Lien entre aménagement du territoire, décentralisation et réorganisation territoriale : L’Adéma-Association se penche sur la question

Au début des années 1990, la République du Mali s’est engagée dans la préparation et la mise en œuvre d’une réforme de décentralisation de la gestion publique. Les deux grandes ambitions qui portent cette réforme majeure de la 3ème République sont, d’une part, l’approfondissement du processus démocratique en construction et la promotion d’une approche de développement portée par les acteurs locaux, d’autre part. Ces deux grandes ambitions étaient articulées autour du défi majeur de la réforme de l’Etat/Nation centralisé, d’inspiration jacobine, en place depuis l’accession du pays à l’indépendance et qui a fini par montrer toutes ses limites.

sy Kadiatou Sow militante adema

Conscient de cette réalité, l’Alliance pour la démocratie au Mali (Adéma-Association) a organisé, à la Pyramide du Souvenir de Bamako, une conférence-débats dont le thème portait sur : «Aménagement du territoire : lien avec la décentralisation et la réorganisation territoriale.

Cette importante rencontre qui était placée sous l’égide de la présidente de l’Adéma-Association, Mme Sy Kadiatou Sow, a enregistré la présence d’éminentes personnalités telles Cheaka Abdou Touré, représentant spécial de la Cédéao au Mali, Mahamane Touré, Ali Nouhoum Diallo, Boubacar Bah dit Bill, et celle du conférencier Chirfi Moulaye Haïdara…

Dans son mot introductif, Mme Sy Kadiatou Sow dira que aménagement du territorial, décentralisation et réorganisation territoriale sont trois questions importantes pour un développement harmonieux et durable sur tous les plans. Surtout en ce moment où se déroulent les pourparlers inter-maliens en terre algérienne entre le gouvernement et les groupes armés du Nord du Mali.

Pour sa part, le conférencier, Chirfi Moulaye Haïdara, a fait un bref rappel sur le concept Aménagement du territoire avant d’aborder les acquis et faiblesses, le fondement conceptuel de l’aménagement du territoire et a fait des propositions.

De cette conférence-débats, l’on retiendra tout simplement que la gestion centralisée des affaires publiques n’a pas favorisé la participation des populations aux choix politiques, institutionnels et économiques. Cette situation a fini par engendrer des frustrations dont les manifestations les plus courantes sont : l’incivisme, l’hostilité, voire l’indifférence des populations et souvent des rébellions armées ou passives.

Les processus de démocratisation engagés dans la décennie 1990 ne sont pas le seul facteur qui fonde l’émergence des expériences actuelles de décentralisation dans le continent. Il est de plus en plus admis aujourd’hui que l’efficacité de la gestion publique peut s’accroître avec la mise en place et l’implication des pouvoirs locaux. Les institutions de proximité peuvent constituer un puissant relais pour promouvoir les initiatives locales et mobiliser les ressources humaines et financières disponibles à ce niveau.

Cependant, la réforme de décentralisation ne doit pas être réduite à une simple opération d’addition d’entités administratives locales aux entités administratives existantes, c’est coûteux et inefficace. La réforme implique donc un profond réaménagement du dispositif de gestion publique d’où la redéfinition des missions, de l’organisation, du fonctionnement et de la répartition des moyens financiers et humains.

La mise en œuvre de la décentralisation doit être pensée comme un processus de longue durée. Les principes directeurs, qui devraient la guider, doivent nécessairement émerger d’un dialogue national qui mobilise l’ensemble des acteurs sociaux et territoriaux. Pour avoir une chance d’atteindre les objectifs qui lui sont assignés, la réforme doit être mue d’une volonté politique lisible au plus haut niveau de l’appareil de l’Etat (pour éviter qu’elle ne s’embourbe dans les «marécages» des préalables à satisfaire) ; et d’une approche inclusive dans le choix des orientations, des objectifs et de la modalité de mise en œuvre. Aucune catégorie d’acteurs de la société ne doit être laissée en marge.

Ajoutons que samedi prochain, il y aura une autre grande conférence-débats avec comme invités des officiers supérieurs de l’armée à la retraite, des anciens ministres, du représentant du ministre de la Défense…Thème choisi : «Quelle nouvelle armée pour le Mali ?»

 

Bruno E. LOMA

Source: Le Reporter

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