Au lendemain des affrontements sanglants qui ont fait 2 morts et 14 blessés à Kobada(Kangaba) : toutes les parties se tirent la couverture

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Le jeudi 3 juillet dernier, de violents affrontements ont opposé les populations de Chakadougou dans la Commune rurale de Kaniogo, celles de Faraba Coungo, Foroko dans la Commune de Niaouléni et autres villages environnants aux gendarmes en charge de faire respecter l’arrêté interministériel N° 2014-1663 MM-MIS-MEEA-MDV du 6 juin 2014 portant interdiction de l’activité d’orpaillage pendant l’hivernage du 15 mai au 30 octobre.

Le bilan est très lourd. On déplore du côté des gendarmes, un mort en la personne de l’adjudant Sekou Dao de la promotion 2000, né en 1978 à Yorosso, de Dramane et de Sedio Cissé, précédemment en service au Groupement d’intervention de la gendarmerie Mobile(GIGM), rive droite.

Toujours côté gendarmes, de sources officielles, on a compté neuf blessés. Du côté des orpailleurs ou si vous voulez des manifestants, on a compté aussi un mort. Il s’appelle Papa Traoré, fils de Sekou M Lamine et de Salimata Traoré. Il y a eu cinq blessés, 56 voire 58 interpellations, tous sont au Camp1. Le matériel saisi se compose de 4 motos pompes, 6 machettes, 50 pioches, 2 appareils détecteurs d’or et 20 marteaux.

L’affrontement a eu lieu vers 8h sur le site d’orpaillage de Kobada. Chaque partie tente maintenant de se tirer la couverture. Sur initiative de M. Sidiki Camara, maire de Niaouleni, une caravane de presse s’est rendue le samedi 12 juillet dernier dans les différents villages touchés par les incidents.

A en croire les orpailleurs et les villageois, malgré l’arrêté interministériel, les gendarmes en charge d’interdire l’accès au site, tiennent chaque jour un cahier et exigent entre 10.000 F CFA pour les propriétaires de tricycles ou de détecteurs  d’or  à 3.000 F CFA pour les porteurs de pioche pour assouplir  la mesure. Après avoir versé ces sommes, les gendarmes ont voulu leur interdire l’accès à un couloir qu’exploite la société minière African Gold Group (AGG), d’où la révolte. Les villageois sont à couteaux tirés avec cette société qu’ils accusent d’avoir occupé tout le terrain sans rien leur laisser. Ils accusent aussi AGG de ne pas employer des gens du village sinon de payer des salaires de misère aux rares employés à la différence des Indiens. Vrai ou faux ? Les gendarmes qui semblent cacher quelque chose ont voulu interpeller sur les lieux même des journalistes qui font eux aussi leur travail. Il n’y a pas que les gendarmes qui travaillent.

Il faut écouter les orpailleurs pour savoir de quelle manière ils le font. Ils ont interpellé l’Huissier de justice commis par le maire pour constater les dégâts occasionnés dans les différents villages. N’est-ce pas entraver le travail de la justice ? Il y a plus de 300 boutiques pillées, des cases brulées, des villages pillés etc. Les villageois dont certains sont refugiés dans le bois reprochent aux gendarmes d’avoir volé leurs biens et de brutaliser les gens. De son côté, la société minière AGG a aussi organisé lundi 14 juillet dernier, une caravane de presse pour faire constater les dégâts qu’elle impute aux orpailleurs. Tout a été saccagé : bureaux, tentes climatisées, usine, stock de combustible, groupes électroniques, machines de grande valeur etc. La société estime le coût des dégâts à plus d’1 milliard de nos francs. La tension est encore vive sur le terrain et rien n’indique que les deux parties ne vont pas encore se tirer dessus.

L’enquête ouverte, nous l’espérons sera entière, c’est-à-dire qu’elle va élucider les circonstances de la mort aussi bien du gendarme que de l’orpailleur. En même temps, elle devra clarifier qui a pillé les boutiques et les maisons des villageois. Pas de vengeance, mais de la justice.

 

Source: Maliactu

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