Journée mondiale de la métrologie : L’AMAM exige la conformité des instruments de mesure !

Au regard de ses résultats  réalisés sur le terrain, l’Agence Malienne de la Métrologie joue sa partition pour plus d’équité dans les transactions au Mali. Au cours de la conférence de presse organisée à l’occasion de la Journée mondiale de la métrologie dont le thème de cette année est : la métrologie à l’ère numérique, la direction a passé au peigne fin, les opérations effectuées courant 2021. C’était le vendredi 20 mai 2022 à son siège à la zone industrielle de Dialakorobougou. 

La Journée mondiale de la métrologie, fêtée le 20 mai de chaque année, a toujours été une occasion pour la direction de l’Agence malienne de métrologie de renouveler ses appels à tous les détenteurs d’instruments de mesure à se soumettre à la vérification de conformité. Cette date marque l’anniversaire de la signature de la Convention du mètre en 1875 par les représentants de dix sept nations à Paris dans le but d’établir une autorité mondiale dans le domaine de la métrologie. Le thème choisi cette année est la métrologie à l’ère numérique.

Selon le directeur, Lansina Togola, l’adoption de la technologie numérique révolutionne notre communauté en améliorant les processus et en ouvrant de nouvelles perspectives.  Cette tendance de la société est actuellement l’une des plus exaltantes et elle caractérise la mutation rapide que nous vivons au quotidien.

La communauté internationale de la métrologie, qui a pour objet de garantir l’exactitude des mesures effectuées dans le monde entier, s’applique lors de chaque journée mondiale de la métrologie, à mieux faire connaître cette science.

A en croire le directeur, les systèmes métrologiques internationaux offrent l’assurance et la confiance nécessaire nous permettant de disposer d’une base solide pour les échanges mondiaux et nous aider à préparer les défis de demain.

Cette conférence de presse a été une occasion pour l’équipe de l’AMAM de passer au peigne fin  les missions de contrôle effectuées courant l’année 2021. Missions au cours desquelles quelque 11. 128 instruments de mesure ont été soumis aux opérations de vérification primitives ou périodiques et de jaugeage. Ce qui prouve que les partenaires adhèrent d’année en année à la vision de l’AMAM surtout grâce la sensibilisation.

Malgré ces avancées, des difficultés demeurent. Ainsi la direction peine à couvrir le vaste territoire national, faute de moyens. Pour le moment, c’est la seule antenne ouverte à Sikasso qui s’occupe de  cette région. Le reste du pays est couvert par les missions de la direction.

En dépit de sa jeunesse, l’AMAM occupe déjà la troisième place dans le classement des structures performantes dans l’espace UEMOA, après le Bénin et le Burkina Faso. Cette place est le résultat d’un travail sans relâche de la direction qui loue à son tour le courage et l’abnégation du personnel.

Drissa Togola

 

Lansina Togola, Directeur de l’AMAM : «Notre ambition est l’adhésion des opérateurs à la conformité au bénéfice des consommateurs»

Le Mali a célébré le 20 mai 2022 à l’instar des autres pays, la Journée internationale de la métrologie sur le thème : «la métrologie et l’ère numérique». A cette occasion, nous avons approché M. Lansina Togola, directeur de l’Agence malienne de la métrologie (AMAM), la jeune structure chargée de cette mission au Mali. Entretien.

Bonjour Directeur, le Mali a célébré ce 20 mai 2022, la Journée internationale de la métrologie sous le thème : ‘’la métrologie et l’ère numérique’’. Quelle explication donnez-vous à ce thème ? L’AMAM évolue-t-elle déjà sur le terrain du numérique ?

A l’instar de tous les autres pays le Mali a célébré, le 20 mai 2022, la Journée internationale de la métrologie. Cette date marque l’anniversaire de la signature de la Convention du mètre en 1875 par les représentants de 17 nations à Paris dans le but d’établir une autorité mondiale dans le domaine de la métrologie.

Cette convention a effectivement établi le cadre de collaboration mondiale dans le domaine de la science de la mesure et de ses applications aux niveaux industriel, commercial et sociétal. 80 pays y ont adhéré. Ont suivi des traités pour la création du Bureau international des poids et mesures.

Ce bureau a été effectivement porté sur les fonts baptismaux  officialisant ainsi pour la première fois la coopération internationale dans le domaine de la métrologie. A travers le Bureau international des poids et mesures, la Convention du mètre venait de poser les fondements de l’uniformité mondiale des mesures dans tous les aspects de notre activité.

En 1955, l’Organisation internationale de la métrologie légale a été créée pour établir enfin un partenariat harmonieux global sur les procédures de métrologie légale. C’est ainsi que, chaque année, nous commémorons cette journée et un thème est choisi en fonction des besoins exprimés par le Bureau international des poids et mesures et l’Organisation internationale de la métrologie légale.

L’année dernière, le thème portait sur «la mesure dans le domaine de la santé». Cette année le thème porte sur «la météorologie à l’ère numérique». Aujourd’hui quel que soit le domaine que vous allez embrasser, vous faites une activité de métrologie. Certainement sans vous en rendre compte. Notre quotidien est embelli par des activités métrologiques. C’est pourquoi ce thème a été choisi. C’est un thème d’actualité.

Du côté de la presse ou du côté de la métrologie, la numérisation des données est incontournable. Elle permet à la métrologie de faire des viviers sur tout ce qui a été répertorié en termes de mesures. C’est ce répertoire qui permet à la métrologie de savoir si, d’année en année, il y a des progrès dans la recherche métrologique, dans le comportement même des humains.

Alors, on se pose la question de savoir si la métrologie impacte le comportement des hommes, celui des acteurs aux niveaux commercial et industriel. Pour preuve, depuis la création de l’AMAM, nous avons mené d’importantes activités de d’information et de sensibilisation des acteurs de la métrologie. Nous avons oeuvré pour disposer d’un vivier d’adhésion des acteurs aux activités métrologiques, c’est-à-dire à la conformité.

En quoi faisant ? En cherchant à savoir si tous les acteurs métrologiques que nous avons répertoriés et numérisés sont en train d’améliorer leur comportement par rapport aux mesures et à l’exploitation des résultats de mesures. Son concernés notamment les acteurs intervenant dans le domaine des transactions commerciales, des productions industrielles, etc.

C’est pourquoi le thème de la présente journée est bien choisi. Il nous permet  de voir si  d’année en année, l’adhésion est totale recule ou avance à partir de ce que nous avons pu numériser sur le terrain avec les acteurs de la métrologie.

Vous fêtez cette journée au moment où le Mali est frappé de plein fouet par une crise  multidimensionnelle et sans précédent. Quel appel lancez-vous à vos partenaires ?

Cette question est pertinente, parce que le Mali est d’abord frappé par une  crise multidimensionnelle qui a impacté notre économie. L’AMAM évolue dans le domaine de l’économie à travers l’accompagnement des acteurs économiques. Pour minimiser l’impact de cette crise multidimensionnelle sur l’économie, nous agissons de sorte à obliger ces acteurs à aller à la conformité dans l’utilisation de leurs instruments de mesure et dans les transactions.

Nous avons ainsi un très bon partenariat avec tous les acteurs économiques : qu’il s’agisse de ceux qui détiennent des instruments de mesure au niveau des transactions commerciales ; ceux qui font des transactions de mesures déjà en place qu’on appelle les préemballés ; ou ceux qui, à partir de leurs activités  industrielles, transforment nos matières premières en produits manufacturés. En somme, notre assistance à ces acteurs économiques contribue à minimiser, dans la mesure du possible, l’impact de la crise sur le consommateur malien.

Qu’est-ce que nous recommandons à ces acteurs ? Nous veillons chaque fois au grain de sorte qu’au niveau des transactions commerciales, les mesures soient consciencieusement faites, que l’utilisation des instruments donne des mesures fiables afin que la transaction soit équitable. Nous faisons pour que les acteurs de la métrologie prêtent une oreille attentive à ce nous leur disons. C’est pourquoi je profite de l’occasion pour remercier la presse et tous les acteurs de la communication. Je profite également de cette Journée mondiale de la métrologie 2020-2022 pour inviter tous les acteurs de la métrologie qu’ils soient dans le domaine des transactions commerciales ou dans le domaine de la production industrielle à faire en sorte que les mesures soient des plus fiables et que l’utilisation des instruments de mesure se fasse avec plus de sérieux et plus de précaution. Nous sommes disponibles à les assister pour que leur adhésion à la démarche de conformité soit réelle.

Jeune structure, entend-on dire dans les milieux d’initié, l’AMAM est  semble-t-il née avec des dents et n’a pas tardé à le prouver. Est-ce que cette affirmation est exacte ?

Cette   affirmation est fondée. Parce que nos ambitions sont à l’aune du fort   besoin d’assistance des acteurs économiques dans le domaine de la métrologie. L’Agence malienne de métrologie a été créée par l’Ordonnance 2017-014/PRM du 6 mars 2017 et le Décret 2017-0200/PRM du 6 mars 2017 qui a fixé son organisation et les modalités de son fonctionnement.

L’AMAM a commencé à travailler, après la mise en place préalable par l’Etat d’un cadre juridique de la métrologie. Ainsi la Loi 2016-001 du 4 février 2016 institue le Système national de métrologie en République du Mali. A partir de ce cadre, nous avons initié les textes d’application, notamment le Décret 2017-0884/PRM du 6 novembre 2017 fixant les modalités d’application de ladite loi. L’Arrêté 2018-2945  MCC-SG du 13 août  2018 réglemente des catégories d’instruments de mesure et le contrôle des préemballés et assimilés. Un second texte, l’Arrêté 2018-2946 du 13 août 2018 fixe les conditions de délivrance de l’agrément du fabricant, du réparateur et de l’installeur  d’instruments de mesure. L’Arrêté 2021-0587/MICPI-SG du 02 mars 2018 qui fixe le taux des redevances dû aux travaux métrologiques. Sans ces différents textes de référence, l’agence ne pouvait démarrer.

Nous avons commencé nos activités en 2018 avec l’accompagnement réel des acteurs économiques. Chaque année, sont augmentés le nombre d’instruments de mesures vérifiés et le nombre de missions de contrôles métrologiques sur le terrain. Un bon partenariat s’instaure progressivement entre l’AMAM et les acteurs économiques désormais plus soucieux de la conformité de leurs instruments de mesure.

En plus des acteurs travaillant sur la fiabilité des transactions commerciales et des activités industrielles, nous avons aussi des accompagnateurs métrologiques des entreprises de métrologie qui sont chargées de la fabrication, de l’installation et la réparation des instruments de mesure. Pour tout dire, nous avons actuellement dans chacun des domaines des entreprises de métrologie autorisées, c’est-à-dire disposant d’un agrément du ministre du Commerce pour l’exercice des activités de métrologie et l’assistance aux acteurs métrologiques sur le terrain.

Dans le domaine des pesages, nous faisons la vérification de tous les instruments de pesage : balances, bascules, pèse- personnes…

Dans le domaine de la distribution des hydrocarbures, nous avons au niveau des stations de service ce qu’on appelle les distributeurs qui sont vérifiés régulièrement chaque année.

Au niveau de la santé, nous avons des tensiomètres médicaux et les pèse- personnes qui sont les plus ciblées.

Chaque année, nous rentrons dans un autre domaine parce qu’il y a 42 catégories d’instruments de mesure sur lesquelles l’AMAM doit pouvoir travailler.

Notre ambition est réelle et totale. D’année en année, nous constatons effectivement que le nombre d’instruments vérifiés augmente. Pour preuve, En 2018, nous sommes partis de 9000 instruments de mesure vérifiés  pour atteindre les 11128 instruments de mesure vérifiés en 2021. Avec la sensibilisation, l’information et le bon partenariat, l’adhésion à la conformité est en train de s’améliorer d’année en année.

En plus de la vérification des instruments de mesure, l’agence vérifie ce qu’on appelle les préemballés. Quand vous partez dans le domaine de commerce, vous ne trouvez pas que des instruments de mesure mais vous verrez déjà qu’au niveau de nos installations et des acteurs économiques, il y a déjà des produits qui sont dans les emballages avec des marquages de poids et de mesure que nous vérifions régulièrement. Je prends l’exemple du ciment, du sucre, tout ce que vous pouvez voir comme produits emballés qui sont vendus au consommateur.

En plus de la vérification des instruments de mesure, nous mettons plus de rigueur à vérifier ces mesures-là pour rassurer le consommateur à pouvoir bénéficier de l’effort de l’Agence de métrologie en rapport avec les entreprises de métrologie qui accompagnent ces opérateurs afin que les mesures soient des plus fiables.

Les années 2021 et 2022 ont été péniblement ressenties au Mali et hors du Mali. Comment l’AMAM a-t-elle vécu et surmonté ces épreuves ?    

Ce n’était pas facile. Il faut reconnaître que depuis l’année 2019, le monde s’est retrouvé dans une crise sanitaire en plus d’autres crises. Cette crise sanitaire a eu un impact très sérieux sur les activités économiques. Tous les acteurs économiques que nous accompagnons et assistons en souffraient beaucoup. Parce que la mobilité était suffisamment réduite et les transactions se faisaient difficilement. L’impact était direct sur le panier de la ménagère et sur le consommateur. Mais nous avons contribué à le minimiser grâce à la sensibilisation et l’information des acteurs et à l’assistance de près au niveau des industries, dont certaines voyaient leurs productions baisser.

Malgré la crise multidimensionnelle, nous avons d’année en année pu avoir plus d’instruments soumis à notre vérification et plus de mesures vérifiées pendant nos contrôles métrologiques et plus de contrôles métrologiques. Ce qui dénote de l’adhésion même des acteurs à la conformité. C’est déjà encourageant.

Nous effectuons ces contrôles du 1er janvier au 31 décembre. La loi exige aux détenteurs d’instruments de mesure de soumettre leurs instruments à la vérification ; aux détenteurs de mesure de soumettre leurs préemballés à la vérification. Nous travaillons avec eux en fonction de tout ce qu’ils nous soumettent. Après cette période, la vérification devient systématique sur tous les instruments de mesure sur le terrain en fonction de notre capacité de couverture du territoire.

Cependant malgré notre ambition, l’AMAM n’a pu créer pour le moment aucune antenne à Sikasso, Bougouni et Koutiala. Notre ambition est d’en créer dans toutes les régions du Mali. Mais la création a des charges, surtout financières, et nécessite un personnel qualifié. C’est pourquoi, nous sommes en train de partir à pas mesurés et, à partir de la direction, nous organisons des missions sur le terrain avec les acteurs économiques dans toutes les régions accessibles du Mali.

C’est ainsi que nous avons pu atteindre les 11128 instruments de mesure vérifiés en 2021 et nous œuvrons à faire mieux en 2022 et d’avancer progressivement au coude à coude avec les acteurs économiques. En somme, faire en sorte que le partenariat soit gagnant-gagnant et au bénéfice du consommateur.

Propos recueillis par Drissa Togola

  Source: Le Challenger

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