Ministère des transports et de l’équipement : Le retour des morts vivants

A la faveur du remaniement ministériel du 11 avril dernier et l’arrivée du ministre Mamadou Hachim Koumaré à la tête du Département des transports, de l’équipement et du désenclavement, c’est le retour des morts vivants qui semble se profiler.

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Le 11 avril dernier, Moussa Mara forme le deuxième gouvernement de l’ère IBK. C’est Mamadou Hachim Koumaré qui hérite de l’important et stratégique ministère de l’équipement et des transports auquel on a ajouté le désenclavement. Il n’est un secret pour personne que dès lors qu’un nouveau locataire arrive à la tête d’un département ministériel, les cadres assiègent ce ministre. Chacun tente sa chance. Certains n’y vont pas par quatre chemins, ils élisent domicile au cabinet et au logement du ministre. Ils tissent amitié avec le chien, les aide-ménagères et les hommes à tout faire du nouveau ministre. Ils font la courbette et le lèche-sandales de l’épouse du ministre. Les plus aptes à ce genre de bassesse et d’avilissement, ce sont ces cadres-là mêmes qui ont spolié ou continuent de spolier l’Etat, mis en place des clans pour se servir en espèces sonnantes et trébuchantes au niveau de leur direction, recruté leurs parents et amis et ceux de leurs épouses, ces cadres-là mêmes qui ont des dossiers au contrôle d’Etat. Ecartés des affaires publiques, il y a peu, ils comptent encore signer leur come-back et se hisser au sommet de l’administration en tissant des relations avec les nouveaux venus, leurs épouses et, souvent, leurs enfants.

Puisque c’est du ministère en charge des Transports qu’il s’agit, les Djibril Tall et Mamadou Koné pensent que leur heure a encore sonné. Mais personne n’a encore oublié que c’est le premier qui a mis à terre la Direction nationale des transports pendant que l’autre suçait l’Anaser jusqu’aux os.

Des cadres véreux qui s’affichent ostensiblement

Les agents de la DNT et de l’Anaser en savent long sur les agissements de ces deux messieurs qui sautent sur tout ce qui bouge. Même les familles avoisinantes de ces hauts cadres peuvent en témoigner. A Faladié, pour Djibril Tall, et Hamdallaye, pour l’ex DG de l’Anaser, les familles seraient horrifiées par le comportement peu orthodoxe de ces anciens directeurs. Selon certaines indiscrétions, le défilé de petites filles a cessé à la DNT et à l’Anaser avec le départ de ces cadres. Départ ? Oui, ils avaient perdu leur poste de responsabilité, donc leurs privilèges, sous l’ancien régime. Mais le clan du champ et le grin du vendredi soir se sont reconstitués aussitôt après l’arrivée du ministre Mamadou Hachim Koumaré, un ségovien bon teint comme Djibril Tall et Mamadou Koné.

Lorsque M. Tall était directeur national des transports, il négociait lui-même les postes avec les cadres et autres agents, selon des critères bien définis, liés très souvent à l’appartenance politique ou la provenance régionale. Les directeurs régionaux, les directeurs des entrepôts, les chefs de postes frontaliers des entrepôts, les experts et inspecteurs de permis de conduire, tous doivent s’engager devant M. Tall. Sur ce point, il ne badine pas. On se rappelle que certains auraient été relevés de leur poste parce qu’ils auraient omis de payer quelques mois de cotisation à M Tall. Ces agents et cadres sont encore en activité à la DNT, et pourraient témoigner qu’au deuxième mois de non-paiement, Djibril Tall vous rappelle au téléphone, pour le premier avertissement.

En outre, on se rappelle que c’est à l’époque de M Tall que les bordereaux manuscrits auraient fait leur apparition à la DNT. En fait, il aurait permis aux agents de façon officielle de s’adonner à la corruption. Les dossiers sont bloqués dans les armoires, les usagers sont orientés intelligemment à donner des dessus de table (puisque c’est flagrant et presque tout le monde s’y met). Quand tu donnes de l’argent, ton dossier est mis dans un bordereau manuscrit et immédiatement M Tall signe le dossier. Les agents gagnent les sous et en retour, Djibril Tall est servi royalement. Les régularisations de dossiers de cartes grises se font à la pelle, le comble est que c’était une charmante dame qui pilotait cette sale besogne, alors qu’elle n’a aucune qualification et n’occupait pas un poste officiellement. Il suffisait pour cela de banquer correctement et votre cas est régularisé.

Djibril Tall, un traître ?

La même dame a son fils qui a fait un stage aux entrepôts du Mali au Ghana pendant 5 ans aux frais du Mali. C’est la période où la débauche a atteint son paroxysme et la DNT ressemblait au marché rose du petit soir.

Le ministre doit se renseigner sur la manière dont M Tall a mené les projets de construction des entrepôts en Guinée, les bureaux de la Direction de Koulikoro, de Niono et de Dioïla. Faites un tour, monsieur le ministre, et vous serez édifié. De même, comment le fonds Trie était géré sous la direction de Djibril Tall ? Autant de faits qui orienteront le ministre Koumaré.

Pour parvenir à ses fins, M Tall fait intervenir les marabouts et imams que le ministre connait depuis sa tendre jeunesse. La belle-famille et les amis d’enfance ne sont pas en reste. On se remémore le temps de la transition où Djibril Tall se serait personnellement occupé des soins de santé d’un parent du capitaine Amadou Haya Sanogo. Des féticheurs auraient intercédé en sa faveur pour qu’il demeure à son poste. Serait-il pour autant loyal envers tous les Ségoviens ? Non, selon les mauvaises langues qui n’hésitent pas à le qualifier de traître parce qu’il a quitté le Cnid de son frère Mountaga Tall pour le Mouvement citoyen puis le Pdes. De plus, l’homme possèderait les cartes de membre de l’URD, du RPM et des FARE. Au cas où…

Quid de Mamadou Koné, ex DG de l’Anaser ?

Tout le monde se rappelle comment M Koné a été relevé de son poste de Dg de l’Anaser. C’est au temps du ministre Mamadou Coulibaly, des Transports et des Infrastructures Routières qu’un contrôle effectué par l’inspection des transports avec le concours du Contrôle Général des Services Publics a mis à nu la mauvaise gestion de M Koné.

Surfacturations, achats effectués mais non justifiés, emplois pour faire plaisir au PDES. A part les fonctionnaires, tous les contractuels sous l’heure Koné étaient parachutés et n’avaient pour la quasi-totalité d’entre eux aucune notion de sécurité routière. Des recrutements fantaisistes pour satisfaire l’égo du prince du jour. L’effectif pléthorique de l’Anaser est dû à cela. Des frères et beaux-frères recasés à Bamako et à Sikasso. Le rapport du contrôle est disponible et le ministre Koumaré, s’il veut être orienté, doit le réclamer.

Il avait proposé la nomination d’une adjointe, alors que celle-ci n’est ni fonctionnaire, ni conventionnaire, ni contractuelle, ni rien. Elle n’avait pas de numéro matricule mais percevrait une prime de 1. 050. 000 FCFA à la fin de chaque mois. M Koné a accordé des primes de monture à des agents qui ne disposent pas de véhicules, donc ne peuvent pas effectuer des déplacements pour le compte de l’Anaser. Le beau-frère de M Koné, sitôt recruté à l’Anaser, a bénéficié d’une nouvelle moto au détriment des autres agents. Le même mois, la moto a été déclarée volée. Mais à l’Anaser, personne n’est dupe. Une nouvelle moto lui été offerte la semaine suivante. Le carton d’eau minérale Diago aurait été facturée entre 8000 et 9000 F Cfa. Lors d’une cérémonie de l’Anaser à l’Ecole Mamadou Konaté, dans la précipitation, ce sont les t-shirts portant les couleurs du Pdes qui ont été acheminés dans ce groupe scolaire par les soins de l’Anaser. Heureusement, avant l’arrivée du ministre, le DG a apporté les bons t-shirts. Tout le monde a été gêné.

Des cadres de mœurs légères

En moins de deux ans à l’Anaser, il se serait offert 15 hectares de terre derrière Kati. Sur ce champ, c’est le véhicule d’un cadre qui lui aurait été retiré pour l’affecter aux travaux champêtres. Cela s’est passé au vu et au su de tout le monde. Ah, que le Mali était bon !

Le Mali était bon et notre DG aurait besoin d’argent. Pour satisfaire une libido particulièrement exigeante, disent ses détracteurs. Selon lesquels, il serait un véritable coureur de jupons qui louerait les services d’un de ses proches collaborateurs pour se fournir en tendres compagnes et assouvir ses appétits sexuels. Ami d’enfance du DG, ce collaborateur n’avait pas la langue dans la poche et taquinait souvent son ami et patron sur les « hauts faits » de ce dernier.

Un relent de régionalisme

Le relent de régionalisme créé au ministère des transports semble persister. Les cadres du ministère, en effet, se sentent ignorés par le nouvel arrivant. Le ministre Koumaré douterait de tous les directeurs nationaux et généraux, et semble perpétrer les mauvaises habitudes semées là-bas avant son arrivée. S’il ne change pas sa façon de faire, il ira droit dans le mur, nous confie un cadre. A peine nommé, ce ministre n’aimerait pas la contradiction ou une opinion contraire à la sienne. Il mépriserait les cadres même dans la manière de s’adresser à eux ou de communiquer. L’atmosphère serait irrespirable au cabinet, le ministre ne sachant pas mettre ses collaborateurs en confiance, étant agressif dans son langage, nous confie un autre cadre sous couvert de l’anonymat.

Dans son cercle restreint, on dit qu’il souhaiterait relever tous les membres du cabinet et tous les anciens directeurs nationaux. Il semble chercher les cadres de sa région, celle de Ségou. Des concertations auraient lieu au cabinet et au domicile avec les cadres du ministère des transports qui sont originaires de la région de Ségou.

Djibril Tall sera-t-il le prochain Secrétaire Général du Département et Mamadou Koné le tout prochain directeur national des transports ?            

Possible, surtout que eux-mêmes seraient à la base des rumeurs distillées ça et là sur leur prochaine nomination.    Même que le futur probable Segal aurait déjà ciblé les cadres qui doivent être relevés. Il ne se cacherait plus et aurait entamé des démarches pour la formation du cabinet du ministre Mamadou Hachim Koumaré.

Mais la question qui taraude plus d’un est celle-ci : quel intérêt le nouveau ministre aurait-il de s’attacher les services de cadres aussi contestés ?

Selon les mauvaises langues, Mamadou Hachim Koumaré serait avant tout à la recherche de cadres sachant où trouver de l’argent, comment le dépenser sans laisser de traces. Mais surtout, comment s’enrichir le plus rapidement possible, le poste de ministre étant éphémère. Il semble que le ministre semble avoir trouvé. Djibril Tall et Mamadou Koné ont la réputation d’être deux larrons, facilement achetables, qui ont une riche et avérée expérience dans la gestion controversée des deniers publics. Et, cerise sur le tô, ils sont originaires de la même région que le ministre et sauraient se taire d’autant plus qu’ils ne manqueraient pas de se sucrer au passage.

Affaire à suivre                             

C. T

 

source:le pretoire

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