Le traité sur le commerce des armes (TCA) entre en vigueur, malgré son non ratification par des grands exportateurs d’armes dont les USA

Depuis le début des années 1990, Amnesty International mène campagne, avec d’autres ONG, pour la ratification d’un Traité sur le Commerce des Armes (TCA). Cela, afin de limiter les livraisons d’armes classiques et de munitions qui alimentent les atrocités et les atteintes aux droits humains. Ce combat d’Amnestty international est en passe de porter ses fruits, par l’entrée en vigueur ce 24 décembre 2014 du TCA après sa ratification par une soixantaine de pays signataires.

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L’entrée en vigueur du TCA est, selon le secrétaire général d’Amnesty international, Salil Shetty, une avancée historique. Elle montre, a-t-il, expliqué dans un communiqué publié par l’organisation, «ce qui est possible lorsque des militants des droits humains s’engagent dans un long combat et œuvrent sans relâche pour changer une bonne idée en réalité qui sauve des vies dans le monde entier ».

Amnesty international a toujours démontré, durant sa campagne, que les conséquences négatives inhérentes à la circulation anarchiques des armes dépassent tout commentaire.

A en croire les études publiées par cette organisation, «au moins 500 000 personnes meurent chaque année, en moyenne, et plusieurs millions d’autres sont blessées, violées et forcées de partir de chez elles du fait de la faible réglementation du commerce mondial des armes et des munitions ».

Plus grave, les détails de ce commerce sont souvent entourés de secret. Mais Amnesty international indique que la valeur officielle des transferts internationaux avoisine les 100 milliards de dollars annuels.

L’entrée en vigueur du TCA permettra d’amoindrir ces conséquences. Le TCA contient des règles visant à arrêter la circulation d’armes à destination de pays où l’on sait qu’elles serviraient à commettre ou à faciliter un génocide, des crimes contre l’humanité, des crimes de guerre ou d’autres atteintes graves aux droits humains.

Rappelons que sur les 10 principaux exportateurs d’armes dans le monde, cinq font partie des 60 États qui ont ratifié le TCA : l’Allemagne, l’Espagne, la France, l’Italie et le Royaume-Uni.

Cinq autres principaux pays exportateurs dont les États-Unis, de loin le premier producteur et exportateur d’armes au monde, la Chine, le Canada et la Russie, refusent de ratifier ce traité.
A noter qu’à ce jour, 68 autres pays ont signé le TCA mais ne l’ont pas encore ratifié.
Amnesty International a assuré qu’elle continuera de faire pression pour que tous les États adoptent le TCA et appliquent strictement ses dispositions afin de sauver l’humanité.

L’organisation lance un appelle aux États-Unis, à la Chine à la Russie et d’autres pays dans toutes les régions du monde à ratifier le TCA au cours de l’année prochaine.
Rappelons qu’Amnesty ne cache pas sa déception face l’attitude des pays qui refusent de ratifier le TCA et qui poursuivent, sans crainte, leurs livraisons d’armes vers les foyers de tensions.

L’Amnesty international dit avoir constaté,  au cours de ces derniers mois, des livraisons d’armes prévues depuis les États-Unis vers l’Irak; une importante livraison chinoise d’armes et de munitions au Soudan du Sud et une série de pays fournissant des armes légères et de petit calibre au Honduras, État qui, selon les statistiques de l’ONU, présente le plus fort taux d’homicides au monde.

 

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