Haute autorité de la communication: le défi de la crédibilité

Dans la cadre des activités commémoratives de la semaine nationale de la liberté de presse, les responsables de la Haute autorité de la communication ont rencontré, hier mercredi, les étudiants en journalisme et les hommes de médias à la Maison de la presse du Mali. Au cours de cette rencontre, il a été surtout question pour le président de l’institution, Fodié TOURE, et ses collaborateurs, de présenter la HAC. Il ressort des explications que pour gagner la confiance des professionnels du secteur, la HAC a besoin de faire preuve de crédibilité dans ses décisions rendues.

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À l’entame de ses propos, le patron de l’institution, Fodié TOURE, a tenu à remercier la Maison de la presse pour cette heureuse initiative. Il a présenté la HAC comme un organe de régulation de la presse et de l’audiovisuel, composée de 9 membres, dont 3 sont désignés par le président de la République, 3 par le président de l’Assemblée nationale et les 3 autres par les professionnels de la communication. Après avoir présenté son service, ses missions et ses attributions, M. TOURE s’est appesanti sur les défis auxquels font face la HAC. Selon son président, cette institution, qui est née 25 ans après la consécration de la liberté de la presse au Mali, doit déjà faire face à de nombreux défis se rapportant à : la protection et la promotion de la liberté de la presse ; l’assainissement de l’environnement de la communication. De même, la HAC doit faire face au défi de son autonomie vis-à-vis des pouvoirs publics, au respect de l’éthique et de la déontologie par les professionnels de la communication. Autres défis, non moins importants, l’opérationnalisation des services de l’institution. Par ailleurs, la HAC a pour mission de veiller au suivi de la mise en œuvre des conventions et les cahiers de charge signés par les entreprises de communication. Aujourd’hui, avec la création des médias en ligne, la HAC doit prendre les dispositions nécessaires pour réglementer ce nouveau secteur.
Au-delà des missions de contrôle et de régulation, la HAC se doit aujourd’hui d’œuvrer à aider la presse malienne à évoluer positivement et à développer du secteur de la communication, à travers le renforcement des capacités des professionnels.
Pour le doyen Mahamane Hameye CISSE, en un quart de siècle, la presse malienne a été à l’avant-garde de la vie nationale. Elle a joué pleinement son rôle, même si souvent elle a agacé les pouvoirs publics.
Seul bémol de ce parcours remarquable de la presse malienne, le manque de régulation qui lui a toujours caractérisé jusqu’à la création récente de la HAC, il y a 5 mois. C’est pourquoi la création de la HAC, a expliqué le doyen, est une occasion de pallier cette insuffisance. L’objectif recherché par la HAC est l’unité d’action dans la régulation du secteur en collaboration avec les autres organes de régulation. Aussi, il ressort de ses propos que la HAC doit asseoir son autorité sur la crédibilité, la pertinence et la nécessité de ses décisions rendues. Dans les débats, les préoccupations des participants ont porté sur la question de l’indépendance de la HAC.
Pour Fodié TOURE, le mode de désignation des membres n’est pas une entrave à l’indépendance de son institution. D’ailleurs, a-t-il rappelé, c’est le même mode de désignation des membres de la Cour constitutionnelle. Pour permettre à l’institution d’assurer la continuité, en cas de changement d’équipe, la loi a prévu un mandat de 7 pour les 1/3 des membres, plus précisément ceux désignés par le président de la République. Tous les autres membres, au contraire, ont un mandat de 6 ans.
Pour rappel, le projet de loi portant création de la haute autorité de la communication (HAC) a été adopté par l’Assemblée nationale, le 20 mai 2015. À son tour, le Conseil des ministres du vendredi 3 juillet 2015 a procédé à la nomination du président et des membres de la HAC. La HAC est composée de 9 membres dont le mandat est non renouvelable.
La HAC est chargée de réguler le secteur de la Communication au Mali, notamment dans les domaines de l’audiovisuel, de la presse écrite, de la presse en ligne, de la publicité par voie de presse, de la délivrance des autorisations pour les fréquences audiovisuelles.
Le secteur de la communication connait un grand essor dans notre pays avec la création de plus de 700 radios et de 12 chaines de télévision. Aussi, il ressort que depuis 1991, plus de 300 entreprissent de presse ont déjà mis la clé sous le paillasson.

Par Abdoulaye OUATTARA

 

Source: info-matin

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