Mali : Le redressement du pays, passe par le renouveau de l’homme malien

La déliquescence de la société malienne, est due, en grande partie, aux comportements individuels. Pour résoudre le problème actuel du pays, les Maliens doivent porter le changement en eux.

mali drapeau

Voilà presque deux ans qu’Ibrahim Boubacar Kéita surnommé « IBK » a été porté à la tête du Mali. Son élection est le résultat de la volonté d’une majorité de Maliens de voir les choses aller autrement. Ils (les Maliens) ont porté leur choix sur « IBK » à cause de l’image de « fermeté » que l’homme s’est construite quand il occupait les fonctions de Premier ministre sous l’ère Alpha Oumar Konaré, premier président démocratiquement élu en 1992. Comme chef du gouvernement, Ibrahim Boubacar Keïta a su gérer la crise scolaire et les grèves qui paralysaient le Mali, réprimant durement les grévistes. Il a, également dû, ferrailler contre les opposants au régime. Ce tempérament « autoritaire » fait de lui, le candidat à la présidence le mieux placé, en 2013 au lendemain du coup d’Etat qui a renversé le régime de Amadou Toumani Touré, pour résoudre les problèmes du Mali.

Un pays plongé dans une crise multidimensionnelle

En janvier 2012, une offensive des rebelles touareg dans le nord du Mali, soutenue par des groupes criminels et des djihadistes, fait basculer le pays dans l’horreur. Pour certains, c’est l’effritement de l’autorité de l’Etat et la fuite de responsabilité des autorités, qui sont à la base de cette « invasion terroriste ». Pour d’autres, c’est la dégradation des valeurs humaines, qui a amené tout ce malheur.

Avant l’invasion des régions du Nord par les groupes rebelles et terroristes, la moralité de l’homme malien, était déjà mise en doute : vol, corruption, escroquerie… sont devenus la passion de certaines personnes. Cette dégénérescence s’est vite répercutée au niveau de la gestion des affaires publiques. Les ressources de l’Etat sont pillées par ceux-là qui sont chargés de les protéger. Le jeu politique est devenu malsain. La religion, souillée par de faux adeptes, est devenue une arme de destruction massive.

La vraie guerre qui vaille d’être menée aujourd’hui, est celle dans/sur les esprits. Et c’est un combat individuel. Que chaque Malien accepte de se remettre en cause et changer ses mauvaises habitudes. C’est en cela que le changement tant chanté et aspiré, deviendrait réalité. Une fois que ce changement interne en soi, est effectif, le changement apparent, lié à notre cadre de vie, va suivre.

IBK, la main sur le gouvernail

Malgré la crise provoquée par l’insécurité dans les régions du nord du pays, malgré la pression d’une communauté internationale au jeu trouble, malgré une classe politique et une société civile amorphes, IBK garde la main sur le gouvernail comme pour dire que le bateau malien peut tanguer, mais ne chavirera pas.

Après avoir engagé le processus de paix et de réconciliation à travers la signature d’un accord entre les parties en conflit, IBK peut se rendre désormais sur les chantiers du développement. Sa récente tournée dans la région de Sikasso, au cours de laquelle, de nombreux chantiers ont été ouverts, en dit long sur la volonté du président de ne pas se laisser distraire par les « ennemis » de la paix au Mali. Le programme politique pour lequel il a été élu Président, IBK compte bien l’exécuter. A son actif déjà, plusieurs succès : le regroupement des principaux protagonistes de la crise malienne, sur une table de négociation ; la signature d’un accord de paix qui trace la voie à suivre pour sortir de la crise ; le renforcement de la démocratie par la création d’un statut particulier de l’opposition ; la lutte engagée contre les prédateurs du foncier ; la lutte engagée contre les fossoyeurs de deniers publics ; le rétablissement des liens avec les PTF ; la création d’emplois pour les jeunes ; l’assainissement de la ville de Bamako… Il convient toutefois de souligner qu’à l’état actuel (crise sécuritaire oblige) il est difficile de percevoir ce changement, les esprits étant occupés par les attaques répétitives des groupes armés et les interminables élucubrations de la communauté internationale sur la crise malienne.

Il appartient aux Maliens de prendre leur destin en main en s’unissant contre les « ennemis » du pays. Face au danger qui menace la cohésion sociale, le développement du pays, l’avenir de nos enfants, les Maliens doivent se dresser comme un seul homme et affronter l’ennemi. Les divisions sur nos différences politiques, religieuses, ethniques, renforcent l’ennemi et met à mal la survie du pays.

Tièmoko Traoré 

 

Source: Le Pouce

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