Grève de l’Untm : Le régime au pilori

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La grève de 48 heures déclenchée par la centrale syndicale entre jeudi et vendredi derniers a été un franc succès. Mais au-delà de la cause corporatiste, ce mouvement social est en réalité un signal fort à l’endroit du président IBK qui est embourbé dans un marais qu’il a lui-même contribué à inonder. Pour un coup d’essai, l’UNTM a réalisé un véritable coup de maître! Le succès de la grève est un avertissement pour le régime d’IBK. Peut-être qu’il aura désormais une oreille attentive aux cris de détresse des masses laborieuses qui ne demandent qu’à vivre dignement des fruits de leurs efforts. Si les autorités ne prennent pas au sérieux l’UNTM, volcan syndical risque de se déchaîner contre le gouvernement qui multiplie les erreurs, voire les errements.

 

 

En si peu de temps, le RPM a pu endoctriner des députés de tous bords pour que tout ce que veut le prince passe comme lettre à la poste. Malheureusement, ce gros bloc de la majorité qui ne repose finalement sur aucun substrat social doit se dégonfler à cause du succès de la grève de l’UNTM. Ventre creux n’a point d’oreilles, dit-on.

 

 

En attendant, on peut bien se demander à quoi pourrait aboutir le divorce entre les travailleurs et le gouvernement. D’ores et déjà, c’est un désaveu pour le président IBK même si les Maliens ne juraient que par cet homme qui, selon des analystes, affectionne les discours pleins de litanie et autres références plutôt que des actes concrets.

 

 

Malheureusement, gouverner seulement avec des incantations ne draine foule que pour un temps, surtout quand on rapporte quotidiennement que les maigres ressources du pays sont dilapidées dans les dépenses de prestige. En clair, le contrat de confiance entre IBK et les Maliens n’a pas survécu à la mal gouvernance qui est sur toutes les lèvres. Cette mal-gouvernance détourne les partenaires comme le FMI, la Banque mondiale et l’Union Européenne. Tous ont gelé leurs décaissements en direction de notre pays.

 

 

Ce divorce entre les Maliens et le pouvoir en place est d’abord parti de la composition d’un gouvernement comptant plus de cinq ministres affiliés à la famille du président. Plus tard, les nouvelles concernant des dépenses de prestige et des surfacturations présumées n’allaient rien n’arranger pour une opinion malienne déjà fatiguée d’attendre en vain la fin définitive du conflit qui a endeuille des communautés entières, au nord comme au sud du pays.

 

Marasme économique

S’agissant de la mal-gouvernance, de nombreux citoyens disent être tombés des nues en apprenant qu’un ministre proche du chef de l’Etat est soupçonné d’avoir empoché la rondelette somme de 5 milliards de nos francs. Le mystérieux bénéficiaire aurait encaissé cette fortune sur le dos du peuple, en touchant sa part de commission dans l’achat du fameux avion présidentiel. C’est un scenario digne de Causa Nostra, la mafia sicilienne ayant infiltré le cœur de la vie politique en Amérique.

 

Que dire des mauvaises conditions de vie des travailleurs? Alors que les prix des denrées de première nécessité prennent l’ascenseur, aucune perspective d’amélioration du pouvoir d’achat ne s’affiche. L’augmentation générale des salaires annoncée par IBK fraichement élu est apparue aux yeux des fonctionnaires comme une plaisanterie de mauvais goût. Les salaires n’ont pas été augmentés d’un rond jusqu’ici.

 

Chemin faisant, le marasme économique a atteint son paroxysme pendant les deux derniers mois avec l’installation d’un froid sans précédent entre le Mali et les bailleurs de fonds: le Fonds monétaire international (FMI) en tête. Un tel contexte ne peut qu’accentuer la paupérisation générale et la misère des couches laborieuses dont la souffrance n’a qu’une seule source: la mauvaise gouvernance.

 

Soumaila T. Diarra

SOURCE: L’Aube

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