La démocratie biaisée par des Injonctions occidentales : Une camisole de force pour les pays émergents et ceux du Sud

 

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Au nom de la défense de leurs intérêts et de leurs valeurs, de nombreux pays occidentaux dictent à beaucoup de nations une pensée unique, sous le couvert de la démocratie, l’une des valeurs chéries par les Occidentaux. La pratique quotidienne nous donne l’impression d’une démocratie à deux vitesses.

Le 30 novembre dernier, l’ancien Premier ministre de la Belgique de 1999 à 2008, M. Guy Verhofstadt, en s’exprimant le soir sur le plateau de France 24, s’est érigé en donneur de leçons aux dirigeants turcs, en matière de respect de la démocratie, condition sine qua non pour que le pays de Mustapha Kemal, puisse prétendre à une hypothétique adhésion à l’Union Européenne. Pour enfoncer le clou, l’UE a exigé de la Turquie l’accueil de dizaines de milliers de migrants syriens et afghans sur son sol, moyennant une compensation financière de la part de l’Europe. La Turquie, faute d’alternatives, a courbé l’échine en acceptant d’y donner son quitus. Elle est actuellement dans une mauvaise passe depuis la destruction dans la zone frontalière avec la Syrie,  d’un bombardier Sukhoi Su-24 de l’escadrille russe. C’était le 24 novembre dernier. Sous l’épée de Damoclès des mesures de rétorsion économiques russes, la Turquie ne pouvait que  fléchir.

Sous le couvert de la démocratie et de l’aide financière, les pays occidentaux n’hésitent pas à imposer aux pays du sud des déviances qu’ils considèrent comme des valeurs. Au cours de sa visite du 24 au 28 juillet dernier,  au Kenya, en Ouganda et en Ethiopie, le n°1 américain, Barack Obama, a demandé, respectivement à ses pairs Uhuru Kenyatta, Youweri Museveni et Maiamhaïlé, d’institutionnaliser le mariage homosexuel. Mais, ils y opposèrent très poliment une fin de non recevoir, tout en s’abritant derrière les us et coutumes de leurs sociétés, qui sont antinomiques avec le mariage homosexuel. Déjà, en mars 2014, le Premier ministre britannique avait menacé les pays africains qui adopteraient une législation hostile vis-à-vis des homosexuels. Et cela, dans des termes très clairs. David Cameron, puisque c’est de lui qu’il s’agit, avait indiqué que le Royaume Uni allait « couper son aide aux pays africains ayant une législation contre l’homosexualité ». Le chef du gouvernement britannique a peut-être dit haut ce que certains de ses homologues occidentaux pensent tout bas.

Dans une vision clairement affichée d’exporter l’homosexualité, il ne serait pas étonnant que l’adhésion à ce que  de nombreux africains continuent de caractériser comme une barbarie insupportable soit l’une des conditionnalités de l’aide publique au développement accordée à nos pays africains. Si l’homosexualité passe pour une valeur aux yeux des Occidentaux, même si le mariage homosexuel est en vigueur dans certains pays du Nord, pour nous du Sud, cette pratique jugée à l’aune de nos valeurs sociétales, rime avec une décadence morale. En matière de gestion politique de l’Etat ou des institutions, les pays partenaires occidentaux n’en finissent pas de nous rebattre les oreilles avec les vertus de la démocratie.

Mohamed Koné

 

source : Le Challenger

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