Justice: Quand le Président du SAM viole allègrement la loi

Suite à notre article paru dans notre édition N°625 du lundi 14 mars 2016, intitulé: «Front social dans la mouvance du Forum de Kidal, quand des magistrats veulent déstabiliser IBK», le Président du Syndicat autonome de la magistrature (SAM), Cheick Mohamed Chérif Koné, a réagi chez un confrère mardi dernier, à travers un droit de réponse, en  violation de la loi, notamment celle portant  Régime de la presse et délit de presse.

chahana takiou directeur journal presse ecrite 22 septembre editorialiste

D’abord, notre confrère, qui s’est prêté à ce jeu, a outragé une règle d’or de la profession, la confraternité, portant ainsi atteinte aux règles éthiques et déontologiques. S’il ne le sait pas, qu’il sache qu’un droit de réponse adressé à votre fidèle serviteur ne peut être publié que par le seul 22 Septembre. Mais nous pardonnons à notre confrère, qui a pêché par sa jeunesse et son inexpérience.

Maintenant, revenons au puissant Président du SAM, qui a violenté allègrement la loi, oubliant que lui et ses collègues rappellent à longueur de journée aux uns et aux autres, que nul n’est censé ignorer la loi. En effet, la loi 00-046 AN RM portant régime de la presse et délit de presse dispose en son chapitre 4 (de la rectification et du droit de réponse), article 26: «Le Directeur de publication est tenu d’insérer gratuitement dans les plus prochains numéros ou écrits périodiques toutes les rectifications qui seront adressées par un dépositaire de l’autorité publique, au sujet des actes de sa fonction qui auront été inexactement rapportés par le journal ou écrit périodique. Toutefois, les rectifications ne dépasseront pas le double de l’article auquel elles répondront. En cas d’inobservation, le Directeur de publication sera puni d’une amende de 50 000 francs à 150 000 FCFA».

L’article suivant précise dans avant-dernier alinéa: «La réponse ne sera exigible que dans l’édition ou les éditions où aura paru l’article». Comme vous le voyez, le Président du SAM n’a pas saisi 22 Septembre, a fortiori celui-ci n’a pas refusé de publier son droit de réponse. Ce qui est punissable aux termes de la même loi. Nous sommes respectueux de la loi et des normes qui régissent notre société.

Mais, il faut désespérer du côté Cheick Mohamed Chérif Koné, Président du SAM, qui n’a pu souffrir que nous exprimions nos opinions sur leurs doléances, que nous trouvons, une fois de plus, maximalistes. Il faut désespérer de ce magistrat, qui ignore, sinon viole, la loi. Alors, comment espérer une saine distribution de la justice si les lois sont méconnues ou combattues?

Mécontent de notre commentaire, le Président du SAM, en manque d’argumentation, s’est adonné au jeu le plus facile contre notre modeste personne, en nous insultant, à travers de vilains mots: ridicule, minable, bouffonnerie, déraison, courtisan, mauvais serviteur, calamité, ne jouissant d’aucun crédit, à la solde de, amuser la galerie, article indigeste, esprit malveillant et méchant…

L’invective, M. le Président du SAM, c’est l’arme des faibles, des esprits peu éclairés. Je vous invite sur le plan du débat vrai et non des injures, qu’un magistrat de haut rang, d’un bon niveau, devrait ne pas oser proférer en cercle restreint, a fortiori sur la place publique.

Souffrez, M. le Président, que je m’exprime sur vos doléances, que je trouve, une fois de plus, maximalistes. Souffrez que je dise que vous ne devez pas comparer le Mali au Sénégal, en termes de rémunérations des fonctionnaires, notamment des magistrats, parce que les deux réalités sont bien différentes. Souffrez, M. le Président, que je récidive en soutenant que le pays de Macky Sall est plus riche que celui d’IBK.

Souffrez aussi que je dise que le SAM aurait pu justifier ses revendications par la bonne santé de nos finances publiques, par la stabilité du régime politique, par la création ou l’augmentation de richesses. Souffrez toujours et encore que je répète que la distribution de la justice au Mali est décriée par les justiciables. Souffrez que je constate que les magistrats sont les enfants gâtés de la République, parce qu’ils sont mieux lotis que leurs formateurs, les Professeurs de l’enseignement supérieur.

Maintenant, en parcourant votre pamphlet au style douteux, avec des syntaxes et paradigmes de même hauteur, vous écrivez «Chahana Takiou passe comme une calamité, ne jouissant d’aucun crédit dans le milieu de la presse». Vous signez des contre-vérités en vous faisant plaisir. Vous portez tort aux brillants magistrats qui sont parmi vous.

En fait, vous ne savez même pas formuler des doléances. Vous faites du copier coller, en piquant les avantages du Sénégal et ceux du Burkina Faso pour en faire une compilation. Cette dernière est mise dans un cahier de doléances avant d’être déposer sur la table du gouvernement. Quelle médiocrité!

N’est pas Hamèye Founé Mahalmadane ou Fodié Touré, ou encore Adama Yoro Sidibé, qui le veut. Vous auriez pu vous inspirer du parcours, combien exemplaire, de ces magistrats, qui ont valorisé la profession, contre vents et marées, sans insulter ni dénigrer, encore moins insinuer. Autre temps, autres mœurs.

Je reviendrai sur certains aspects de votre torchon pour démontrer que vous jouez au bouffon et prouver que le Président du SAM est bien en déphasage avec l’actualité, lui qui ne voit et ne défend que ses seuls intérêts égoïstes. Oubliant que le Mali est un ensemble, dans lequel un équilibre s’impose pour la bonne marche de la société. A suivre.

Chahana Takiou

 

Source : 22 Septembre

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