Mali/Guinée Conakry: le chemin de l’intégration : Va-t-on vers une nouvelle Fédération, une intégration ou une fusion ?

Le Mali va-t-il tenter encore une deuxième fois le fédéralisme avec un autre pays de la sous-région, bien malin qui peut prédire l’avenir. En tout cas, après une première expérience avortée, les esprits, les Communautés ou mêmes les responsables sont-ils préparés à cela. Rien n’est moins sûr.

 

En attendant que la lumière soit faite sur cette page douloureuse de l’histoire commune entre le Sénégal et la Mali, chacun rejetant la responsabilité de l’échec de la Fédération sur l’autre, l’idée de fédération est en train de faire son chemin là aussi entre le Mali et la Guinée Conakry. Si d’aucuns s’accordent à dire qu’au- delà de l’histoire et de la géographie, le Mali et la Guinée partagent bien plus que cela.

La notion de fédéralisme ou d’intégration existerait déjà dans la pratique entre les deux peuples en raison de plusieurs faits naturels comme l’utilisation de la même langue, l’existence des liens de mariage entre les populations, l’existence de champs et de placers exploités collectivement de part et d’autre de la frontière sont-ils des éléments suffisants pour être accompagné par la volonté politique.

Sur le plan institutionnel, des exemples d’entraide mutuels entre nos deux pays sont multiples, l’envoi par exemple, par le Mali, d’un contingent pour appuyer l’armée guinéenne pour défendre la souveraineté du pays, dans les années 1970, quand la Guinée était alors agressée par les troupes portugaises. L’épidémie Ebola 2014 avec la fermeture des frontières de l’espace Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et le refus du président Ibrahim Boubacar Kéita (IBK), alors président de la République de souscrire à cette injonction de fermeture de la frontière entre les deux (02) pays alors que l’épidémie d’Ebola était en pleine expansion. La participation des ministres maliens au Conseil des ministres en Guinée, en septembre dernier, a été un évènement largement commenté et apprécié par l’opinion publique malienne et guinéenne.

L’organisation par l’artiste malien, Salif Keïta de la semaine de l’intégration a été une occasion à Kourémalé du Mali et de la Guinée Conakry de jauger les esprits sur la tendance vers l’intégration ou la fusion. L’enregistrement de l’émission phare de l’Office de radiodiffusion télévision du Mali (ORTM) «Top Etoile» à Siguiri, au mois d’octobre 2022, a été probablement l’un des signes d’ouverture les plus tangibles que de plus en plus les mentalités sont en train de se forger à cette volonté. Mais certains au contraire pensent que la propagation de telles idées et l’organisation successive d’évènements à caractères culturels ne sont pas des éléments suffisants pour déclencher un processus d’union ou de fusion.

Selon les experts, la marche vers un destin commun ou disons le chemin de l’intégration dépend de plusieurs paramètres techniques non négligeables parmi lesquels il y a les critères de convergence économique qui sont essentiels pour réussir une fusion entre deux (02) pays. Les principaux défis à cette intégration sont la différence de monnaie, les abus et les tracasseries vécus par les communautés de la part des forces de l’ordre sont des actes qui peuvent fragiliser le projet d’intégration.

Quant aux opportunités, on peut citer par exemple le bornage de la frontière entre les deux (02) pays, l’organisation régulière des rencontres transfrontalières entre les autorités des régions frontalières sont également des occasions d’échanger sur les problèmes ressentis par les communautés des deux (02) côtés de la frontière et les solutions pour les juguler. L’existence du port de Conakry à moins de 1 200 km de la capitale malienne est une sérieuse opportunité que les deux (02) pays peuvent saisir pour mieux développer le secteur. Oui à l’intégration mais donnons-nous le temps pour minimiser les risques d’échec.

B.S

Source : L’Inter De Bamako

Vous aimez nos articles, suivez-nous

Articles similaires.