Le bal sanglant des mastodontes sur la colline de Sananfara

Récemment, la colline de Sananfara, sur la RN3 à l’entrée de Kati – ou la sortie, selon le sens emprunté – a été le théâtre d’un bal sanglant de gros porteurs. Selon les témoignages que nous avons pu glaner après coup, le premier accident a concerné un camion

 Faits divers

Son conducteur  aurait commis l’imprudence de vouloir doubler en descente un autre véhicule, étant en troisième position. Mal lui en a pris, car la collision avec le véhicule venant en sens inverse s’est soldée pour lui par une double fracture à la jambe. Aux dernières nouvelles, il serait même décédé des suites de ses blessures.

 

 

Moins de 48 heures après, c’est un camion Renault immatriculé au Sénégal, sous le numéro T4 2444 E, qui a envoyé dans le ravin un camion semi-remorque MAN immatriculé  S-7894-M5 et rempli de fer de construction, mal garé sur la chaussée à la suite d’une détresse.

Le chauffeur  du camion MAN, qui revenait de Mbour chargé de poisson de mer, Yag guèye, en une fraction de seconde a eu le réflexe  salutaire de choisir comme cible le camion en panne immobilisé sur une bonne partie de la chaussée, évitant ainsi de rentrer en collision avec un car d’Africa Star bondé de passagers.

 

 

Un scenario-catastrophe qui se serait soldé par une hécatombe aux conséquences dramatiques. Lui et son apprenti sont sortis indemnes de l’accident. Un miracle, à en juger par l’avant de leur véhicule, complètement amoché. Ironie du sort, le sinistre endroit a connu un troisième accident en l’espace de 48 heures, mettant aussi en cause de gros porteurs.

Selon Bourama Traoré, pompiste depuis huit ans à une station riveraine, il ne se passe pas deux à trois semaines sans que l’on assiste ici à un accident grave. «Il y a un mois à peine, un motocycliste s’est fait écraser par un car de la SONEF», précise-t-il. On raconte même que les camionneurs sénégalais voient leurs nuits blanchir à Dakar, à la seule idée d’avoir à  affronter l’étape cruciale Kati – Bamako, les derniers km d’un parcours long de plusieurs centaines de kilomètres.

 

 

D’autres, avant d’attaquer ces tronçons tant redoutés, prennent la précaution de réciter toutes les sourates du Coran, ou tout au moins celles qu’ils connaissent par cœur.  Au cas où ils n’arrosent pas proprement leurs véhicules de «nachi» , histoire d’apaiser le courroux de Malek-t-el maoutou, l’Ange de la mort.

 

 

Certains usagers pointent du doigt l’imprudence des conducteurs, qui devraient adapter leur vitesse au contexte du terrain et redoubler de vigilance en négociant des étapes hautement accidentogènes.

 

Plusieurs autres conseillent, de leur côté, de revoir la conception même de ce tronçon, qui est à l’image de celui de la colline de Samé, en l’élargissant, fût-ce au prix d’investissements colossaux. La préservation de la vie des usagers et la sécurité des biens sont à ce prix.

 

Yaya Sidibé   

SOURCE: 22 Septembre

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