Mahmoud Dicko, leader religieux : « moi, comploter avec la France contre le Mali ? C’est un montage grossier que personne ne croira ! »

Avant même sa sortie médiatique annoncée pour le 28 novembre dernier, l’imam Mahmoud Dicko fait, déjà, le buzz. Accusé d’avoir eu une rencontre sécrète avec l’ambassadeur de France au Mali, au cours de laquelle, il aurait été chargé de déstabiliser le Mali. Une grave accusation, à l’issue de laquelle l’imam Dicko a bien voulu s’expliquer.
Dans cette interview, qu’il nous a accordée, le week-end dernier, il s’en défend. Et s’attaque aux autorités de la Transition qu’il accuse de lui avoir tourné le dos. Sans, dit-il, qu’il ne sache trop pourquoi. Lisez plutôt !

 

Bonjour y’a imam. Pourquoi votre sortie médiatique du 28 novembre dernier ?

C’était, d’abord, pour répondre à certaines accusations qui, il faut dire, m’ont indigné. Ensuite, pour mettre les autorités actuelles en face de leurs responsabilités.

Quelles sont ces accusations, qui vous indignent ?

Vous imaginez ! C’est à quelques heures de ma sortie médiatique, annoncée pour le 28 novembre prochain que certains m’accusent d’avoir rencontré, clandestinement, l’ambassadeur de France au Mali. Lequel, disaient mes détracteurs, m’aurait confié une mission spéciale : celle de déstabiliser le Mali.
Qui pourrait croire cela, au regard de tout ce que j’ai entrepris pour faire partir IBK ?
Qui l’aurait cru, après tout ce que nous avions entrepris pour faire partir IBK ?

Donc, le départ du pouvoir d’IBK était le seul motif de votre entrée en politique ?

Pas du tout ! L’objet de notre lutte était de ramener la bonne gouvernance au sein de nos institutions.

Alors, pourquoi après la chute d’IBK, vous êtes retourné dans votre mosquée, plutôt que de poursuivre la lutte politique que vous avez entamée depuis quelques années auparavant ?

Après le départ d’IBK, réclamé par la quasi -totalité des Maliens, je croyais venir pour moi l’heure de faire une pause.

Avec le recul, que constatez-vous aujourd’hui ?

Je me rends compte que le changement, tant souhaité, est encore loin, très loin.

Pourquoi ?

Parce que je me rends compte que pas grand chose n’a changé.

Que répondez-vous à ceux qui vous accusent d’avoir eu une rencontre sécrète avec l’ambassadeur de France, auprès de qui vous auriez reçu de nouvelles instructions pour mettre le Mali à feu et à sang ?

Dieu m’est témoin, que cette rencontre n’a jamais eu lieu. A plus forte raison, recevoir de lui de nouvelles instructions pour déstabiliser le Mali. C’est absurde !

Vous avez dit, « le pays où on ne s’écoute pas, où on ne se soutient pas, est destiné à s’effondrer ». De quel pays parlez-vous ?

Je parle bien du Mali, compte tenu de certains évènements qui s’y sont déroulés, récemment ?

Pourquoi avez-vous choisi ce moment précis pour lancer vos activités, surtout en ce moment où nos autorités sont sous sanctions de la CEDEAO ?

Cette sortie était programmée bien avant ces sanctions de la CEDEAO ?

Mais, aujourd’hui notre pays est sous sanction de la CEDEAO. Difficile, donc, de dire que la coïncidence est fortuite.

Chacun peut dire ce qu’il veut. Mais pour nous, il n’y a aucun lien entre les deux.

Comment jugez-vous vos rapports avec les autorités de la Transition ?

Que voulez-vous que je vous dise ? Je n’ai aucun lien avec les autorités de la Transition. Je fais comme tout le monde : j’ouvre les yeux et je regarde. Mais, cette fois-ci, nous avons décidé d’agir pour le bien du pays.

Certaines personnes vous accusent d’avoir comploté avec la France, contre le Mali. Que répondez-vous à ces accusations, somme toute, graves ?

Mes accusateurs ne me connaissent pas . Sinon, ceux qui me connaissent, ou qui me pratiquent, n’oseraient jamais sortir de telles accusations de leur bouche. C’est ahurissant, tout de même. Personne ne croira mes accusateurs, qui semblent venus d’un autre monde.

Propos recueillis par Le Mollah Omar

Source : Canard Déchainé

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