Suspecté de détournement de taxes et impôts dans la commune de Dogo : Le maire Fousseni Fomba dans le viseur de la population

Cette malversation financière qui consiste à délivrer un reçu parallèle à la quittance du Trésor, date d’environ 3 ans et priverait la collectivité d’importantes ressources financières, estimées à près de 10 millions de FCFA.

Dans la Commune rurale de Dogo, dans le Cercle de Bougouni, rien ne va plus entre le maire Fousseni Fomba et ses administrés. A l’origine du différend, le détournement des taxes et impôts payées par la population depuis l’installation de cet édile, qui est considéré dans la contrée comme un fils du coin. La pratique qui remonte à plusieurs années a été démasquée par des adversaires politiques, qui s’étaient donnés le temps de réunir suffisamment de preuves contre lui et ses collaborateurs impliqués dans cette sordide malversation. Pour se faire de pleine la poche, Fousseni Fomba et ses complices auraient établi, au détriment de la Mairie un reçu parallèle, dont nous avons réussi à nous procurer une copie, en lieu et place de la quittance du Trésor public, normalement délivrée par le percepteur contre paiement. Le préjudice constaté pour l’instant s’élève à plus de quatre millions deux cent trente sept mille cinq cent cinq francs CFA (4 237 505 FCFA).

Mais, aux dires de nos interlocuteurs, l’incurie est encore plus profonde. Car, le montant évoqué ci-dessus ne représente qu’une partie de la malversation chez les victimes recensées sur une liste de 29 villages sur les 58 que compte la Commune (cf… la copie ci-contre). C’est donc pour faire toute la lumière sur cette rocambolesque affaire de détournement de denier public, que ses détracteurs issus des 9 partis politiques (RPM, BARICA, CODEM, YELEMA, CNAS FASO HERE, FARE, MPR, URD et la CDS) présents à Dogo, ont convoqué une assemblée générale d’information, le dimanche 21 juin dernier. A laquelle, l’édile et son conseil conviés pour donner des éclaircissements sur des cas avérés de détournements constatés, ont décliné l’invitation par une correspondance en date du 18 juin 2015 pour vice de forme. Notons qu’en dépit d’un appel au boycott lancé par le Maire et ses partisans à ses mandants, 32 chefs de villages sur les 58 ont physiquement répondu présent à la rencontre aux côtés d’un parterre de notabilités et une foule nombreuse.

Comment opéraient-ils ?

Selon nos sources, depuis plus de trois ans, il y a une rupture de quittance à la perception de Dogo. Les agents recouvreurs délivrent un reçu en demandant aux payeurs de revenir prendre la quittance après. Le système a fonctionné jusqu’ici. Tout le temps, c’est le même discours : Bougouni n’a pas encore envoyé de quittance jusqu’à susciter le  doute chez la population. Qui commençait à s’interroger sur la bonne fois du Maire. Surtout que celui-ci trainerait d’anciennes casseroles. Selon nos interlocuteurs, il aurait détourné l’argent de trois villages auxquels il avait promis de l’aide pour ouvrir des écoles. Mais jusqu’à ce jour, ceux-ci continuent de courir derrière leur argent. C’est compte tenu de son passé sulfureux, que ses adversaires ont décidé de prendre leur responsabilité. Car disent-ils, le renouvellement des mandats dans la Commune de Dogo est source de stress pour les 58 Chefs de villages de la Commune. C’est d’ailleurs pour cette raison, que le choix a été porté sur lui pour conduire les destinées de la Commune. Car son prédécesseur, un commerçant de bétail, n’avait pas de temps à consacrer à la commune. D’où le choix pour la personne de Fousseni Fomba, qui s’est révélé décevant, ont expliqué nos interlocuteurs, visiblement très remontés.

Le mauvais coton qu’il vient de leur filer peut s’avérer lourd de conséquences. Car, au cas où le conseil rentrant ne reconnaitra pas le reçu qu’il leur a donné en échange de leurs impôts (taxes de développement local et régional), qu’adviendra t-il ? Le hic qui fait tilt ici, c’est que le document leur a été délivré au vu et au su du percepteur. Serait-il complice de la Mairie dans cette sordide affaire ? Difficile de répondre par l’affirmative. Mais l’avenir nous en dira plus. En attendant, ils ont décidé de prendre le taureau par ses cornes en interpellant l’autorité sortante avant qu’il ne soit trop tard. Les élections communales sont attendues en octobre prochain. Le maire Fousseni Fomba sera-t-il oui ou non reconduit ? Il faut être dans le secret des dieux pour le savoir.

Mais, pour donc écarter toute possibilité de surprise, les responsables locaux des 9 partis politiques ont décidé de mettre à nu la gestion chaotique du maire Fomba. Histoire d’avertir la population au cas où.

Signalons que c’est par une correspondance adressée à la Tutelle, le Sous-préfet de Dogo, dont nous détenons une copie, que les neufs partis ont réclamé cette assise, qui se voulait d’éclairage et de précision. Celle-ci comporte plusieurs points sur lesquels, ils souhaiteraient entendre des éclairages du Maire. La démarche, une sorte d’espace d’interpellation démocratique, consistait à amener le Maire à s’expliquer publiquement sur la moralité  de sa gestion durant son  mandat, notamment justifier la surestimation des factures de certaines activités réalisées par la Mairie, dont les montants évoqués sont jugés excessifs par ses adversaires. Bien évidemment, il ne s’est pas  laissé prendre au piège. Mais, le refus de répondre à la convocation de cette espèce de tribunal populaire renforce ses adversaires en cette veillée d’armes des prochaines élections communales. Car, l’objectif recherché par ses adversaires, celui de le discréditer a été atteint. Les participants sont repartis de la rencontre très remontés contre lui.

8 330 000 FCFA collectés lors des opérations de lotissement

Fousseni Fomba était aussi appelé à justifier des dépenses compilées dans un document comptable établi par ses adversaires sur la moralité des frais de prise en charge des agents de recouvrement des impôts et taxes en 2014. Selon les documents mis à notre disposition, les dépenses effectuées concernent les frais de restauration qui s’élèvent à 792 960 FCFA, le carburant pour assurer la mobilité des agents qui a coûté à la Collectivité 1 165 000 FCFA, les frais de location du véhicule qui a servi de moyen de transport 1 888 000 FCFA. Le montant des pénalités recouvrées est jusque-là inconnu de la population. Le Maire devrait également s’expliquer sur le pourquoi de l’absence de quittances normales à la Perception en lieu et place des simples reçus remis aux Chefs de villages des 58 agglomérations formant la Commune de Dogo après paiement des TDRL durant les trois dernières années. Il devrait non seulement s’expliquer sur les conditions de lotissement de 10 ha effectué récemment dans la Commune par la Commission domaniale, mais aussi sur l’usage fait des fonds tirés de la vente des parcelles à l’issu des opérations. Notons que la recette collectée s’élève à 8 330 000 Fcfa, sur laquelle 5 971 000 FCFA ont été dépensés en autoconsommation.

Il s’agissait au cours de cette assemblée générale de faire toute la lumière sur la sincérité des dépenses effectuées et les conditions de cession des parcelles. Car certains terrains vendus se sont retrouvés avec deux acquéreurs, créant des situations de conflit dans la Commune, chose jusqu’alors inconnue des populations de cette petite bourgade rurale. S’agissant donc de la gestion des ressources, de forts soupçons de malversation pèsent sur le Maire et ses conseillers. Ils sont suspectés de surestimation des dépenses effectuées  sur les opérations de lotissement. Selon les documents en notre possession, l’essentiel des ressources a été dépensé sous le chapitre d’auto consommation dans la prise en charge des équipes de confection des bornes et des délimitations. Celle-ci aura coûté à la Mairie 1 495 000 FCFA. Celle des Commissions domaniale et de recensement, en particulier la restauration et le perdiem pour chacune des deux commissions a coûté respectivement 460 000 FCFA et 2 160 000 FCFA. Toujours au chapitre des dépenses, à la faveur de la crise qui éclata entre les villages de Diran et Tabacoro, la Mairie a pris sur elle toutes les dépenses effectuées pour ramener la paix entre les deux villages frères. Il s’agit de la prise en charge des frais de déplacement des gendarmes et de la logistique de la rencontre entre la population et le Préfet de Bougouni pour un montant total de 2 055 000 FCFA. Un montant jugé excessif par ses détracteurs, qui avaient leur petite idée des dépenses effectuées. La liste n’est pas exhaustive. Nous allons revenir sur la suite des malversations dans nos prochaines éditions.

A suivre….

Mohamed A. Diakité

source : Tikan

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