#MaTransition : la refondation, c’est aussi un espace scolaire et universitaire paisible

La violence gagne de plus en plus du terrain dans l’espace scolaire et universitaire. Chaque année, des parents d’élèves pleurent leurs enfants morts ou blessés. Les autorités de la transition doivent poser les bases d’un espace scolaire paisible.

 

La violence dans l’espace scolaire et universitaire est une réalité bien connue de tous les Maliens ou presque. En plus de la baisse de niveau, la violence au sein de l’espace scolaire et universitaire est devenue la goutte d’eau qui a fait déborder le vase déjà plein à ras bord. Ces dernières années, les armes à feu, les machettes, gourdins et les stupéfiants sont aussi devenus une composante naturelle de l’école et de l’université.

Ces  lieux de recherche du savoir sont devenus le théâtre d’une violences sans précédent.  Sur la « colline du savoir », siège des universités, presque chaque année on déplore des violences impliquant les étudiants. Très souvent, s’affrontent des clans rivaux d’un comité de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM). A chaque épisode de violences, la question de la dissolution de l’AEEM revient sur toutes les lèvres.

Mettre l’ecole sur les rails de l’excellence

L’AEEM n’a pas bonne presse auprès des populations à cause des violences au sein de l’espace scolaire et universitaire. Ce syndicat étudiant, qui a pour mission la défense des intérêts des élèves et étudiants, est devenu aujourd’hui un nid de cancres qui sèment la terreur. Certains, au sein de l’opinion publique nationale, plaident pour la dissolution totale de cette association. D’autres proposent son « recadrage » afin de mettre l’école malienne sur les rails de l’excellence.

Les autorités en place doivent trouver les moyens pour sécuriser l’espace universitaire.  Le milieu doit être protège par les forces de l’ordre. Lors d’un débat télévisé sur la chaine nationale Office de radiodiffusion télévision du Mali (ORTM), le coordinateur national de l’AEEM, Moussa Niangaly, a proposé « la mise en place d’une unité spéciale pour la protection de l’espace universitaire ».

Pourtant, l’ancienne ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Assetou Founè Samaké, avait fait adopter à l’Assemblée nationale, en juin 2018, un projet de loi dont l’une des dispositions mettait en place une police administrative dans les universités et grandes écoles. Bien qu’elle soit salutaire, cette mesure semblait plus s’attaquer aux conséquences qu’aux causes qui sous-tendent la violence dans les espaces universitaires au Mali.

Dissoudre l’AEEM ?

 » L’AEEM n’est qu’un bouc émissaire. Le problème ce sont les milices créées au sein de l’école, comme on a créé des milices dans la région de Mopti. Et vous savez très bien que ces gens au sein de l’AEEM sont soutenus. » Oumar [email protected] #ConversationsCitoyennes

— Bokar Sangaré (@sankis68) October 31, 2020

 

En outre, le mouvement étudiant est accusé d’être noyauté par les politiciens. Certains de ses membres usent de leur réputation au sein de l’association pour se mettre au service des politiciens. Par conséquent, ce phénomène encourage le banditisme. Oumar Mariko, membre fondateur de l’AEEM, s’oppose sa la dissolution.  Lors d’un débat organisé par l’Observatoire citoyen sur la gouvernance et la sécurité (OCGS) et diffusé sur la chaine de télévision Africable, il a été on ne peut plus clair : « Je suis contre la dissolution de l’AEEM. Parce que ce sont les milices au sein de l’école qu’il faut dissoudre, pas l’AEEM. » Selon le président du parti Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance (Sadi), la violence qui persiste dans le milieu universitaire est le fait des politiques.

« Je suis contre la dissolution de l’AEEM. Parce que ce sont les milices au sein de l’école qu’il faut dissoudre, pas l’AEEM » Oumar Mariko#[email protected]

— Bokar Sangaré (@sankis68) October 31, 2020

 

Pour ma part, en dépit des propositions faites pour débarrasser le secteur éducatif de cette violence récurrente, les nouvelles autorités de la transition doivent adopter des mesures drastiques qui peuvent dissuader les plus récalcitrants. Autrement, les parents d’élèves et d’étudiants ne finiront pas de compter les morts et soigner leurs blessés. Le « Mali nouveau » demeurera une utopie tant que ce problème persistera.

Source : Benbere

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