Hôtels : L’ONDE DE CHOC DE L’ATTAQUE DU RADISSON


barriere securite protection poste hotelAnnulation de plus de la moitié des réservations de chambres, ateliers, séminaires et autres conférences reportés, le secteur redoute de revivre les moments sombres de 2012

Interdiction pour les véhicules de pénétrer dans l’enceinte des établissements, fouilles corporelles, présence d’hommes armés … les hôtels de la capitale semblent avoir tiré les enseignements sécuritaires de l’attaque terroriste contre le Radisson Blu, le 20 novembre dernier. Le secteur hôtelier qui se relevait à peine des effets de la crise politico-sécuritaire de 2012, butte désormais sur l’impact néfaste de la tuerie d’il y a une dizaine de jours qui fait, elle même, suite à l’attaque de l’hôtel Byblos de Sévaré.
Aujourd’hui, dans les établissements hôteliers, la morosité est palpable même si les acteurs ne veulent pas se laisser abattre. Tous les hôtels visités par notre équipe de reportage annoncent une annulation de plus de la moitié des réservations de chambres. Pour ne rien arranger, des événements comme les séminaires, ateliers et conférences ont également été reportés.
Les hôtels Massaley et Colombus sont situés dans la même zone géographique que le Radisson Blu. Leurs promoteurs craignent le pire. Car ces établissements accueillent généralement une clientèle européenne et américaine. Pour l’assistant du directeur de l’hôtel Massaley, Djibril Traoré, cette situation rappelle celle de la crise de 2012 au cours de laquelle les comptes de l’hôtel ont viré au rouge jusqu’au lendemain de l’élection présidentielle. Au Colombus également la diminution du taux d’occupation est une réalité et par ricochet celui du chiffre d’affaire. Nourou N’Diaye, le chef de la réception de cet hôtel, s’inquiète pour son emploi. « Au niveau de l’établissement dans lequel je travaillais lors de la crise de 2012 et dont je préfère taire le nom, la direction s’est trouvée dans l’obligation de mettre en place un plan d’austérité. Cela a consisté à diminuer les salaires des travailleurs indispensables à la vie de l’hôtel et à procéder purement et simplement au licenciement de ceux dont la présence n’était pas réellement vitale. Des licenciements secs qui ont eu des répercussions fâcheuses sur la vie des familles de la plupart des employés », se souvient-il, ajoutant qu’il y a jusqu’à présent des litiges en attente de jugement.
A l’hôtel Salam et à l’hôtel Onomo, les responsables ont choisi le silence pour exprimer leur compassion avec l’ensemble du secteur. Mais il faut dire que les signes de renforcement des mesures de sécurité sont visibles car notre passage à Salam a coïncidé avec celui d’experts d’une compagnie privée de sécurité en train de relever des données sur les lieux.
Avec les multiples visages du terrorisme, il est désormais établi que plus rien ne sera comme avant. Les clients vont devoir s’adapter à de nouvelles contraintes pour leur propre sécurité. Ainsi niveau de sécurité est passé au maximum au niveau des hôtels qui se sont barricadés. Au Salam, la fouille corporelle est obligatoire dès la grande cour qui n’est plus accessible aux véhicules. Devant certains établissements, des hommes armés veillent au grain.
Toujours au chapitre des mesures de sécurité, le chef de réception de l’hôtel Colombus, Nourou N’Diaye, explique que les services de sécurité ont demandé à l’établissement de leur transmettre régulièrement des informations sur la clientèle. Il juge la précaution utile car d’éventuels assaillants peuvent être précédés d’éclaireurs logeant à l’hôtel afin d’étudier l’endroit avant d’agir.
La liaison établie entre les hôtels et les services de sécurité fait partie d’un cadre global d’anticipation et de prévention qui sera mis en place dans les jours à venir par l’Office malien du tourisme et de l’hôtellerie (OMATO) en collaboration avec les services de sécurité et les usagers des établissements hôteliers, annonce le directeur général de l’office, Sidy Keita. Celui-ci ne cache pas ses inquiétudes en ce qui concerne les contrecoups des attaques terroristes dont la grande résonnance médiatique est désastreuse pour l’image du pays à travers le monde.

L. ALMOULOUD

source : Essor

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