Institut Ahmed Baba : POINT DE DEPART DE LA FUTURE UNIVERSITÉ DE TOMBOUCTOU

Abdoul Kadri Idrissa Maiga directeur general conseil academique institut hautes etude recherches islamiques Ahmed Baba Tombouctou iheri abt

La 8è session ordinaire du conseil académique de l’Institut des hautes études et de recherches islamiques Ahmed Baba de Tombouctou (IHERI-ABT) s’est tenue hier à l’hôtel Onomo sous la présence du ministre de l’Enseignement Supérieur, Me Mountaga Tall.
La session s’est déroulée en présence du directeur général de l’institut, le Dr Abdoul Kadri Idrissa Maïga, et de l’ensemble des administrateurs. Le conseil académique a analysé les activités de l’Institut Ahmed Baba, les réalisations et les écarts de l’année écoulée, avant de se pencher sur les activités et le budget de l’année en cours.
L’Institut Ahmed Baba existe depuis près de 45 ans et a pour mission de collecter, sauvegarder, étudier et promouvoir les anciens manuscrits du Mali afin qu’ils soient utiles à la fois au développement socioculturel du pays et à la recherche scientifique.
Abdoul Kadri Idrissa Maïga a souligné que l’institut « poursuit sa mission de conservation et de valorisation des anciens manuscrits ». Le personnel basé à Tombouctou et Bamako travaille ainsi à améliorer la vie des manuscrits et en faire des sources pour la recherche scientifique et des valeurs qui inspirent le développement socioéconomique et culturel du pays.
Sur les activités menées, le directeur général de l’institut dira qu’aujourd’hui, la quasi-totalité des manuscrits ont été numérisés. « 6618 boîtes de conservation confectionnées, selon les normes en la matière, assurent la protection de plus de 30.000 manuscrits, soit 75% de nos collections et environ 16.000 manuscrits sont catalogués ».
« Nous avons également publié l’étude critique du célèbre ouvrage Tarikh El Fettach, initié le prix Ahmed Baba pour la recherche scientifique autour des manuscrits et lancé simultanément deux numéros de notre revue scientifique Sankoré », a ajouté le Dr Abdoul Kadri Idrissa Maïga.
Pour lui, ces résultats ont été obtenus grâce au budget de l’Etat et à l’appui financier des États-Unis d’Amérique dont le Fonds des ambassadeurs a accordé un prix à l’institut pour accélérer la conservation physique et numérique de ses manuscrits.
Évoquant les perspectives, le directeur général de l’institut a plaidé pour le retour définitif du reste de l’équipe de l’institut basée à Bamako, le financement de la réhabilitation de certaines parties du siège avec l’UNESCO, etc. La poursuite de la redynamisation de la revue Sankoré, la mise en ligne des répertoires et catalogues réalisés, la formation des agents, des chercheurs, des enseignants chercheurs, la multiplication des projets de recherche et l’acquisition de moyens de déplacement, figurent au programme des activités 2016 de l’IHERI-ABT.
L’institut entend aussi suivre la Mission universitaire de Tombouctou afin de jouer un grand rôle pour concrétiser son ambition d’évoluer vers l’université et de démarrer enfin les filières d’enseignement.
Le ministre de l’Enseignement supérieur a remercié le directeur et l’ensemble du personnel de l’Institut « pour les efforts inlassables qu’ils ne cessent de déployer pour une meilleure conservation des manuscrits et l’initiation des projets de recherche qui les valorisent comme sources de documentation et d’étude de notre histoire et d’autres disciplines scientifiques ».
« L’institut Ahmed Baba joue également un rôle crucial dans la valorisation du patrimoine historique écrit car les anciens manuscrits représentent également des richesses culturelles à protéger et transmettre aux générations futures », a indiqué Mountaga Tall.
Le ministre de l’Enseignement supérieur a noté qu’après ces quatre décennies principalement dédiées à la prospection, la collection et la conservation physique et numérique des manuscrits, l’institut ambitionne de faire vivre son volet formation et enseignement, notamment en évoluant vers une structure universitaire.
Cette ambition, de l’avis de Me Mountaga Tall, « épouse parfaitement la décision de nos plus hautes autorités de créer une université à Tombouctou pour permettre à cette ville historique de renaitre et briller de nouveau ». L’université de Tombouctou se bâtira donc à partir de l’institut Ahmed Baba.
La Mission universitaire de Tombouctou a été déjà mise en place et travaille depuis décembre 2015 avec comme mandat l’identification des filières de formation, la préparation des avant-projets de textes de création, l’identification des enseignants potentiels et tous les autres défis spécifiques à relever, a annoncé le ministre de l’Enseignement supérieur.
Mountaga Tall a enfin assuré le directeur et l’ensemble des administrateurs que « l’Institut Ahmed Baba est placé au cœur de ce processus et illustre l’ambition de l’Etat d’en faire une pierre angulaire de la recherche scientifique autour des anciens manuscrits au Mali, dans la sous-région et pourquoi pas le reste du monde ».
S. TANGARA

Source : L’ Essor

Vous aimez nos articles, suivez-nous

Articles similaires.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *