Litige foncier à Dialakorobougou : Le préfet de Kati Baye Konaté sur la sellette

Le problème foncier plus que la crise du nord reste le principal goulot d’étranglement de nos Autorités. Après le scandale de Kalabanbougou, la préfecture de Kati est à nouveau sur la sellette. Et pour cause, le préfet projette de mettre dans la rue les occupants des 300 logements de Dialokorobougou. Des chefs de familles qui se sont endettés auprès des banques pour échapper aux affres de la location. Face à la situation, le collectif  des déguerpis  de Tieganafouga, des recasé pour la plupart sur les dites parcelles,  sont déterminés à donner leur poitrine au bulldozer qui viendra casser leur dernier espoir.

« Les autorités marcheront sur nos cadavres, quant elles viendront pour nous évacuer de nos demeures… », lance un habitant, très  en colère devant la situation. Selon lui, malgré les appels à la justice du ministre des Domaines et des affaires foncières, Mohamed Aly Bathily, certains s’évertuent encore à porter préjudice à des citoyens démunis comme eux. Ce différend foncier qui oppose le préfet de Kati Baye Konaté aux occupants de Dialokorobougou remonte à l’époque du président Amadou Toumani Touré, explique BMC, un enseignant domicilié à Djicoroni. Il ressort de son témoignage, qu’il a  investi 10 millions dans sa loge suite à un prêt contracté auprès d’une banque de la place : «  ce n’est pas la première fois que nous sommes victimes de spoliation, en 2012 nous avons eu le bulletin de la part de Toumani Diarra aujourd’hui ancien maire de Baguineda qui nous autorisent à mettre en valeur le site de Tieganafouga , mais à notre grande surprise, l’assemblée nationale est entrée dans la danse pour nous faire comprendre que le site appartient aux députés de la nation. Nous n’avons opposé aucune résistance, puisqu’il s’agit des élus de la nation. En compensation nous avons demandé qu’on nous donne un autre site en dépit des investissements que nous y avons effectué.

Sur instruction du ministre de l’Administration de l’époque Kafougouna Koné, le préfet de Kati Ibrahim Sylla a mis à notre disposition le site que nous occupons actuellement, que le préfet de Kati Baye Konaté menace de démolir », a-t-il expliqué les yeux rouges de colère. Selon Mamourou Sinayoko, un des occupants des lieux,  la menace a été prise au sérieux quand des agents sont venus de Kati pour numéroter les bâtiments sortis de terre. Face à la menace nous avons mandaté, Hamidou Diarra d’aller à la rencontre du préfet de Kati pour plus d’explications a-t-il ajouté. Celui-ci a effectivement rencontré le préfet Baye Konaté, dit-il, avant d’ajouter que le préfet leur a demandé d’aller voir  Moussa Camara le chef des domaines de Kati, qui à son tour leur a reçu. Au cours des échanges qui en ont suivi, le chef des domaines leur a montré une décision qui autorise la démolition  de leur demeure, ce qui en ajoute à leur colère. « Et, Camara d’ajouter il y a plusieurs sites qui seront concernés. Comme seule réponse, le préfet Konaté nous a dit que la décision est venue d’en haut. Mustapha Diop  membre du collectif furieux nous a fait savoir que le site est un choix du préfet Sylla et l’administration étant une continuité nous n’avons pas pu comprendre cette brusque décision du préfet de Kati. » a-t-il poursuivi.

Mais, selon d’autres informations, le site proposé par l’ex-préfet Sylla a été utilisé par la famille Doucouré comme champs depuis 1972. A en croire Doucouré fils, c’est en 1983  que les autorités ont pris la décision d’octroyer un plan d’aménagement à cette parcelle.  En 2009, a-t-il poursuivi l’Etat a sorti la décision No 346CKTI- DOM  portant purge des concessions rurales ayant fait l’objet de retrait à Dialakorobougou et Mountougoula. « Quand le pouvoir nous a approchés pour nous faire savoir que c’est des déguerpis qui occuperont le site nous avons accepté car il faut être un criminel pour accepter voir des semblables dormir dans la rue » dit-il.  Mais, l’argument utilisé par ces individus, c’est que c’est la commune V qui a un titre sur le site.

Et le hic est qu’au moment où les déguerpis occupaient les lieux, il n’y avait pas de titre. Mais, juste une lettre délivrée par l’ancien maire de Baguineda  Toumani Diarra sur instruction du préfet de  Kati.  Alidji  Ibrahim Maiga professeur de son Etat membre du collectif est encore plus tranchant : « nous avons un permis de construire délivré par le même préfet Baye Konaté, qui veut qu’on quitte les lieux. Dans l’autre site que nous avons abandonné nous avons investi 200 millions et nous avons tout abandonné par souci d’apaisement. Mais qu’on ne nous pousse pas à bout », a t-il prévenu. Et, lui de poursuivre « nous sommes 1350 familles dans cette situation et sur les 15 hectares qu’on devait recevoir nous n’avons eu 3 hectares soient 52 lots. Et tout ce que Baye trouve à dire ce que le site a été donné sous la pression de Amadou Aya, or les lots ont été octroyés en présence des députés Mamadou Cissé et Nathanael Dembelé   »,    a-t –il expliqué.  Pour le collectif on ne démolit pas comme ça il y a des procédures à suivre, a t-il conclu.

Badou S. Koba 

 

Source: Tjikan

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