Opérations de maintien de la paix : DE LA NECESSITE DE PRENDRE EN COMPTE LE GENRE

Les femmes et les jeunes filles paient un lourd tribut aux différents conflits qui secouent notre continent. Cela est essentiellement dû à leur statut dans nos sociétés. Dans certains cas, elles sont massivement violées. Dans d’autres, elles sont utilisées comme des instruments faisant partie de la tactique de guerre. La question du genre doit donc être une priorité dans les opérations de maintien de la paix.

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L’Ecole de maintien de la paix vient ainsi d’abriter un stage de formation sur la question. Les stagiaires ont reçu vendredi leurs diplômes au cours d’une cérémonie dans la salle de conférence de l’établissement. Parmi les officiels présents, il y avait le ministre de la Promotion de la famille, de la Femme et de l’Enfant, Mme Sangaré Oumou Ba, le directeur des études de l’EMP, Phillip Kleb, le directeur de stage, le colonel Bakary Kanouté.

Ce stage francophone  a réuni 26 stagiaires dont 15 femmes. Vingt d’entre eux sont des civils. Les autres étant des militaires ou paramilitaires. Les  bénéficiaires de la formation viennent de 14 pays : Bénin, Côte d’Ivoire, Togo, Comores, Madagascar, Burkina Faso, Mali, Guinée, Centrafrique, Mauritanie, Niger, Sénégal, Tchad, Cameroun.

La formation leur a permis de renforcer leurs capacités par la prise de conscience, l’acquisition de connaissances et de compétences pratiques pour la mise en œuvre de l’approche genre dans les opérations de maintien de la paix.

Ce stage apprend à identifier et éliminer les politiques et comportements discriminatoires et inégalitaires basés sur le sexe à tous les stades du processus de paix en vue de l’instauration d’une paix durable.

Le directeur de stage, le colonel Bakary Kanouté, s’est dit convaincu que la participation massive de femmes et de jeunes aux opérations de maintien de la paix mettra fin à cette marginalisation des couches les plus vulnérables dans la prise de décision à tous les niveaux et contribuera aux conditions d’une paix durable et équitable pour tous après les crises. A cet égard, une attention particulièrement doit être portée, de son point de vue, au renforcement des capacités des femmes et des jeunes pour une participation réelle et efficace. Mais le vrai défi reste le changement de comportement et d’attitude de chacun d’entre nous dans un monde africain encore conservateur.

Mme Mensah Antoenne, ancien ministre et député au Togo, a fait remarquer que les gens ont tendance à croire que le genre est synonyme de femme. Ce qui est inexact. « C’est plutôt un concept dans lequel les hommes et les femmes se retrouvent pour gérer au mieux leur cité », a-t-elle expliqué.  « Et cette formation nous a permis d’apprendre que  l’absence criarde des femmes  au sein des opérations de maintien de la paix posait d’énormes problèmes. Nous avons le devoir de faire un grand écho des enseignements que nous avons reçus ici », a-t-elle conclu.

Intervenant à la cérémonie de fin de stage, le ministre de la Promotion de la Famille, de la Femme et de l’Enfant a fait un bref rappel des événements qui  ont plongé notre pays dans la plus grave crise de son histoire récente. Elle a surtout insisté sur les souffrances  endurées par femmes pendant l’occupation des régions du Nord. D’autres responsables du département ont exposé les actions menées pour soulager les souffrances des femmes pendant et après la crise.

F. NAFO

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