Le Mali : passe, présent, futur : Rébellion et crise multidimensionnelle : le passé servira-t-il de leçon ?

« Ce qui ne tue pas rend fort », dit-on. Le Mali des grands empires, des braves qui se sont donné la mort pour la gloire de ce pays, a beaucoup d’histoires fascinantes. Une des plus récentes de l’indépendance à nos jours est la crise multidimensionnelle qu’il vit actuellement. Il est rare, si non même inexistant de voir un chef d’état africain profité d’une retraite paisible. Les cas Kadhafi, ATT et Blaise sont des preuves palpables.

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La plupart d’entre eux sont morts à la suite d’un coup d’état comme Gueï Robert, Thomas Sankara ou ils se sont exilés comme ATT, Hissène Habré et d’autres ont été emprisonnés dans l’une des prisons qu’ils ont eux-mêmes construit pour des malversations et crimes commis pendant qu’ils étaient au pouvoir, Moussa Traoré, Laurent Gbagbo et j’en passe.

De 1964 à 1968 le Mali a traversé une crise économique importante qui a suscité un mécontentement au saint de la population. Profitant de cette situation, Moussa Traoré réussit à convaincre certains jeunes officiers de la responsabilité du président Modibo Keita dans la faillite de notre économie. Le 19 novembre 1968 au moment où le président Keita était en voyage à l’intérieur du pays, Moussa Traoré et ses troupes prennent le pouvoir en prétextant  que le régime de Modibo était dictatorial.

Mars 1991

Quand on retourne en 1991, l’année ou les maliens ont vécu un véritable carnage populaire par le fait que le chef de l’état a résisté à la volonté de tout un peuple qui avait décidé de mettre fin à son régime dictatorial de 23 ans.

Pour cet objectif, des milliers de maliens s’étaient mobilisés. La plupart s’étaient des jeunes lycéens et le pouvoir avait choisi la solution musclée en matant la révolution. C’est dans la nuit du 26 mars 1991 après plusieurs jours de manifestation qu’une partie de l’armée réunie en conseil supérieur de salut du peuple (CSSP)  décide de mettre un terme au massacre en mettant fin au régime du Général Moussa Traoré.

Ce mouvement en son temps était dirigé par le lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré.

Après une transition réussite à 100%, ATT organisa les élections à la suite desquelles il a passé le pouvoir à Alpha O Konaré candidat de l’ADEMA en 1992. Par cet acte, on peut dire que les hommes politiques avaient accompli leur mission de renverser la dictature.

Après deux mandats  du président Konaré, il passe le témoin à celui qui le lui a remis il y’ avait dix ans…entendez par là ATT.

Celui-ci avait remporté les élections avec brio et comme la transition de 1991 il réussit le 1er mandat. Il se présente encore à l’élection de 2007 et la remporte comme c’était prévisible. Pendant qu’il était au pouvoir il parvient à réaliser beaucoup de ses projets et a presque tenu toutes ses promesses. Chose qui le rend  plus populaire qu’avant.

Certains de nos cadres actuels voulaient même qu’il se présente pour un troisième mandat. C’est en ce moment précis que  la crise du Nord s’est déclenchée  plus précisément le 12 Janvier 2012. Dans la quête d’une solution à ce problème, il se voit renversé le 22 Mars par un coup d’Etat à un mois de l’élection présidentielle prévue pour le 29 Avril de la même année.

Hélas ! Le Mali se trouve face à un autre 26 mars.

Un coup d’Etat qui a précipité l’occupation des trois régions du Nord (Gao, Tombouctou et Kidal).

Nous voilà maintenant, d’un coup d’état à  l’occupation des régions du Nord, puis à un embargo conduisant  à la transition. Transition réussit par le président Dioncounda Traoré au prix de sa vie et en organisant l’élection présidentielle conformément à la feuille de route de la CEDAO, de l’UA et de l’ONU. Election à l’issue de laquelle est élu Ibrahim Boubacar  Keita avec plus de 77% des suffrages   pour qu’il conduise le bateau Mali à bon port.

1 ans après son élection que ce passe-t-il ?

Le coup d’état a-t-il servi à quelque chose ?

Le Mali a-t-il avancé depuis le départ d’ATT ?

Ce qui serait bénéfique, c’est d’éviter de tomber dans les pièges des hommes politiques, soutenir le chef de l’état dans sa solution de sortie de crise ou lui en proposer tout en oubliant les ont- dit et aller de l’avant dans un Mali de paix, d’unité, de réconciliation et de solidarité.

Le passé doit servir de leçon à celui qui veut se construire un futur enviable. Le passé de ce pays a fait son présent et de ce présent peut sortir un avenir meilleur pour le bonheur et l’honneur des maliens.

En faisant une analyse critique, il est facile de savoir que les rebelles Touaregs ont joué avec maturité et lucidité. C’est à- dire-faire alliance avec d’autres groupes armés contre le Mali même si les ambitions ne sont pas les mêmes. Ils ont même pu instrumentaliser certains habitants du Nord qui ont adhéré à leurs projets de partition du pays. Si c’est vrai que rien n’est impossible à cœur vaillant, tous les fils du Mali de l’intérieur comme de l’extérieur doivent conjuguer leurs efforts afin de faire la gloire de ce pays.

L’ennemi étant bien connu, debout sur les remparts, ne devrait pas être un vain mot ou une simple chanson.

Albadia Dicko

Source  :  Kaloum Info

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