Kafougouna Koné : Mission accomplie, mon Général !

C’est de la lapalissade que de dire que le Mali perd en Kafougouna Koné un valeureux officier. La nouvelle est tombée très tôt aux premières lueurs du vendredi (saint) 10 mars 2017. Le Général est décédé en milieu de nuit à son domicile dès suite d’une maladie de longue durée. L’un des rares combats qu’il perd parce que nulle âme ne le gagne.

Comme une traînée de poudre, l’annonce de la disparition de Kafougouna a fait le tour du cercle familial, d’amis, du voisinage, du quartier, de la capitale et du pays. L’air du temps oblige : les réseaux sociaux ont contribué à « mondialiser » la nouvelle.

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Les commentaires fusent de toutes parts. Compassion, condoléances, témoignages ; tout y passe, engendrant du coup des réactions politiques, associatives et sociales.

Le président du parti Care Cheick Bougadary Traoré, s’incline devant la mémoire d’un homme qui a non seulement défendu l’intégrité territoriale de notre pays à maintes reprises en tant que soldat, mais aussi lutté pour la paix sociale en tant qu’administrateur de l’Etat. « Général Koné rentrera au panthéon des héros authentiques de notre nation. Nous n’oublierons jamais sa bravoure et sa sagesse. Nos prières l’accompagneront comme le souvenir de sa présence, de sa générosité et de son effusante amabilité », a-t-il posté sur son compte facebook.
C’est au loin depuis Ouagadougou, le cœur serré que Souleymane Koné, vice-président du parti Fare An ka wuli dit avoir appris la nouvelle du décès du Général de Division Kafougouna Koné « grand serviteur de l’Etat du Mali ». Et l’Ambassadeur de poster : « En vérité la vie publique de cet homme, ce brillant officier discret, intègre et désintéressé, se confond avec l’histoire militaire du Mali indépendant. Au cours des quarante dernières années, il fut de toutes batailles pour la défense de la souveraineté, de l’intégrité territoriale du Mali. Le Général Kafougouna Koné qui a incarné la bravoure, la loyauté et la discipline est resté un des rares repères, une référence constante au sein de l’armée malienne. Il a mérité de la patrie. Que son âme repose en paix ! »

Autre témoignage, celui de Cheickna Hamalah Sylla, directeur de publication du journal L’Aube : « 21 mars 2012, il (ndlr : Kafougouna Koné » est resté digne face à la meute qui avait envahi son domicile. Lui, contrairement à beaucoup d’officiers, avait décidé de ne pas se cacher devant la furia de la soldatesque. Non, alors que certains le conseillait de fuir, il décide de rester auprès de sa vieille maman, souffrante, alitée à la maison. En plus, l’histoire retiendra qu’il fut parmi le dernier carré de fidèles ce jour-là auprès de son fidèle compagnon Amadou Toumani Touré. Le Mali perd en lui un officier valeureux qui a honoré son serment. Jusqu’au bout ».

Au-delà des réseaux, des partis politiques se sont exprimés. Depuis Johannesburg, en Afrique du Sud, Soumaïla Cissé, président de l’’Urd et au nom de ce parti, a signé un communiqué de condoléances.
« C’est avec une grande tristesse que j’ai appris le décès du Général  Kafougouna Koné, ancien Ministre,  survenu le Vendredi 10 mars 2017 à Bamako », écrit-il.
A sa famille durement éplorée, et aux Forces armées du Mali, Soumaïla présente, au nom de L’UNION POUR LA RÉPUBLIQUE ET LA DÉMOCRATIE et en son nom propre, leurs sincères condoléances.
« L’Urd se souviendra toujours d’un Officier émérite  qui a donné le meilleur de lui-même pour défendre notre Pays », conclut le Chef de file de l’Opposition malienne. Qui bénit que le Tout Puissant l’accueille en son saint Paradis.

Pour en revenir à la vie de l’homme et à son œuvre pour la patrie, retenons qu’il est né en 1944 à Fourou (Mali).

Après des études secondaires au lycée technique de Bamako, il poursuit à École militaire interarmes (Emia).

En 1991, il est chef d’état-major de l’armée de terre au moment du coup d’État militaire d’Amadou Toumani Touré contre le régime dictatoriale de Moussa Traoré. Il est nommé ministre de la Défense pendant la Transition (1991-1992).

En 1992, il est nommé ambassadeur en République populaire de Chine.

En 2001, il est nommé délégué général aux élections Suite à l’élection d’Amadou Toumani Touré à la présidence de la république en 2002, il entre au gouvernement d’Ahmed Mohamed ag Hamani le 16 octobre 2002 au poste de ministre de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales. Il conservera ce poste dans les différents gouvernements successifs : Gouvernement d’Ousmane Issoufi Maïga du 2 mai 2004, Gouvernement de Modibo Sidibé du 3 octobre 2007. Gouvernement de Modibo Sidibé du 9 avril 2009 et Gouvernement de Cissé Mariam Kaïdama Sidibé du 6 avril 2011.

C’est à ce titre qu’il a négocié pour le gouvernement malien les Accords d’Alger à la suite de la rébellion touarègue de 2006.
L’officier (parachutiste) a été notamment commandant du bataillon des troupes aéroportées installé à Djicoroni, directeur de l’Emia et du Centre d’instruction de Koulikoro, commandant de la zone de défense N°1 de Gao, chef de division Études générales de l’État-major des armées, chef d’État-major de la Gendarmerie nationale, chef d’État-major de l’Armée de terre et chef d’État-major général des armées.
Il est nommé en 2001 Délégué général aux élections. Le général de division arbore une brochette de décorations.

Récipiendaire de la Croix de la valeur militaire, Kafougouna Koné est également Officier de l’Ordre national et Commandeur de l’Ordre national du Mali.

Depuis 2006, il est Grand Officier de l’Ordre national.

Dors en paix Général !

Sékou Tamboura

Source: L’ Aube

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