Pèlerinage 2015 : les vérités de Mahmoud DICKO

Hier, vendredi, 02 octobre 2015, s’est tenue à la grande mosquée de Bamako, la prière collective en la mémoire des martyrs maliens lors du rite de la lapidation à Mina. Suite à une énorme bousculade, des centaines de pèlerins ont perdu la vie dont des dizaines de Maliens, piétinés ou asphyxiés.

Mahmoud Dicko chef haut conseil islamique stade 26 mars Bamako Mali

Cette cérémonie a été marquée par un coup de gueule du président du Haut conseil islamique, Mahmoud DICKO qui, après avoir indiqué que les morts maliens sont des bienheureux car ils sont morts sur le chemin de Dieu, a ensuite dénoncé la responsabilité humaine à travers les plus de 160 agences qui ont vu le jour uniquement à la faveur du hadj.

En effet pour Mahmoud DICKO, la multiplication des agences de voyages exclusivement fonctionnels qu’au moment du hadj dénote de la vénalité des promoteurs au détriment de la sécurité et du confort des pèlerins.

En effet, de nombreux pèlerins dénoncent depuis des années les conditions difficiles dans lesquelles ils ont effectué le hadj du fait de la mauvaise organisation des agences de voyage. Ceci est totalement inacceptable. On ne peut pas prendre l’argent des pèlerins (plus de 2 millions de FCFA/personne) et ne pas s’occuper d’eux dans un pays où plus deux millions de personnes sont réunies chaque année pour le pèlerinage. C’est cette vérité que Mahmoud DICKO a dite au Président de la République, droit dans les yeux.

Le président du Haut conseil islamique en a profité pour dénoncer la misère généralisée dans laquelle vit la majorité des Maliens et a appelé le chef de l’Etat à une reprise en main de la situation pour soulager ses concitoyens.

En vérité, il est trop tôt pour accuser les agences de voyages dont on ignore le degré d’implication dans le drame de Mina. En revanche, les autorités saoudiennes ont mis en cause la responsabilité des autorités maliennes sans qu’on sache exactement en quoi. S’il s’agit d’un problème d’organisation ou de manquement à la discipline et aux consignes données alors et la filière gouvernementale et les agences de voyages auraient des comptes à rendre sur leurs responsabilités dans le drame de Mina.

Cependant le plus difficile reste l’impossibilité d’établir une liste définitive des victimes, des disparus et des blessés. Cela n’est pas imputable aux autorités maliennes mais à l’incapacité des Saoudiens d identifier les pèlerins concernés. Cette situation est insupportable pour les familles qui n’ont aucune information sur leurs parents ou proches. Et le fait qu’on parle de centaines de disparus maliens laisse croire que le bilan de 60 à 79 victimes n’est que malheureusement provisoire.

La cellule de crise mise en place par le Gouvernement du Mali communique très peu. Sans doute a-t-elle des difficultés à s’informer du fait que les Saoudiens semblent dépassés par le drame de Mina. Les difficultés sont réelles et la gestion d’une telle crise peut demander encore quelques temps qui seront très longs pour ceux qui attendent de connaître le sort de leurs parents. Il faut donc prendre son mal en patience et prier pour que la centaine de disparus figure parmi les milliers de blessés admis dans les hôpitaux saoudiens.

En attendant, le Président de la République a promis de mettre de l’ordre dans les agences de voyages s’occupant du hadj. Il faut ici plus que des mots et des promesses. Si des agences ont commis des fautes, elles doivent être sanctionnées. Pour cela une évaluation s’impose afin de situer les responsabilités de chacun. Il est seulement regrettable qu’il aura fallu ce drame et la colère de Mahmoud DICKO pour que le Président de la République prenne la mesure de la situation du hadj. Un Gouvernement doit prévenir d’autant plus qu’il existe un ministère exclusivement destiné au culte. Quoi qu’il en soit, IBK sera attendu au tournant pour le hadj 2016. Et il n’aura aucune excuse car le peuple entier est témoin de ce qu’il a dit.

 

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