Fête du travail: Un 1er mai sous fond de tensions socialeset d’exaspération générale !

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Contrairement aux années précédentes, la fête des travailleurs s’est tenue dans un contexte de crise et d’exaspération des populations vis-à-vis de la corruption et de la mauvaise gouvernance qui se font de plus en plus monnaie courante dans notre pays. La Confédération Syndicale des Travailleurs du Mali, vent debout contre le gouvernement, a célébré la fête du 1er mai par un meeting tenu au sein de son siège et qui avait pour thème : « Mali Un et Indivisible – Respect des Droits et des Libertés ».

Le thème maintenu pour cette journée est aussi évocateur qu’interpellateur. Evocateur car cadrant parfaitement avec la conjoncture socioéconomique du pays. Et interpellateur au regard de sa cible. Notamment le gouvernement qui peine à apporter des réponses idoines aux préoccupations de plus en plus grandissantes des citoyens.

« Je remercie l’ensemble de ces femmes et de ces hommes qui croient en nous et qui ne sont motivés que par le seul souci de promouvoir le bien être de nos populations en général et celui des travailleurs et des travailleuses de notre pays en particulier », déclara le Secrétaire général de la Confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM), Hamadoun Amion Guindo dans son discours introductif. Avant de rappeler que c’est un 1er mai 1886, il y a 130 ans, que la pression syndicale a permis à environ 200 000 travailleurs américains d’obtenir la journée de 8 heures. Le souvenir de cette journée, ajoute-il, amène les européens quelques années plus tard à instituer la fête du travail.

La baisse des prix du carburant, de l’eau et de l’électricité ; la lutte contre le chômage, les licenciements massifs et abusifs, la corruption et la délinquance financière ; la systématisation de la bonne gouvernance ; la sécurisation effective de tout le territoire national  et le recouvrement effectif de toute la souveraineté du Mali…sont, entre autres, les grands défis qui restent à relever dans notre et dont la CSTM se veut a l’avant-garde du combat. Un combat qui justifie le thème choisi aux dires de Hamadoun A. Guindo.

« Nous avons choisi ce thème pour exprimer notre mécontentement par rapport à la mauvaise gouvernance qui caractérise, depuis des années, la gestion des affaires de la nation, les violations des lois, des Droits et des Libertés et fondamentalement le Non respect par le gouvernement des engagements qu’il a lui-même librement consentis ».

Toujours selon le numéro 1 de la CSTM, le constat des faits est très amer et la peur des mots ne sied plus. En fait, souligne-t-il, la corruption, le clientélisme et l’impunité sont érigés en système de Gouvernance. « Le Mali ne s’est jamais senti autant mal…les maux qui le gangrènent et le minent sont le fait de la gestion de nos actuels gouvernants », a-t-il dit. Avant d’ajouter « le Gouvernement de notre pays dont l’attitude se traduit par la discrimination, le parti pris, l’indifférence et surtout l’irresponsabilité face aux préoccupations majeures de nos populations, a suffisamment fait la preuve de son incompétence quant à la gestion des affaires publiques ».

Des propos, très virulents du secrétaire général de la CSTM, qui trouveront certainement un écho favorable auprès d’une large partie de l’opinion nationale. Et qui, du reste, reflètent assez aisément le constat général qui se dégage de la gestion des affaires publiques par les plus hautes autorités.

Des propos qui pourraient toute aussi prendre une connotation politique. Surtout quand on sait que la CSTM, le Gouvernement et le CNPM sont actuellement en négociation sur les points de revendications d’un préavis de grève, allant du Mardi 03 au mercredi 04 mai, déposé le 31 Mars passé. Un préavis de grève qui, en cas d’échecs dans les négociations, sera suivi d’une marche nationale prévue le jeudi 12 mai 2016 prochain. Un calendrier syndicale qui pourrait expliquer la volonté de la CSTM de monter au créneau et mettre la pression sur un gouvernement, lui-même, en perte de vitesse et ne sachant plus à quel sain se vouer face aux attentes des populations.

Même son de cloche au niveau de l’Union Nationale des Travailleurs du Mali (UNTM) qui, certes à l’antipode de la stratégie adoptée par la CSTM, n’a pas hésité à mettre le gouvernement face aux responsabilités qui l’incombent. Sans occulter bien entendu tous les mouvements sociaux qui se font récurrents et peuvent à tout moment tourner au vinaigre pour les autorités en place si des mesures d’anticipation ne sont pas prises.

Seydou Karamoko Koné

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