PROGEBE : LES ACQUIS A CAPITALISER

Les expériences et les réussites du Mali en matière de préservation et de conservation du bétail ruminant endémique pourront profiter à d’autres pays

bocary treta ministre developpement rural rpm

Modibo Sangaré, conseiller technique au ministère du Développement rural, a présidé mardi la 7è et toute dernière session du Comité de pilotage du Projet multinational de gestion durable du bétail ruminant endémique (PROGEBE). C’était en présence du coordinateur national du projet, le Dr Ousmane Traoré, entouré de ses proches collaborateurs, des administrateurs et des représentants des bénéficiaires.
Le PROGEBE a été financé, voilà 6 ans, par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), la Banque africaine de développement (BAD) et le gouvernement pour un montant de 6,5 milliards Fcfa. Son objectif sectoriel est de contribuer à la réduction de la pauvreté et au renforcement de la sécurité alimentaire dans une perspective de développement durable agricole en Afrique de l’ouest. Le projet a engagé des activités de préservation de la diversité biologique du bétail ruminant endémique (le bovin N’Dama, le mouton Djalonké et la chèvre naine), afin de surmonter les obstacles qui s’opposent à la conservation in situ des trois espèces concernées.
Le bétail ruminant endémique constitue un patrimoine génétique précieux, d’une grande diversité qui se trouve exposé à des menaces croissantes de dilution génétique et d’extinction. Il est représenté par des espèces et races de ruminants adaptés aux conditions écologiques et zoo-sanitaires prévalant dans la zone subhumide. Ces races concernent les animaux qui portent des gènes leur conférant une résistance aux trypanosomiases, aux endoparasitoses et aux dermatophyloses.
Du fait de la pression démographique, de la sécheresse et de l’action anthropique (déforestation, feux de brousse, etc.), et sous l’emprise du bétail exotique qui envahit son habitat naturel, les caractéristiques génétiques de ces races trypanotolérantes s’érodent de plus en plus. Malgré ces contraintes, le PROGEBE, à l’heure du bilan, a pu atteindre quelques résultats encourageants : l’aménagement de 6 aires d’abattage, la réalisation de 5 marchés à bétail, la construction et l’équipement de 3 unités de transformation de lait, la réhabilitation des infrastructures et l’équipement du laboratoire du Centre de conservation, de multiplication et de diffusion du bétail ruminant endémique de Madina Diassa et la réalisation de 70 kilomètres de pistes rurales.
La formation de 2 experts en génétique animale, les équipements de lutte contre les feux de brousse pour la protection de l’habitat naturel, l’élaboration de plans d’affectation et d’occupation des sols, l’aménagement de forêts communautaires, la création de banques fourragères, le renforcement des capacités des agro-éleveurs en gestion du troupeau, en alimentation, en habitat et gestion coopérative et le balisage de 271 kilomètres de pistes à bétail sont à mettre à l’actif de ce projet.
Les administrateurs ont recommandé la poursuite du processus de structuration des coopératives d’agro-éleveurs et promoteurs de bétail ruminant endémique en structure faîtière en collaboration avec les délégations locales des chambres d’agriculture. Ils ont également recommandé la capitalisation des acquis en vue d’alimenter la note conceptuelle du nouveau Projet d’appui à la résilience des populations affectées par la fièvre à virus Ebola des pays de la Mano river (Liberia et Sierra Léone) à travers le développement du bétail ruminant endémique au Mali. Cette réaffectation réjouit particulièrement le coordinateur du PROGEBE, le Dr Ousmane Traoré, qui reconnaît que les autres pays pourront profiter des expériences et des réussites du Mali en matière de préservation et de conservation du bétail ruminant endémique.
M. COULIBALY

source : L Essor

Vous aimez nos articles, suivez-nous

Articles similaires.