Mali: l’UNTM lance un ultimatum au nouveau Premier ministre de transition

Au Mali, le nouveau Premier ministre de la Transition Choguel Maïga a rencontré les syndicalistes de l’UNTM mardi. La première centrale syndicale du pays porte depuis des mois une série de doléances.

Le cas des travailleurs compressés des anciennes entreprises d’État, l’harmonisation des grilles indiciaires pour les salaires des fonctionnaires, les primes et indemnités accordées à certaines catégories… sont autant de doléances portées par les syndicats. Les relations avec l’ancien gouvernement étaient notoirement mauvaises. Le second coup d’État du 24 mai dernier a d’ailleurs eu lieu en pleine période de grève, une grève que l’UNTM a suspendue depuis, à cause justement de ce nouveau putsch, pour ne pas ajouter au chaos général.

C’est donc dans ce contexte tendu que le nouveau Premier ministre a tenté de rassurer les leaders syndicaux. Y est-il parvenu ? Choguel Maïga s’est personnellement déplacé à la Bourse du travail de Bamako, initiative « appréciée à sa juste valeur », assure le communiqué de la Primature, qui précise que le nouveau Premier ministre de la Transition entend « œuvrer pour l’apaisement du climat social ».

Du côté de l’UNTM, les conclusions sont plus nuancées. Ousmane Traoré, secrétaire de l’UNTM en charge des questions économiques, explique notamment ses craintes liées à la composition du nouveau gouvernement.

« Il y a d’autres syndicats dans le gouvernement. C’est les syndicats les plus ouvertement opposés aux revendications du l’UNTM. Nous pensons au ministre de l’Éducation et au ministre de la Justice qui sont hostiles à certaines de nos revendications, ils l’ont publiquement dit. »

Également sollicitée, l’UNTM affirme avoir refusé d’intégrer le nouveau gouvernement, arguant que ce n’est pas le rôle d’un syndicat. Surtout, et déjà, l’UNTM pose un ultimatum au nouveau Premier ministre.

« Notre attente ne dépassera pas les dix prochains jours après le premier conseil des ministres. Et puis le mot d’ordre de grève, ça n’a pas été levé, ça a été suspendu. Donc si dans les dix jours qui arrivent il n’y a pas d’actes forts, l’UNTM s’assumera par rapport à ses revendications. »

Il y a trois semaines, l’UNTM avait suspendu son mouvement en raison du second coup d’État. Une grève interprofessionnelle et illimitée.

RFI

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