Gouvernance et sécurité dans les TIC : L’AFRIQUE PREND SES PRECAUTIONS

 Le ministre de l’Economie numérique et de la Communication, Mountaga Tall présidant les travaux de la rencontre

La première session extraordinaire du comité technique spécialisé de l’Union africaine sur la communication et les TIC s’est tenue vendredi à l’hôtel Radisson Blu de Bamako. Les travaux ont été présidés par le ministre de l’Economie numérique et de la Communication, Mountaga Tall, en présence de la commissaire chargée des infrastructures et de l’énergie de l’UA, Mme Ilham Ibrahim et du directeur exécutif de Smart Africa, notre compatriote Hamadoun I. Touré.

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Au cours de la rencontre, les ministres de l’UA en charge des télécommunications et des TIC ont échangé sur le projet de Déclaration de leur organisation sur la gouvernance de l’Internet. Ils ont débattu des voies et moyens pour mettre en commun leur synergie afin de prévenir et de combattre la cybercriminalité sur le continent. Les ministres ont également fait des recommandations à la lumière de la réunion des experts tenue du 14 au 15 septembre.

Les interrelations entre TIC et agriculture, TIC et commerce, TIC et éducation, TIC et environnement, TIC et économie, TIC et recherche scientifique, TIC et gouvernance, ont été abordées. Ils ont expliqué que les TIC doivent intégrer ses interrelations avec le développement, la paix, la sécurité et le bien-être des populations.

La problématique de la communication et des TIC dans l’environnement africain, ou encore l’état des lieux des  différentes politiques programmes et stratégies que l’Afrique doit mettre en œuvre pour cette technologie, ont été examinés.

Mme Ilham Ibrahim a félicité notre pays pour la bonne organisation de cette rencontre qui permettra à l’Afrique de jouer son rôle dans le cadre de la promotion de l’Internet et de la sécurisation des données à caractère personnel.  Tout en rappelant les avantages des TIC pour le continent, elle a exhorté les Etats à ratifier la convention de l’UA sur la cybersécurité et la protection des données personnelles.

Pour elle, les TIC sont un catalyseur des relations économiques, sociales, culturelles et de coopération entre les Etats et un ferment important du développement.

Le ministre Mountaga Tall s’est félicité des résultats engendrés par le développement des TIC au Mali. Ils ont permis de porter le taux de croissance du PIB à 6%. L’enjeu pour le Mali est de pérenniser les avancées réalisées en amplifiant le numérique dans tous les compartiments de la société.

« Actuellement, au Mali comme ailleurs, les télécommunications et les TIC ont un impact important sur la croissance économique des pays. A titre illustratif le taux de croissance de 6% du PIB enregistré en 2015 par notre pays est dû en partie au secteur tertiaire dont la valeur ajoutée a connu une hausse de 7,0% contre 5,0% en 2014. Cette hausse est en grande partie imputable à la branche «transports et télécommunications», qui a été évaluée à 10% en 2015 contre 7,4% en 2014 », a indiqué le ministre Tall.

Le directeur exécutif de Smart Africa, Hamadoun I. Touré a exprimé l’intérêt que son organisation créée par l’UA accorde aux questions de la gouvernance, de l’Internet et de la cybersécurité. Il a réitéré l’engagement de Smart Africa à répondre aux aspirations des populations et des dirigeants du continent dans le cadre de la révolution technologique pour laquelle l’Afrique possède un énorme potentiel avec plus d’un milliard d’utilisateurs.

Aux termes des travaux, les ministres ont émis plusieurs recommandations notamment la nécessité de surveillance des communications électroniques, la ratification et la mise en œuvre de la convention de notre Union sur la cybersécurité et la protection des données.  Ils ont recommandé aussi l’élaboration de stratégies nationales appropriées en matière de cybersécurité, la mise en place d’équipes d’intervention pour les cas d’urgence informatique, d’équipes pour la gestion des incidents liés à la cyber sécurité et la mise en place d’un mécanisme intégré de collaboration pour la création de CERT et de CSIRT régionales.

Ils ont également souhaité le renforcement des compétences africaines dans le domaine des TIC, l’élaboration de programmes spécifiques pour la protection des couches vulnérables que sont les femmes et les enfants, l’autonomisation des femmes et des analphabètes numériques et la promotion du numérique dans le développement économique et social. L’appel a été lancé aux dirigeants du continent pour qu’ils s’investissent dans la création d’un instrument mondial sur la sécurité. Les ministres ont également souligné la nécessité de sécuriser les données personnelles et les libertés fondamentales conformément à la démocratie, au renforcement des espaces de liberté et d’expression, à la cohésion sociale et à la paix sociale dans les Etats.

Les résolutions et recommandations sorties de la présente session extraordinaire seront soumises au prochain sommet des chefs d’Etat et de gouvernements de l’Union africaine prévu en janvier 2017 à Addis Abeba.

B. COULIBALY

 Source : Essor
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