Festival des motards du Mali: une passion qui rassemble autour des valeurs humaines

Créé il y a quatre ans, l’édition 2021 du festival de motards au Mali se tient les 27 et 28 novembre au Palais des ports de Bamako. 33 clubs sont invités à cette édition de Bamako. Avec un effectif de 560 motards, le festival verra la participation de 23 pays de la sous-région et d’ailleurs. Au programme ; le don de casques et de sang, la sensibilisation à la sécurité routière, des concerts géants et freestyle. JDM.com vous propose une interview avec Bah Habib, le président du Club des motards du Mali, quelques heures avant l’ouverture des portes de l’évènement.

 

L’édition 2021 du festival des motards s’ouvre le 27 novembre. Quelles sont les innovations pour cette saison ?

Avant de parler des innovations de cette année, j’aimerais beaucoup parler de la colonne vertébrale de cette édition. Elle s’articule autour de la sensibilisation sur la sécurité routière et le code de la route. Nous ne dérogerons pas cette année à cette règle et nous continuerons encore et encore à sensibiliser car, c’est la chose la plus importante. Notre objectif pour ce festival est de contribuer à sauver le maximum de vies possible. En plus des activités traditionnelles que nous prévoyons comme les cours de secourisme, les dons de sang, cette année, au regard du thème central qui est « la femme et la moto », nous aurons des permis qui seront offerts gratuitement à une dizaine de femmes. Nous avons aussi prévu une parade des motards où les femmes seront mises à l’honneur, où elles seront mises en avant sur plus d’une centaine de kilomètres. Nous aurons aussi des dons de casques qui seront faits pour la majorité de la population, avec les femmes comme cible principale. Pour les jeunes, à côté des parcours traditionnels, nous avons prévu des jeux qu’ils pourront faire pour s’amuser pendant que leurs parents pourront découvrir le monde de la moto et voir tout ce qui est mis en place par le festival dans le cadre de lutte contre les accidents.

 

« La femme et la moto » c’est le thème de cette année. Pourquoi cette édition accorde autant de place à la femme ?

Effectivement cette année, le thème choisi est « la femme et la moto ». Pourquoi ce thème ? j’aimerais dire pourquoi pas ? Dans la circulation nos mère, nos filles, nos sœurs enfourchent des motos pour se déplacer. Elles représentent une population active et très importante qui utilise la moto. Alors nous nous devons de les aider, de les sensibiliser car si nous sensibilisons une mère, nous sensibilisons des familles, parce qu’elles sauront transmettre le message à leurs enfants. Il y a énormément d’accidents liés à la méconnaissance du code la route. Quand une femme se blesse lors d’un accident, c’est toute une famille qui souffre. Quand elle meurt dans un accident, c’est tout un pays qui pleure parce qu’elle représente un maillon important dans la société. Donc nous nous devons de donner à ces femmes qui sont nos mères, nos sœurs, ou même nos filles tous les moyens de se protéger en les sensibilisant sur les dangers de la route et comment faire pour pouvoir les éviter : cela passe par le port du casque, par la connaissance du code de la route. La sensibilisation encore une fois est cœur de notre action et les femmes peuvent être de grandes ambassadrices pour nous aider à atteindre l’objectif que nous visons : celui de limiter au maximum les accidents.

 

Pourquoi l’initiative du festival des motards a été lancée au Mali ?

C’est pour répondre à certaines questions notamment, lever la confusion que font les gens entre les motards et les motocyclistes. Un motocycliste est une personne qui voit la moto comme un simple instrument de déplacement. Un motard voit sa moto comme étant une passion au-delà de son utilisation. C’est aussi avant tout un état d’esprit ; celui de la responsabilité, de la discipline, de la solidarité et du partage. L’objectif du festival est d’amener les citoyens à adopter les bases de la sécurité routière comme le port du casque, l’importance des rétroviseurs sur une moto. L’une des questions auxquelles répond ce festival c’est comment faire pour sensibiliser le maximum de personnes sur la sécurité routière et les dangers liés à la route ? C’est sur çà que nous travaillons et c’est de là qu’est née l’idée de ce festival qui réunit les motards, les passionnés des motos, les motocyclistes, et tous ceux qui s’intéressent au monde de la moto.

 

Le Mali participe – t- il ou compte ou – t -il participer aux spectacles internationaux sur les motards ?

Malheureusement il n’y a pas de fédération de sport mécanique. Le Mali ne participe pas aux compétitions. En revanche les motards du Mali participent à énormément d’activités internationales en Afrique ou ailleurs. Ces dernières vivent le partage, la solidarité, l’entraide et la responsabilité. Nous partageons une passion. C’est à travers cette dernière que nous recevons des invitations des motards. La dernière en date c’est celle des motards de la Côte d’Ivoire où il y a eu un festival il y a deux semaines. Au début du mois de novembre 2021, on a eu une invitation pour les 72 heures du motard où le Mali a été vaillamment représenté. Nous avons aussi participé à des événements au Ghana où les motards maliens se sont déplacés de Bamako jusqu’à Accra à moto en passant par le Côte d’Ivoire et travers les différents pays. Comme nous aussi nous organisons un festival les 27 et 28 novembre 2021, énormément de motards de la sous-région sont attendus.

 

Quelles sont les projets du club pour la professionnalisation de cette passion ?

Nous en avons plusieurs notamment la création d’une fédération de sport mécanique : c’est un projet qui nous tient à cœur car, nous avons énormément de jeunes talents ici qui peuvent représenter le Mali dans des compétitions internationales. Aujourd’hui ces jeunes sont privés de ces compétitions parce que nous n’avons pas de fédération qui nous permettre de nous y inscrire. L’autre projet que nous avons c’est celui de l’immatriculation et de permis à moto car, nous avons beaucoup de motos qui ne sont pas en règle. Plusieurs personnes enfourchent une moto sans avoir le permis et sans connaître le code de la route. Un autre projet qui est sur notre liste de priorités, c’est celui du port du casque : nous espérons qu’à travers toutes les actions que nous menons, l’Etat pourra être amené à rendre obligatoire le port du casque, car nous avons énormément d’accidents dont nous pourrons réduire la gravité avec le port du casque. En cas d’accident, une moto peut se réparer facilement, mais un crâne, une tête ce n’est pas toujours évident ! C’est ce qui expliques la sensibilisation sur la sécurité routière reste notre principale colonne vertébrale.

Qu’espérez-vous au terme de ce festival des motards à Bamako ?

A la fin de ce festival, nous espérons que notre message aura été entendu, compris et surtout adopté par le maximum de personnes, que ce soit par des usagers de la route, des motocyclistes ou même des motards. Au-delà des activités récréatives, de sensibilisation, les permis, les dons, l’essence de notre message est de sauver le maximum de vies. Nous espérons aussi qu’après cette édition, la série sur laquelle nous nous sommes lancées continuera de plus belle ; que d’autres générations prendront le relai ; que le festival sera vu comme étant le rendez-vous annuel à ne pas rater.

Propos recueillis par Idelette BISSUU

Source : Journal du Mali

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