Mme Zouré Fadimata Maïga : «Personne n’échappe à son destin»

Le numéro d’aujourd’hui de la  rubrique «Ces Femmes qui comptent »  fait un zoom sur une femme au parcours élogieux. Il s’agit de Mme Zouré Fadimata Maïga, directrice générale de l’Agence nationale d’assistance médicale (ANAM).

Directrice générale de l’Agence nationale d’assistance médicale (Anam), depuis juin 2011, Mme Zouré Fadimata Maïga a occupé d’autres postes avant ce  fauteuil. Elle fut cadre de l’OPIT, de l’ONP (Office national des postes). À partir de 1996, elle sera détachée au niveau de certains départements ministériels dont le ministère de l’Intégration africaine et celui de l’Economie, où elle fut chef de cabinet.

De 2000 jusqu’à ce jour, elle évolue dans le social. Ainsi, de 2008 à 2011, elle a fait partie des membres de la commission d’organisation du cinquantenaire du Mali, présidée à l’époque par le professeur Oumar  Hamadoun Dicko. Auparavant, elle était au ministère du Développement social où elle travaillera pendant huit ans.

Séduite par la médecine, Mme Zouré a voulu faire carrière dans ce domaine.  Mais le destin en a décidé autrement. C’est ainsi qu’après un baccalauréat malien en sciences exactes, elle postule au concours d’Ingénierie en télécommunication, une filière devant être créée à l’Ecole Nationale d’Ingénieurs (ENI). Malheureusement, cela n’a pas abouti parce qu’il n’y avait que quatre admis sur toute l’étendue du territoire national, un nombre jugé insuffisant après le concours organisé en vue de la création de la filière. Elle part alors effectuer son cycle universitaire à l’école multinationale supérieure des postes de télécommunication en Côte d’Ivoire qui forme des cadres internationaux.

Après des années de service, elle est sollicitée par l’Office national des postes (ONP) pour faire un master en management financier (ESTM), lequel a été financé par la Banque mondiale. Veuve d’un Burkinabé Issa Zouré, un douanier à la retraite, Mme Zouré est mère de 4 enfants dont un garçon.

Chaque service a ses difficultés, et celui de Fadimata ne fait pas exception à la règle, surtout avec la crise politico-sécuritaire que notre pays a connue. Malgré tout, la directrice générale et ses collaborateurs donnent le meilleur d’eux-mêmes pour satisfaire les usagers du service. Le droit à la santé étant fondamental pour tout Malien, ils mettent les bouchées doubles afin de préserver la santé des Maliens.

À la question de savoir comment arrive-t-elle à concilier la vie de foyer et celle professionnelle, Mme Zouré est formelle : «Nous nous sommes battues, nous avons dit que nous sommes les égales des hommes, autant ils sont des pères de famille autant nous sommes des mères de famille. Si les hommes arrivent à concilier les deux vies, il n’y a pas de raison que nous ne puissions pas nous organiser à pouvoir concilier les deux vies». Cette femme battante évolue aussi dans la sphère politique et milite au sein de l’Adéma où elle occupe le poste de première vice-présidente des femmes. Elle est par ailleurs la 2ème secrétaire aux relations extérieures de la direction dudit parti politique.

Avec de telles responsabilités, sa présence constante sur le terrain est vivement souhaitée, qu’elle assure d’ailleurs avec brio, grâce à Dieu, au soutien et à la compréhension des membres de sa famille. D’ailleurs, elle-même, Mme Zouré Fadimata Maïga, encourage les femmes à travailler durement. «Depuis les indépendances, les femmes se battent pour se hisser au même niveau que les hommes. Mais cela nécessite un surplus de sacrifice, un surplus de travail», affirme-t-elle. D’autant plus qu’elle croit dur comme fer que «Quand la femme faute une fois, elle a la même sanction que l’homme qui faute trois fois. Cela est pour dire que nous devons savoir où mettre les pieds, savoir ce qu’il faut pour nous les femmes».

Mme Zouré Fadimata Maïga tient également à dire à la jeune génération que «la vie n’est pas facile surtout pour les femmes et qu’il y a énormément de défis à relever, qui demandent un dépassement de soi et beaucoup de patience ». Car, croit-elle, «à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire : il nous faut donc de la patience».

Mme Zouré consacre son temps libre à ses petits-enfants. Et en véritable musulmane convaincue et pratiquante, elle fait scrupuleusement les prières recommandées quotidiennement. Mme Zouré Fadimata Maïga rend grâce à Dieu de lui avoir permis d’effectuer deux fois le pèlerinage à la Mecque.

Bintou Diarra, stagiaire

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