Inégalités et croissance au Mali : Un obstacle à la croissance inclusive et à la lutte contre la réduction de la pauvreté

L’analyse diagnostic des inégalités entravant la croissance inclusive au Mali, c’est le titre d’un rapport publié en fin d’année 2020 par l’Observatoire du Développement Humain Durable et de la Lutte Contre la Pauvreté (ODHD/LCP) avec le soutien des partenaires dont ONU Femmes, le PNUD, le Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique à travers l’Université des Sciences Sociales et de Gestion de Bamako (USSGB), la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion, le Centre Universitaire de Recherche Economique et Sociale (CURES), etc.

L’actuel rapport propose un diagnostic des principales formes d’inégalités entravant le processus de croissance inclusive au Mali. Pour ce faire, le document a porté sur quatre formes majeures d’inégalités entravant la croissance inclusive  au Mali. Il s’agit des inégalités sur le marché  du travail, de revenus d’accès aux ressources productives et de redistributions,  sociales de développement humain et de genre.

Par rapport aux inégalités de genre, le rapport met au cœur de la croissance inclusive, la réduction des inégalités de genre en raison de son caractère fondamentalement transversal. Cette forme d’inégalité étant transversale, poursuit le rapport d’étude, elle a été analysée à travers les trois autres formes d’inégalités citées  ci-dessus.

Concernant  les inégalités sur le marché  du travail, il ressort  que l’étude a permis de mettre en évidence la forte amplification des inégalités de genre entravant la création d’emplois au Mali. L’analyse des inégalités en matière de chômage, ajoute le rapport, fait étaler que  les femmes sont plus exposées au risque de chômage  du fait des pesanteurs sociales  qui pourraient  expliquer la réticence à embaucher plus de femmes que d’hommes même à niveau de compétences identiques, que les jeunes sont plus touchés par le phénomène du chômage en raison de la structure  fondamentalement jeune de la population et du nombre très élevé de  jeunes diplômés sans emploi arrivant chaque années sur le marché du travail, qu’une persistance du chômage malgré une croissance économique moyenne stable liée à l’inadéquation  entre l’offre et la demande de travail sur le marché. Sur cet angle, il a été préconisé d’impliquer des politiques nécessaires pour prendre en compte le rôle majeur  des femmes dans l’activité non rémunérée, surtout le travail domestique, de flexibiliser le marché du travail en faveur des femmes, de revoir le processus de formation en adéquation avec les besoins réels de l’économie malienne.

Par rapport  aux inégalités de revenus, de redistribution et d’accès aux ressources productives, l’analyse  montre  que  la distribution  du revenu du travail a montré une faible inégalité pour le travail salarié au niveau global. Selon les régions, dit le rapport, l’analyse montre une distribution inégalitaire, très largement au détriment des femmes, dans les régions de Mopti et du Nord du Mali. Quant à l’emploi non salarié, dit-il, il est source d’importantes inégalités dans la distribution  des  revenus  entre les sexes et les milieux de résidence. Sur ce marché, ajoute  le rapport, les femmes bénéficient de revenus très largement en deçà de  leur relative représentation.  «Cette faiblesse de revenus, relativement aux hommes, est la conséquence de la faiblesse de la production des femmes à tous les niveaux des emplois non salariés», indique le rapport. Et d’ajouter que la distribution  de revenus  défavorables s’explique par la faiblesse des niveaux d’aménagement  et de développement dans  ce milieu. Le rapport fustige aussi que l’accès au foncier agricole est source d’inégalités entre les sexes, principale  ressource pour  la production  agricole et la création d’emplois en milieu rural. Sur ce point, il est demandé aux politiques de renforcer les politiques et mesures  d’amélioration  de la productivité du travail, de réduire les écarts de développement  entre les milieux urbains et ruraux, réaliser le cadastre et attribuer  les titres de propriété sur les terres agricoles, améliorer les politiques  et stratégies  d’inclusion financière, développer  les mesures de gestion des risques agricoles dont l’assurance agricole.

Par rapport aux inégalités sociales et de développement humain, l’analyse a montré que les inégalités sociales comme économiques constituent des préoccupations urgentes au Mali. «Elles engendrent plusieurs conséquences dont la principale est la remise en cause de la cohésion sociale».

Il a été demandé aux politiques publiques de développer des politiques publiques sociales favorisant des services publics de qualité en ciblant davantage les plus pauvres et les femmes, de  veiller au respect des principes d’une inclusion sociale de façon opérationnelle, d’adopter un principe de moins d’inégalités de développement humain en faveur du revenus, notamment en faveur des femmes et d’accroître les efforts de réduction des inégalités de genre.

  Hadama B. Fofana

Source: Le Républicain- Mali

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