Lutte contre les violences basées sur le genre : grande mobilisation a Mopti pour l’adoption d’une loi

L’on ne cessera de le rappeler : notre pays a signé et ratifié plusieurs conventions internationales relatives à la protection des femmes et des filles. Malgré ces engagements, cette couche de la population continue de subir des violences de tous genres, dans les familles, à l’école et sur les lieux de travail.

stop violence conjugal acte sexuel femme bagarre agression

Pour sensibiliser la population et les autorités sur cette situation, les responsables du projet Justice, Prévention et Réconciliation (JUPREC) et ses associations partenaires viennent d’organiser une série d’activités dans le cadre d’une initiative intitulée « 16 jours d’activisme contre les violences faite aux femmes et aux filles dans les régions de Ségou, Mopti, Tombouctou et Gao ».

Les « 16 jours d’activisme » ont été marqués par des conférences-débats sur les VBG, la diffusion synchronisée de messages et l’organisation de marches citoyennes de soutien aux actions de plaidoyer pour l’adoption de la loi contre les VBG au Mali.

Cette démarche initiée par JUPREC vise améliorer l’accès à la justice des personnes ayant le plus souffert de la crise, notamment les femmes et les mineurs, en vue d’un respect optimal de leurs droits dans un contexte de restauration de la paix et de la stabilité au Mali.

Il s’agit de faire un lobbying communautaire  en vue d’enclencher et soutenir une dynamique de plaidoyer pour l’adoption de la loi contre les VBG, mises en œuvre en 5ème région par l’Association des juristes maliennes (AJM) et le Réseau national de la jeunesse du Mali (RENAJEM).

La population de la Région de Mopti a vécu ces journées d’activisme par des messages synchronisés à travers l’organisation d’une conférence-débat sur le thème « violences sexuelles, domestiques et mariages précoces » à Konna et à Mopti avec une grande marche citoyenne.

C’est Konna, ville martyre de la reconquête de la partie nord du pays occupée pendant une journée (en janvier 2013) par les terroristes qui a abrité la première conférence, le jeudi 26 novembre. Présidée par le 1er adjoint au maire, Demba Thiamoga, cette conférence s’est déroulée dans la salle de délibération de la mairie en présence des autorités communales, des notabilités, des représentants des organisations de la société civile et de nombreuses femmes et filles de la localité.

Le vendredi 27 novembre, les habitants de la « Venise malienne » ont pris d’assaut la salle de conférence de l’Alliance franco-malienne sis au quartier Gangal où s’est déroulée la conférence de Mopti.

L’évènement était placé sous présidence du président du Conseil régional de Mopti, Moussa Allaye Cissé. Les organisateurs ont relevé le défi de la grande mobilisation. L’activité a enregistré la présence de l’ensemble des chefs de quartier, des représentants d’ONG et d’associations féminines de Mopti.

Les deux conférences ont été animées par Mme Sangaré Maïmouna Traoré, la coordinatrice régionale de la Clinique juridique de Mopti, Mme Koné Fatoumata N’Tio Diarra, experte communautaire et Amadou Yalcouyé.

Les animateurs ont développé le concept de la violence basée sur le genre tout en mettant un accent particulier sur la nécessité de la lutte contre le mariage précoce, une pratique très courante dans la Région de Mopti.

La dernière activité a été la marche citoyenne organisée le jeudi 10 décembre dans le cadre de la célébration de la Journée universelle des droits  de l’homme. La marche qui a drainé du monde est partie du terrain scolaire de Gangal pour aboutir au gouvernorat où ils ont été accueillis par le conseiller aux affaires administratives et juridiques du gouverneur, Abdramane Tangara. A celui-ci, il a été remis une déclaration dont lecture avait été donnée auparavant par le coordinateur régional du RENAJEM, Sory Traoré. Le conseiller aux affaires administratives du gouverneur avait à ses côtés l’ensemble des chefs de quartiers de Mopti et des chefs de services.

Dans le document, les organisations de la société civile de Mopti attirent l’attention des autorités sur les 4 principes  du droit universelle de l’homme et les droits de l’enfant : le droit de ne pas être soumis à la discrimination, le droit à la vie et à l’intégrité physique,  le droit à la santé. Elles sollicitent le soutien indispensable pour l’aboutissement du processus d’adoption d’une loi contre les VBG au Mali.

D. COULBALY

Amap-Mopti

Source: Essor

Vous aimez nos articles, suivez-nous

Articles similaires.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *