Pour se faire entendre : L’UNTM envisage des actions rigoureuses

L’évaluation du protocole d’accord signé entre l’Union Nationale des Travailleurs du Mali (UNTM), le Gouvernement du Mali et le Conseil National du Patronat du Mali (CNPM) et l’Accord de paix et de réconciliation nationale, tels étaient les deux points essentiels à l’ordre du jour de la conférence de presse tenue mardi 20 octobre 2015 et animée par son Secrétaire général, M. Yacouba Katilé. Après un long silence, la centrale syndicale juge nécessaire et utile de faire sortir les muscles pour la satisfaction des revendications. Bientôt, des actions rigoureuses seront tenues.

secrétaire général Union nationale  travailleurs  Mali (Untm) Yacouba Katilé cote maouloud ben kattraLe Secrétaire général de l’UNTM, M. Yacouba Katilé sort de son silence. Un silence qui devait permettre au Gouvernement du Mali de gérer certaines affaires surtout revendicatives de la plus grande centrale syndicale du Mali qu’est l’UNTM. Malheureusement, tel ne fut pas le cas. En se prononçant sur ces deux points à savoir à savoir le Protocole d’accord signé entre l’UNTM, le Gouvernement du Mali et le CNPM ainsi que l’Accord de paix et de réconciliation nationale, le Secrétaire général de l’UNTM voulait informer l’opinion nationale et internationale au cours de cette conférence de presse tenue à la Bourse du Travail sur la mauvaise volonté de l’Etat de faire face aux revendications syndicales.

Abordant l’évaluation du Protocole d’accord signé entre l’UNTM, le Gouvernement du Mali et le CNPM depuis le 28 octobre 2014, M. Katilé a noté que même si certains points avaient connu un début d’exécution, d’autres restaient toujours dans l’expectative.

Aux dires du Secrétaire général de l’UNTM, si certains des points d’accord ont été appliqués ou sont en cours d’exécution mais beaucoup d’autres n’ont pas connu un début d’application dont des doléances essentielles comme la diminution du taux de l’ITS, l’intégration des contractuels dans la fonction publique et le principe d’une augmentation du salaire au niveau du secteur privé.

Concernant le paiement des droits des travailleurs compressés de l’HUICOMA, Hôtel Azalaï Tombouctou, COMATEX, SMECMA et ITEMA, le gouvernement oppose un niet catégorique sous le prétexte que lesdits droits ont été payés sur la base d’un protocole transactionnel signé avec les compressés et que ces derniers auraient renoncé à réclamer tout autre droit. Pour l’UNTM, les sociétés citées ci-dessus ne sont pas parties prenantes de ce protocole et leurs travailleurs n’ont rien signé pour renoncer à leurs droits et le gouvernement ne possède aucun document dans ce sens. Si pour les banques, il y a eu satisfaction dans l’application des conventions collectives signées mais celles des chauffeurs et conducteurs routiers sont en souffrance. Aussi, la Centrale syndicale demande la poursuite de l’application d’autres conventions.

Le secrétaire général de l’UNTM invite le gouvernement à publier le bilan de la privatisation. Pour noyer le poisson dans l’eau, les autorités veulent passer des cabinets d’études pour faire ce bilan à la place des cadres compétents et valables de la fonction publique.

Accélérer la relance du secteur postal et procéder à la libération des 10% du capital de la SOTELMA au personnel avaient été demandées. Et l’UNTM reconnaît que la libération des 10% du capital de la SOTELMA est effective mais déplore cependant que l’Etat n’ait jamais dégagé les moyens financiers pour la relance du Secteur postal pour lui permettre de diversifier ses activités.

  1. Katilé pense aujourd’hui qu’il harmoniser et rehausser le montant des différentes primes en élargissant les primes de zones aux autres secteurs d’activités de la Fonction Publique, les primes de logement, les frais de missions des chauffeurs.

 

Point de divergence entre l’UNTM et leurs interlocuteurs

Pour l’UNTM, il s’agissait de respecter les termes des recommandations de la grande Commission mise à cet effet autour de l’harmonisation des indemnités et des primes. Le gouvernement a fixé des primes pour les hauts cadres  de l’Administration (membres des cabinets, Conseillers…). Un acte de clientélisme politique quand on sait que l’Administration est politisée et récompense rarement les plus méritants.

Aussi, l’UNTM avait demandé l’établissement d’un plan de carrière en faveur des fonctionnaires, l’intégration des contractuels occupant les emplois permanents dans la fonction publique (santé et éducation).

Sur ce point, le Gouvernement s’est empressé à une relecture prenant en compte la loi relative à la régionalisation qui est une revendication politique.

La loi n°2014-049 du 19 septembre 2014 est une application des Accords de mai 2011. Mais, il faut noter que ce n’est qu’en 2015 qu’il y a eu les plans de carrière de la Santé et des Affaires Etrangères.

Il faut rétablir les responsables syndicaux lésés dans leurs droits tout en protégeant leurs actions dans les entreprises telles que : Aéroports du Mali, BCS, Hôtel Rabelais, Miselini, Métal Soudan, BETRAM-SA. Certaines de ces situations datent des années 1990.

 

Revendications prioritaires de l’UNTM non satisfaites

Les points 2 sur le relèvement de la valeur indiciaire, 4 sur le relèvement du salaire minimum, 5 sur l’augmentation des allocations familiales, 8 sur le relèvement à la hausse du salaire au niveau des EPIC et EPA, 9 sur la baisse des loyers des maisons à usage d’habitation, objet de la loi n°2015-036 du 16 juillet 2015 mais dont l’effectivité sur le terrain est attendue et 10 sur l’abandon de l’augmentation unilatérale des tarifs d’eau et d’électricité demeurent aujourd’hui, aux dires du Secrétaire général de l’UNTM des revendications éteintes, à cause de leur application.

Cependant, le point 3 relatif à la diminution du taux de l’Impôt sur les Traitements et Salaires (ITS) n’a pas jusqu’à présent connu un début de solution car n’est pas effective sur la feuille de paye, malgré l’accord entre les différentes parties sur une réduction de 8%. Non seulement, aucune ordonnance ne l’a soutenue comme prévu, encore moins une loi.

Ce point sur la réduction du taux de l’ITS, selon l’accord conclu, devrait être conclu avant le 31 décembre 2014 et mis en application en Juillet 2015 comme d’autres points. Il s’agit d’une revendication prioritaire pour l’UNTM qui considère qu’elle a suffisamment patienté.

La sécurité des travailleurs sur tout le territoire surtout au nord du pays demeure l’une des préoccupation de l’UNTM raison pour laquelle elle refuse d’accompagner le gouvernement dans la mise en œuvre de l’Accord de paix car tous les jours, des fonctionnaires maliens tombent sous les balles criminelles.

Les points 11 concernant le maintien et le renforcement de l’UMPP, 12 sur la maîtrise des prix des denrées de première nécessité, 13 sur la restitution et la protection des parcelles d’expérimentation de l’IER, 14 sur la régulation du fonctionnement des bureaux de placement, 15 sur la relecture des contrats miniers, 16 sur la non-satisfaction des conventions 88, 142, 181 et 155 et 17 sur la participation des travailleurs aux conseils d’Administration des entreprises privées et parapubliques (nécessité recommandée dans un dialogue social véritable), sont, entre autres, des Accords que le gouvernement n’a pas cru devoir appliqués malgré la signature de ses négociateurs.

Malgré la signature de l’Accord de paix et de réconciliation nationale signé le 15 mai et parachevé le 20 juin 2015, l’UNTM constate avec l’amertume que la crise du Nord perdure toujours.

Le bureau que dirige aujourd’hui M. Yacouba Katilé, après une large concertation avec les unions régionales, avait donné son opinion  officiellement aux autorités compétentes. Une opinion qui n’a pas été malheureusement prise en compte.

Le 1er mai 2015, dans son discours, le secrétaire général a fait des propositions de sortie de crise. Des propositions parvenues le 05 mai 2015 dans la plus grande discrétion et avec respect à l’opposition et à la mouvance présidentielle.

C’est devant l’indifférente de la mouvance présidentielle que l’UNTM a fait la présente déclaration. L’expression de la volonté patriotique et nationaliste de l’UNTM de dire à l’opinion nationale et internationale la pensée des travailleurs du pays. Pour sauver le Mali, renforcer la paix, construire l’avenir de la nation et l’UNTM sera, comme par le passé, au-devant de ce combat.

Pour la sortie de crise, la centrale syndicale appelle l’union de tous les fils du pays. Comme vient de prouver l’histoire récente du pays qu’unis les peuples peuvent faire leur destin.

 

Youssouf SANGARÉ

source : Le Malien

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