Islam contre animisme : Djina-Ton fait danser un imam à Niamakoro

La semaine dernière, un imam a rivalisé d’ardeur avec les meilleurs danseurs de Djina-Ton. Ce jour-la, il a battu tous les records en matière de danse en Commune VI du District de Bamako, précisément à Niamakoro, dans le secteur connu sous l’appellation populaire de ’’Château Carré’’.

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A quelques encablures d’une célèbre mosquée, dont  Le Témoin tait volontairement le nom, puisque lieu de culte respecté et assez bien fréquenté par les fidèles riverains, qui, comme tout le monde le sait, excellent plus dans le syncrétisme religieux que la fidélité confessionnelle, un imam respecté trépignait comme c’est pas possible. C’était invraisemblable.

 

Dans ce quartier dangereux incontrôlable, il arrive que les adeptes du Djina-Ton convergent chez un maître pour sacrifier à la sauvegarde des rares débris qu’il reste encore de cette pratique ancestrale. Le hic, c’est que la proximité de cet endroit obscur n’a jamais été du goût du directoire de la mosquée. Son imam a d’abord manifesté son hostilité par des manœuvres consistant à brouiller la manifestation du Djina-Ton par des décibels via la voix de Bilal le muezzin, avant de se résoudre à dépêcher une délégation pour rencontrer l’organisateur principal du conclave. L’imam et sa suite, livres coraniques en main, sont donc allés pour interrompre la grande communion entre djins et possédés par des  prêches hostiles à ce genre de manifestation. La formule est connue et se résume à professer que la religion condamne fermement ce genre de pratique.

 

Il n’en fallait pas plus pour déclencher une démonstration de force pour le moins stupfiante et insolite.

 

Le gourou du Djina-Ton, se sentant agressé sur son terroir, a décidé de prouver à ses adeptes qu’on ne marche pas aussi impunément sur ses platebandes. Tout en faisant signe aux plus initiés d’entre eux, il s’isola dans une cabane pour des incantations. Il y ressortit avec une recette magique. Alors, le chef de la délégation religieuse, l’imam en personne, joignit la communauté des djins. Il entra dans une peau qu’aucune personne du quartier ne lui connaissait auparavant, celle de possédé.

 

Le guide religieux, debout au milieu de tous s’est laissé allé jusqu’à l’envoutement aux rythmes endiablés de l’orchestre du Djina-Ton.

 

Le respectable notable, qui ignorait peut-être sa vraie nature, avec plus de zèle que les autres -là où il était annoncé comme un intrus au départ- souleva avec sa main gauche son boubou. Tandis que sa main droite était posée sur sa croupe en l’air.  Ensuite, il sautillait, ondoyait sa croupe, criaillait, donnant de torrides coups de reins.

 

Pendant de longues minutes, sous les tiguéré des adeptes sataniques, l’honorable imam esquissa toutes les pas de danse jamais exécutés au Mali. Comme le hapanamedjarawé sénégalais à la khiss khiss math. Las et gêné d’attendre la fin de sa longue communion avec une monde occulte, ses compagnons l’abandonnèrent sur les lieux.

 

Quand il finit de s’einvrer, il dit, a bout de souffle, qu’est-ce qui se passe à Isly ?

 

–         Islam contre animisme

La tradition, la très ancienne tradition ancestrale, ne fait manifestement pas bon ménage avec la religion, qui a le vent en poupe au Mali, au point de se révéler sous les traits les moins intolérants même dans nos contrées les plus conservatrices.

 

Le confessionnel, au bas mot, chasse de plus en plus la tradition, de la même façon que l’urbanisation chasse le rural, par exemple.

 

En tout état de cause, il y a de moins en moins de place pour les citoyens encore attachés à nos croyances séculaires, pas plus qu’il ne manque d’espace pour leur affirmation à travers des manifestations publiques, païennes.

 

A force de marquer et de dominer les esprits par l’endoctrinement, le religieux a fini par supplanter l’idolâtrie, dont la moindre manifestation est considérée comme un risque de ressourcement nostalgique qu’il faut étouffer dans l’œuf à tout prix, en vue de circonscrire toute éventualité ou un espoir quelconque de retour aux anciennes pratiques.

 

Bref, il s’agit d’une implacable tendance à ‘l’exclusivisme confessionnel’ qui  toutefois se heurte par moment à une résistance farouche de la tradition.

 

P. S et A. K.

Source: Le Témoin

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