premier atelier, tenu les 22 et 23 février, était une rencontre interne des points focaux et de l’administration, des journalistes partenaires du projet et de l’équipe de la coordination régionale.  Cette rencontre a effectué unecapitalisation des actions menées dans le cadre de la mise en œuvre du projet. Elle a aussi évalué la communication et la visibilité du projet et fait le point du suivi des chantiers. La boucle a été bouclée par des échanges avec les journalistes sur la diffusion des bilans du projet ainsi que les perspectives de pérennisation des acquis du projet.

C’est la session du comité de pilotage du projet qui a mis fin à la rencontre de Cotonou. Elle a effectué le bilan physique et les résultats finaux du projet, le « reporting » et les indicateurs de fin de projet et les bilans financiers. L’exercice était conçu comme un cadre d’échange des différentes parties prenantes sur l’exécution des activités, la gestion des ressources financières, les résultats atteints ainsi que les perspectives. La rencontre a permis de faire un suivi de la mise en œuvre des activités et de l’exécution budgétaire du projet régional dans les 5 pays concernés et a analysé la dynamique d’ensemble de la coordination. Les bilans physiques, financiers et les résultats atteints durant les 3 années du projet ont été analysés. Les aspects de collaboration avec les partenaires stratégiques du projet ont été aussi étudiés et des leçons ont été tirées pour consolider les dynamiques pays après la findu projet.

1,5 MILLIARD FCFA. Les participants ont fait une revue dans chantiers importants et un bilan des avancées au niveau des pays avec les partenaires stratégiques et opérationnels (Ong, ministères, réseaux de journalistes). Ils ont aussi discuté desperspectives et de la pérennisation des acquis du projet. Un point a été fait sur les processus de capitalisation en cours.

Le rendez-vous béninois a été clôturé par la finalisation du processus d’achèvement du projet (évaluation finale et audits). Baptisé : « Projet de protection des mineurs migrants non accompagnés en Afrique de l’ouest », l’action couvre 5 pays ouest-africains : Benin, Burkina Faso, Togo, Mali et Guinée Conakry. Sa mise en œuvre était assurée par les délégations pays de l’Ong « Terre des Hommes » (TDH), accompagnées par 5 partenaires de mise en œuvre (PMO) : Sabou (pour la Guinée Conakry), ESAM (Benin), ETD (Togo), l’Association de enfants et jeunes travailleurs du Burkina Faso et Enda Mali.

Ce projet financé à hauteur de 1,5 milliard Fcfa sur trois ans, a renforcé les approches promues par TDH et ses partenaires en Afrique de l’ouest afin d’améliorer la protection des enfants en général et ceux concernés par les mobilités en particulier.

Herman Zoungrana, le coordinateur régional du projet, a expliqué que ce projet devait mettre en œuvre l’approche mobilité. Celle-ci se base sur la réduction de lavulnérabilité des enfants concernés par la mobilité et non sur une condamnation systématique de tout déplacement d’enfants. Le projet a engagé une démarche d’accompagnement protecteur des enfants, tout en contribuant à la réflexion nationale sur l’amélioration de la qualité de l’offre de protection. Le projet a placé les enfants eux-mêmes ainsi que les communautés au cœur de dispositifs concrets d’accompagnement en valorisant les pratiques endogènes communautaires de protection, a indiqué Herman Zoungrana. A cette fin, des actions de plaidoyer ont été faites aux niveaux national et régional afin de favoriser la prise en compte des questions de mobilité dans les systèmes de protection, les politiques nationales etrégionales. C’est ainsi que la collaboration avec des partenaires stratégiques, avec des organisations nationales de protection de l’enfance pour l’implémentation conjointe du projet, a été établie. Il faut aussi noter le renforcement des capacités des acteurs clés de protection de l’enfance dans les contextes nationaux (Société civile, ministères partenaires…).

Pour Jean Luc, responsable du programme TDH Afrique de l’Ouest, la rencontre participe du monitoring et de la coordination des actions du projet. En effet, le projet prévoit annuellement une rencontre bilan entre les différents acteurs, afin de réaliser une revue de ses actions, un suivi de l’exécution des activités et de la gestion des ressources, des échanges sur les acquis, les insuffisances et leurs solutions.

Le patron de Terre des Hommes Afrique de l’ouest s’est réjoui de la bonne coopération avec les 5 coalitions d’Ong nationales et les ministères concernés. S’y ajoute l’existence d’un pool de formateurs nationaux sur l’accompagnementprotecteur des enfants (APE) et l’approche mobilité. Un acquis à maintenir et renforcer, a préconisé Jean Luc qui citera aussi les premiers résultats desplaidoyers nationaux sur la promotion de l’approche mobilité et l’APE sanctionnés par des nombreux engagements des États.

CONSOLIDATION DE L’APPROCHE. Il faut aussi souligner les acquis dans la révision des politiques par l’intégration de la dimension mobilité/APE. Le défi reste donc de poursuivre le travail en cours à travers l’opérationnalisation des principes, a estimé Jean Luc. Il faut aussi retenir la reconnaissance de l’expertise de TDH sur les approches mobilité & APE. Le défi, à ce niveau, est de poursuivre la consolidation de l’approche, la production de manuels de formation et de guides d’opérationnalisation, la mobilisation communautaire en place dans les 5 pays (31 projets communautaires) et les coopérations opérationnelles avec les partenaires communautaires.

En recommandation, Herman Zoungrana a plaidé pour une poursuite du plaidoyer avec les institutions spécifiques (assemblées nationales, gouvernements…) en faveur d’une évolution législative. Il s’est réjoui de la dynamique des processus d’harmonisation des outils qu’il faut poursuivre et consolider grâce au soutien apportée aux organisations par les États qui doivent prendre et assurer le leadership de ces processus. Il faut aussi multiplier l’expérience de la base de données régionales qui doit servir aux PMO, à TDH et aux ministères pour faire évoluer la qualité du suivi des indicateurs et des bénéficiaires. Herman Zoungrana a demandé aux uns et autres de renforcer la nécessaire coopération entre les états le cadre de l’harmonisation des systèmes de suivi/protection des enfants. Il a aussi recommandé de poursuivre le plaidoyer sur la révision des accords de coopération comme le travail de diffusion des messages clés de la protection des enfants en mobilité par la mobilisation au niveau national, des partenaires régionaux membres du GRPE et porteurs de l’initiative.

Il plaidera pour la poursuite du travail de plaidoyer auprès de la CEDEAO et des 8 pays signataires de l’accord multilatéral de protection des enfants victimes de traite.

L’enjeu actuel est de poursuivre ces différents chantiers, à travers une phase 2 du projet. A condition de bien terminer la phase actuelle, a souligné Herman Zoungrana.

Envoyée spéciale

M. A. TRAORE

Source : Essor

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