Libération des voies publiques de Bamako : IBK apporte un soutien total et massif à Ami Kane !

Lors d’une réunion d’urgence tenue le lundi au gouvernorat de Bamako au sujet de l’opération de déguerpissement en cours à Bamako, les représentants des groupements des commerçants, les leaders religieux, les chefs de quartiers de Bamako, les familles fondatrices de Bamako et les maires de Bamako, ont renouvelé leur soutien à la gouverneure à continuer l’opération. Le président de la République lui-même y a apporté son soutien total et massif.

controleur general sacko aminata kane policiere Gouverneur bamako

Depuis trois semaines, la gouverneure de Bamako, à la demande des plus hautes autorités, a entrepris une grande opération de libération des voies publiques. Des voies publiques prises d’assaut par des installations anarchiques.

Cette opération, si elle est saluée par une frange de la population qui tient à la propreté de la capitale,  ils sont aussi nombreux ceux (surtout du secteur informel) qui la désapprouvent pour plusieurs raisons.

Certains qualifient l’opération de ‘’sauvage’’ pour la seule raison qu’il n’y a pas eu, en amont, assez de sensibilisation des occupants.  Aussi, il se trouve que nombreux sont les occupants des voies publiques qui disposent, en bonne et due forme, des autorisations des mairies, même s’il s’agit des autorisations temporaires pour la plupart.

Ce qui fâche d’autres, c’est la raison évoquée pour le déguerpissement, c’est-à-dire la tenue en janvier 2017,  du Sommet Afrique-France à Bamako.

D’aucuns pensent que le moment est mal choisi et que la libération des voies publiques n’est pas une priorité. Pour ceux-ci, la priorité aujourd’hui c’est la sécurisation et la  stabilisation du pays notamment le Nord.

«Ce qui m’énerve, c’est le fait qu’on  mette en avant l’organisation du Sommet Afrique- France pour justifier ces dégâts. Nos autorités font comme si  c’est pour la France que les Maliens travaillent, comme si c’est la France  qui va nourrir ceux qui ont perdu leurs commerces. D’ailleurs, quel profit les déguerpis tireront de la tenue de ce sommet au Mali ? », s’interroge Bakary Koné,  un jeune qui dit avoir voté pour IBK en 2013. Il poursuit : « j’ai voté pour IBK croyant qu’il sera l’homme qui mettra le Mali sur les rails, l’homme qui sauvera la jeunesse malienne affectée par le chômage, mais je me suis rendu compte que j’ai fait erreur sur la personne… »

Comme le jeune diplômé Bakary Koné qui s’est reconverti dans le  commerce, ils sont nombreux, les Maliens qui ne font plus confiance à IBK à cause de ses actions impopulaires, comme l’opération de déguerpissement qui est  en train de priver  des centaines de jeunes de leurs emplois, même s’il s’agit  d’activités informelles.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette opération d’Ami Kane a déjà  occasionné des émeutes au grand marché de Bamako. Ainsi, samedi dernier,  policiers et commerçants se sont violemment affrontés à coups de matraques, de pierres et de gaz lacrymogène. Bilan : plusieurs blessés dont 2 civils et 2 policiers grièvement. La  gouverneure, Ami Kane, qui était sur les lieux, aurait échappé de justesse à un lynchage des manifestants en rage.

C’est face à cette opposition énergique des commerçants que la gouverneure du district a rencontré en urgence, les patrons des groupements des commerçants du Mali, les leaders religieux, les chefs de quartiers de Bamako, les maires du district, les familles fondatrices de Bamako et les griots, afin de s’assurer de leur soutien. Tous sont unanimes sur la nécessité de poursuivre l’opération de déguerpissement. Mais ils demandent aux autorités de prendre des mesures d’accompagnement pour recaser les déguerpis. Ce qui semble être la chose la plus difficile à faire, quand on sait qu’à Bamako, il n’y a plus le moindre espace, les maires ayant tout vendu.

Moralement requinquée par  le soutien des maires de Bamako et du président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, lequel a assuré l’héroïne de son soutien total et massif, madame la gouverneure a laissé entendre que «tout est négociable sauf, l’arrêt de l’opération de déguerpissement». Selon elle, il est regrettable qu’au Mali, tout le monde prône le changement dans les discours, mais  personne ne veut changer.

Le président de la République, IBK,  a clairement  réitéré son soutien total à Ami Kane pour ce qu’elle fait. C’était lundi, au Palais de Koulouba,  lors d’une rencontre avec les femmes de la diaspora. Il s’agit là d’un message clair pour ceux qui hésitent encore de la détermination d’Ami Kane à mener,  jusqu’au bout, son «opération bulldozer».

Pour notre part, nous pensons qu’il ne doit s’agir de déguerpir pour déguerpir, mais qu’il faut un suivi régulier de la situation après l’opération et que les lieux déjà libérés soient entretenus par les maires afin d’éviter l’eternel recommencement.

Abou Berthé   

 

 

La rédaction

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