Naissance de Malidjama, un réseau de compétences et de talents

Le réseau Malidjama a été lancé à Paris le samedi 9 mai 2015, en présence de Mangal Traoré, Consul général du Mali en France et d’Oumar Keïta, ambassadeur délégué permanent du Mali auprès de l’Unesco. Abraham Sidibé, président de Malidjama, a rendu un hommage global aux victimes des catastrophes naturelles, des guerres, du terrorisme et particulièrement aux victimes de la crise au Mali et à ceux qui, à la quête d’une vie meilleure, ont péri en Méditerranée.

Mangal traore consul ambassadeur general mali france paris

Le réseau Malidjama est le projet commun d’un groupe d’entrepreneurs économiques, artistiques, sportifs et universitaires maliens vivant en France, à qui il est apparu évident que l’union de leurs expériences renforcerait le rayonnement de la diaspora. Ce réseau de compétences est appelé à devenir un club d’idées, d’initiatives entreprenantes et de rencontres  qui permettra à tous les Maliens talentueux, où qu’ils vivent dans le monde, de promouvoir l’entreprenariat dans leur pays de résidence et au Mali. Malidjama se fixe comme objectif de réunir les forces vives de la diaspora, tant dans le milieu des affaires que dans le milieu artistique, afin de promouvoir l’excellence des Maliens de l’extérieur et de favoriser leur intégration socio-économique par la formation et le travail.

Par le biais de conférences et d’évènements, Malidjama sensibilisera l’opinion à toutes les questions relatives au développement humain et culturel de la diaspora. Malidjama n’entend évidemment pas se substituer aux structures qui existent déjà en France et ailleurs. Dans le respect de l’ancestrale entraide malienne, le réseau travaillera avec celles qui, dans un esprit d’échange et de réciprocité, sont prêtes à mutualiser leurs compétences.

Séga Goundiam, chercheur, consultant et membre du réseau Malidjama, a détaillé les défis que celui qui rêve de succès doit relever. Pour entreprendre et réussir, il faut d’abord avoir une idée qui, par son originalité et sa légitimité, sera reconnue digne d’intérêt dans un contexte donné. Ensuite, il est nécessaire de réunir les compétences pour concrétiser cette idée, c’est-à-dire savoir faire appel à des talents complémentaires pour constituer une équipe capable de gagner. Les chances de réussite sont évidemment augmentées quand on possède l’embryon d’un financement. Le tout doit bien sûr s’inscrire dans l’environnement réglementaire et légal. Ce qui est d’ailleurs simple et clair en France, mais qui, comme chacun le sait, est plus aléatoire et nébuleux lorsqu’il s’agit d’entreprendre au Mali.

Aucune idée ne pourra être matérialisée si la gestion n’en est pas rigoureuse. C’est souvent là que le bât blesse dans le milieu malien, car on ménage d’abord volontiers sa petite et sa grande famille. Impatience et réussite font rarement bon ménage. Entreprendre est un combat de longue haleine qui demande un effort soutenu pendant longtemps et une capacité d’adaptation à la rapidité du monde actuel. Entreprendre n’est facile pour personne, mais entreprendre quand les gens pensent que vous «venez d’ailleurs» est encore plus complexe, que ce soit dans le milieu purement économique, ou dans le milieu artistique.

Si l’idée est remarquable, elle sera bien accueillie, car c’est la qualité et l’originalité de l’idée qui seront considérées et évaluées et non l’appartenance culturelle de celui qui l’a eue. Savoir faire est une chose, mais faire savoir en est une autre. Tout entrepreneur, quel que soit son domaine, ne doit surtout pas oublier de faire connaître ce qu’il fait. Les médias, les réseaux existent, il faut s’en servir, mais on doit savoir donner de sa personne et aller soi-même à la rencontre de ceux qu’on cible, consommateurs ou public d’évènements culturels et sportifs, pour les convaincre sans relâche de la qualité de ce qu’on leur propose.

Le dernier frein à l’esprit d’entreprise au sein des diasporas est ce qu’on appelle le plafond de verre, ce plafond invisible qui impressionne, qui empêche de grimper. Ceux «venus d’ailleurs» ne s’autorisent pas certains domaines, car ils les estiment, même inconsciemment, inaccessibles, et, même parfois, réservés aux autres. Sans doute d’abord par manque de confiance en soi, mais souvent parce qu’une ou deux tentatives se sont soldées par un échec cuisant. Séga Goundiam a terminé son intervention en soulignant l’intérêt d’un réseau comme Malidjama dont le maillage de compétences pourra, à terme, renforcer ceux qui y auront été accueillis. Mais, il est conscient que le réseau devra, lui aussi, passer de l’idée à la concrétisation.

Des questions ont été posées. Des témoignages ont été apportés. La contribution de Moriba, membre de Malidjama, a donné espoir à ceux qui rêvent d’entreprendre. Né au Mali,  il est en effet aujourd’hui à la tête de  «Moriba, Saveurs d’Afrique, marque spécialisée dans la fabrication et la distribution de produits alimentaires ethniques africains». Le siège de son entreprise se trouve à Strasbourg dans l’Est de la France où il était venu étudier. Pour amener son entreprise à son rayonnement international actuel, «Moriba, entouré d’une équipe aussi passionnée que travailleuse, n’a cessé de travailler depuis 1996 pour faire connaître le concept, enrichir petit à petit l’offre, valoriser les produits, non seulement par leur qualité, mais aussi par leur packaging afin de répondre toujours aux besoins du consommateur».

Samedi dernier, ceux qui ne connaissaient pas encore les saveurs et parfums des produits Moriba ont pu les découvrir, puisqu’ils composaient  le cocktail de clôture de cette cérémonie organisée dans la grande salle du Consulat du Mali, en périphérie parisienne. Beaucoup de paroles ont été prononcées lors du lancement de Malidjama. C’est sans doute pour cela que Guimba national, lui-même membre du réseau, a d’abord égratigné de sa facétie certains discours présidentiels avant de rappeler la force de la parole qui, une fois émise, ne peut pas être rattrapée. Habib Dembélé a couronné sa prestation en racontant l’histoire de Sara qui glorifie celle ou celui qui honore son serment. «Sara, c’est le charme et le charme, c’est le gage de la parole donnée».

Françoise WASSERVOGEL

Source : Le Reporter

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