Les Coups de la vie : ‘’Ils sont partis avec notre secret’’

Je suis une dame d’une cinquantaine d’années, mariée depuis 30 ans et mère de deux enfants. J’ai rencontré mon mari quand j’étais en deuxième année à l’université de Cocody. Il était lui aussi étudiant, en année de maitrise. Nous avons vécu une galère pas possible. Il se débrouillait avec les cours qu’il donnait domicile. Il m’offrait ce qu’il pouvait. C’était un battant. Après sa maitrise, il donnait toujours des cours. Mais cette fois-ci, dans des grandes écoles. Jusque-là, c’était encore difficile puisque le salaire n’était pas régulièrement payé. Son amour pour moi était sans limite. Avant lui, j’avais connu des hommes qui me donnaient de quoi subvenir à mes besoins. Mais ils ne me respectaient pas autant que lui. Je me suis résolue à lui rester fidèle, vu tous l’effort qu’il faisait pour me satisfaire. Et cet engagement, je l’ai respecté jusqu’au jour ou nous nous sommes mariés.

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En effet, quatre ans après  sa maitrise, mon étudiant de copain m’a épousée. Il avait obtenu un poste d’administrateur financier dans la succursale d’une entreprise étrangère. Ce 14 mars-là, j’étais la femme la plus heureuse au monde .Apres ce mariage, mon homme et moi avons beaucoup voyagé. Nous avons dormi dans de grands hôtels. C’était le bonheur. Nous étions tellement heureux que la première année de notre mariage s’est écoulée sans que nous ne voyions le temps passer. Puis la seconde et la troisième. Apres ces trois années, je me suis rendue compte que je n’avais jamais eu de retard. Je ne tombais pas enceinte. Ça m’inquiétait et les beaux-parents commençaient à murmurer. Nous avons donc décidé de nous faire suivre médicalement. Les médecins n’ont détecté aucune anomalie chez moi. Par contre, mon mari a été déclaré stérile après les différents examens effectués. Ce jour-là, nous étions très malheureux. C’était comme si le ciel nous tombait sur la tête ! Je faisais tout pour réconforter mon mari. Je lui ai dit que nous pouvions adopter un enfant mais il n’entendait pas les choses de cette oreille. Il était tout simplement déçu et cela se reflétait sur son travail. Une nuit aux environs de deux heures du matin, mon mari m’a réveillée et m’a dit : “Bébé, est-ce que tu m’aimes ?“.J’ai trouvé la question stupide car durant de longues années, je pansais lui avoir témoigné mon amour. Il m’a suppliée de ne pas me fâcher, car ce qu’il allait me demander de faire nécessitait que j’ai un grand amour pour lui. Un amour qui puisse être capable de m’amener à faire l’impossible. Alors, j’ai eu peur. Je l’aimais certes, mais réaliser l’impossible, est-ce que j’en avais la capacité ? Je me suis assise. Il m’a fixée droit dans les yeux avant de me dire ceci : “Je veux que tu me fasses des enfants…avec mon cousin». CE cousin travaillait en Europe. Ils se ressemblaient comme deux gouttes d’eau et s’entendaient très bien. En plus, ils étaient des confidents. Je n’en revenais pas. J’ai même voulu le gifler, mais il a retenu ma main. Je l’ai boudé pendant près de deux mois, parce que tous les jours, il me rappelait sa proposition. Il me disait que c’était pour sauver notre mariage et son honneur. Son rêve a toujours été d’avoir des enfants. Selon lui, il avait mesuré la portée de sa proposition. A qui  allait-il léguer son héritage ? Pour lui, personne ne s’en rendait compte. Apres tout, il arrivait aux gens de les prendre, son cousin et lui, pour des jumeaux. Son cousin était pas était d’accord. A cette époque, l’insémination artificielle n’était pas encore connue en Afrique. Or nous n’avions pas les moyens de nous rendre en Europe.

J’ai réfléchi à sa proposition pendant ces deux mois et finalement je me suis dit : “pourquoi pas ?“Je ressentais aussi le besoin d’avoir un enfant à la maison .Si c’était moi qui étais stérile, je crois que je lui aurais permis de faire un enfant avec une autre femme. Mon mari aimait tellement son cousin Richard qu’il était persuadé qu’il aimerait son enfant exactement comme s’il était le sien. C’est vrai que son cousin avait beaucoup de qualité. Il était bon, jovial, gentil et très taquin.

Cependant une question me tracassait : “Et si les gens s’en rendaient compte ?“Sur ce point, mon mari m’a rassurée sur la discrétion avec lui de Richard. Ce dernier avait juré ne pas révéler notre arrangement. Même pas à sa propre femme. J’ai tenu quand même à discuter avec lui avant  de prendre une décision. Richard est venu en Cote d’Ivoire. Nous nous sommes rencontres en présence de mon mari. Il m’a suggéré de considérer que je faisais l’amour avec mon mari et que je n’avais rien à retenir de cet instant. Il voulait juste faire de mon  mari un papa. C’était tout. Donc, j’ai  accepté.

Je fus suivie avec beaucoup de précautions par le gynécologue pour établir ma période de fécondité. Je voulais que mon mari soit là lorsque nous ferions l’amour, mais il a refusé. Il ne pouvait pas le supporter. Il voulait juste que je fasse ce sacrifice pour lui. Malgré les efforts qu’il faisait, je le sentais malheureux. Je n’arrêtais  pas de lui dire que je l’aimais de tout mon cœur.

Il me répondait qu’il n’avait aucun doute là-dessus. Son cousin et moi, nous nous sommes retrouvés dans une suite de l’Hôtel Ivoire. J’étais crispée. Richard a tenté de me détendre en me taquinant. Mais il n’y avait rien à faire. J’étais bloquée dans la tète. Finalement, nous avons fait l’amour  sans préliminaires. Je ne voulais de câlins. Après j’avais honte et je me sentais sale. Le mois qui a suivi, je ne vis pas mes menstrues. J’étais enceinte. La joie de mon mari était tellement grande que je ne le reconnaissais plus. J’étais heureuse également. Je voyais mon mari se transformer. J’étais sure de l’amour qu’il aurait pour cet enfant. J’accouchai d’un garçon qui étrangement ressemblait trait pour trait à mon mari. Toute ma belle-famille était heureuse. Je venais ainsi de sauver l’honneur de mon mari. Quand l’enfant a eu trois ans, nous avons fait appel à Richard. La fécondation a encore marché. Cette fois, c’était une fille qui, elle aussi, ressemblait à mon mari.

Les années passaient et nos enfants grandissaient normalement. Mon mari et moi n’avons jamais osé parler d’eux en les liants à Richard. Ils étaient nos enfants et nous les aimions de tout notre cœur. Richard aussi ne parlait plus cette affaire. Il était l’oncle de nos enfants pour tout le monde et pour nous aussi. Nos enfants n’ont jamais rien su. Nous les avons éduques avec beaucoup d’amour. Aujourd’hui, ce sont des personnes respectables qui ont des postes de responsabilité dans leur entreprise. Il y a deux ans, Richard est mort dans un accident de la route. Sa mort nous a beaucoup  peinés. Il avait tenu parole : notre secret, il l’a emporté dans la tombe. En début d’année, mon mari nous a également quittés à la suite d’une courte maladie. A ma connaissance, lui non plus n’a jamais parlé à quiconque de ce secret. Que la terre leur soit légère, tous les deux.

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LA REDACTION

SOURCE: Le Flambeau  du   25 sept 2014.
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