La prostitution à Bamako : Les servantes, devenues reines de nuits

A Bamako, presque tous les jours, on constate l’arrivée de nombreuses filles quittant les zones rurales à la recherche du travail pour s’offrir des trousseaux de mariage. Mais beaucoup d’entre elles, très passionnées de la vie citadine, viennent seulement pour en profite pleinement.

Pour avoir les moyens de se payer des trousseaux de mariage et subvenir à quelques besoins familiaux, beaucoup de jeunes filles quittent leurs villages pour les grandes villes à la recherche des travaux domestiques pour un salaire mensuel de 6000 FCFA à 10000FCFA. Maintenant pour d’autres, ces bas salaires ne représentent rien et sont loin de satisfaire à leurs besoins, virent carrément  vers la prostitution pour avoir plus rapidement et plus facilement de l’argent et en grande quantité. Rodant  dans les coins sombres, dans les bars et d’autres dans les quartiers,  ces filles  pendant les  nuits, ne
passent pas inaperçues, avec des habillements à la limite de la décence. Ces filles vont jusqu’à abandonner  les travaux domestiques au profit de ce soi-disant travail qui selon elles,  apporte plus. Ce phénomène devient  tellement inquiétant et dénature complètement ces pauvres en ce qui concerne leur identité, leur langage, les poussent à éclaircir la peau, bref  elles  se comportent comme des filles urbaines. Pire, elles vont jusqu’à  se faire appeler par des surnoms tels que : Bijou, Mamie, Aicha, La Vielle, Fatima  et bien d’autres dans le seul  but de faire disparaitre toutes  traces leur rappelant le passé qu’elles ont vécu au village, une façon de nier toute appartenance à la vie paysanne. La conséquence d’un tel comportement est fatalement les grossesses, les avortements clandestins, les infanticides, la prison.  Ces filles, par crainte de retourner chez elles en état de grossesse, une chose très grave en milieu rural, n’auront  d’autres choix que d’avorter tandis que  d’autres abandonnent  leurs  bébés dès la  naissance pour manque de moyens pour pouvoir  les élever. A notre avis ce taux de déplacement trop élevé des filles vers les villes est dû au manque de moyens et surtout au manque de sensibilisation dans le domaine de la scolarisation des enfants dans les milieux ruraux.

  Béchir Ben Haidara (stagiaire)

 

Source: La Nouvelle Patrie

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