Le Divorce : Un phénomène galopant à Bamako

Le mariage est un engagement légal unissant deux personnes de sexes opposés, qui se sont mutuellement choisit. Mais cet engagement a tendance à être rompu par nos jeunes couples et à perdre tout son sens dans notre société. De nos jours, le divorce est un fléau qui ravage de nombreux couples au Mali précisément en commune IV du district de Bamako. Sur 88 mariages célébrés au cours de cette année, soit de janvier à février à la mairie de la commune IV sise à Hamdallaye ACI, 63 divorces ont déjà été prononcés au Tribunal de Première Instance de la commune IV, sans compter les requêtes en cours de délibérations.

Qu’est ce qui amène les jeunes couples d’aujourd’hui à dissoudre les liens conjugaux qui les unissent? Et quels sont les effets du divorce ? Nous avons fait le tour de ces différentes questions avec un sociologue, le Professeur Daouda M Traoré, enseignant en science politique à la faculté de droit public (FDPU), de l’Université des Sciences Juridiques et Politiques de Bamako(USJPB). Selon lui, les causes du divorce du point de vue sociologique sont d’ordres conceptuels, en ce sens qu’il y’a eu un changement de comportement dans le mariage. Pour lui la cause principale c’est la façon dont, les uns et les autres conçoivent ou décident de partir au mariage aujourd’hui. A partir du moment où aujourd’hui on essaye de mettre en avant la question de l’amour, qui à son avis est secondaire dans le mariage, ce changement en est pour beaucoup par rapport aux causes du divorce. « Parce que si le mariage se fonde uniquement sur l’amour, alors c’est quelque chose d’éphémère », dit-t-il. De ce fait, ajoute le professeur, partant de la définition du mariage qui est l’union de deux communautés, la façon de partir au mariage a changé. « Au lieu que le mariage soit l’union de deux familles, on est parti aujourd’hui avec l’union de deux personnes. Le mariage a été relégué à l’individu et non à la communauté» précise-t-il. Dans ses propos, M. Traoré explique qu’une autre cause du divorce est due au fait que les parents ne préparent pas les enfants par rapport à cette union. Selon lui, l’éducation a changé dans la société, les parents et les enfants ne communiquent plus autant comme auparavant car, il y’a certaines valeurs que l’on inculquait à l’enfant avant, qu’on ne fait plus aujourd’hui. L’accent est mis seulement sur l’âge de partir au mariage, mais sans pourtant l’expliquer le contenu de cette union, dit-il. Ainsi, il dira que les enfants découvrent l’institution du mariage qui leur était méconnue. « Et même les procédures qu’on faisait auparavant, en les faisant accompagnés d’une vieille dame qui leur expliquait comment passer cette étape, on voit que cela disparait de nos jours », a souligné. M. Daouda qui estime avec regret, qu’il n’y a plus d’éducation par rapport à l’institution mariage. Le sociologue ajoute, que les effets du divorce sont multiples et surtout négatifs pour les deux parties. C’est d’abord la cessation de l’union entre deux personnes, qui envisageaient de faire une vie ensemble, a-t-il indiqué. Après le divorce, dit-il, quel que soit votre degré d’humilité, vos relations sont désormais détériorées et les familles des deux parties seront toujours en froid, pour toute une éternité. Un autre aspect, indique-t-il, est que si les conjoints ont eu des enfants au cours de leur union, alors les effets du divorce continueront sur ces derniers. « Les enfants n’auront plus l’opportunité de grandir avec les deux parents ensemble, et ça devient toujours une source de problème, car l’éducation de ces enfants restera toujours biaisée », a-t-il dit. Le sociologue indique également, qu’il y’a aussi un côté pécuniaire, en ce sens que le divorce est toujours couteux. A l’en croire, chacune des parties perd non seulement en temps, en énergie, en matériel et en argent, mais également il y’a une stigmatisation de la société qui va les suivre et qui est toujours désagréable. « Pour qu’un mariage fonctionne, il faut toujours l’acceptation de l’autre, c’est-à-dire accepter son partenaire avec ses défauts et surtout savoir pardonner et surmonter les obstacles ensemble, pour pérenniser leur engagement » a souligné l’orateur. Le professeur invite également les parents, à mieux préparer leurs enfants par rapport à cette union et à les inculquer de bonnes valeurs. Au cours de notre enquête, nous nous sommes rendus compte que sur 88 mariages célébrés au cours de cette année, soit de janvier à février à la mairie de la commune IV sise à Hamdallaye ACI 2000 de Bamako, 63 divorces ont déjà été prononcés au Tribunal de Première Instance de la commune IV, sans compter les requêtes en cours de délibérations.

Bora Cathérine KEITA, stagiaire

Source: Journal le Républicain-Mali

 

 

 

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